dépêche

 - 

Chikungunya: deux ans après une infection, plus de la moitié des patients ont encore des séquelles articulaires

PARIS, 21 juin 2012 (APM) - Plus de la moitié des personnes infectées par le virus chikungunya gardent des séquelles articulaires altérant de façon significative leur qualité de vie deux ans après l'infection, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Inserm réalisée sur des cas importés en métropole, qui confirment des observations déjà faites à la Réunion.
Les informations anciennes sur cette maladie suggéraient qu'environ 15% des patients infectés gardaient des symptômes de type arthralgie-arthrite deux ans après. Mais les données collectées à la Réunion après l'épidémie de 2006 qui a touché plus d'un tiers de la population de l'île ont suggéré qu'un grand nombre de patients gardaient des douleurs chroniques à long terme.
C'est ce que confirme l'étude conduite chez 391 personnes étudiées en métropole après avoir contracté le chikungunya lors d'un voyage à la Réunion.
La phase initiale de la maladie avait duré moins de huit jours pour la moitié des patients et de huit à 30 jours pour l'autre moitié. La maladie a ensuite eu une durée variable: de moins de trois mois chez 22% des patients, trois à six mois chez 16%, six à neuf mois pour 30,9%, neuf mois à un an pour 28,8%... jusqu'à 3% des patients qui étaient encore malades après 30 mois.
Lors du remplissage du questionnaire, deux ans après l'infection, seuls 45% des patients ont rapporté être guéris. Les autres 55% n'étaient pas guéris et avaient une qualité de vie détériorée.
Des rechutes ont été rapportées par 72% des patients.
La conséquence est une baisse de la qualité de vie, pour les dimensions physiques (fonctionnement, limitations, douleurs) mais aussi pour les dimensions mentales.
"L'altération de la qualité de vie chez les patients non guéris avait des niveaux semblables à ceux observés chez des patients ayant des maladies rhumatologiques chroniques (arthrose, polyarthrite rhumatoïde), démontrant la sévérité d'un impact de longue durée de l'infection à chikungunya sur la qualité de vie", note l'InVS.
En revanche, les patients guéris avaient retrouvé une qualité de vie normale.
Les auteurs estiment nécessaire d'établir des recommandations, pour un suivi médical jusqu'à la guérison, l'anticipation d'une éventuelle dégradation importante de la qualité de vie, l'information des patients sur un risque de retour à la normale très progressif, sur le risque de symptomatologie rhumatismale chronique et sur le cours imprévisible de la maladie.
/fb/ab/APM

[FBPFL001]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi