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Risque accru d'infarctus après prothèse de hanche ou de genou

WASHINGTON, 24 juillet 2012 (APM) - Le risque d'infarctus est augmenté au moins dans les deux premières semaines qui suivent la pose d'une prothèse totale de hanche ou de genou, montre une étude européenne publiée lundi dans les Archives of Internal Medicine.
Le risque d'infarctus après prothèse de hanche ou de genou a déjà été suggéré mais aucune étude n'avait comparé ce risque à celui de contrôles n'ayant pas reçu de chirurgie, soulignent Arief Lalmohamed de l'université d'Utrecht (Pays-Bas) et ses collègues.
Ils ont réalisé une étude rétrospective à partir des registres nationaux danois, retenant entre 1998 et 2007 95.227 patients ayant reçu une prothèse totale de hanche ou de genou en intervention primaire. Chacun des patients a été apparié à trois contrôles en fonction de l'âge, du sexe et de la région géographique.
Lors des deux premières semaines postopératoires, le risque d'infarctus était significativement augmenté d'un facteur 25,5 après prothèse de hanche et d'un facteur 30,9 après prothèse de genou, par rapport aux contrôles.
Le risque rediminuait après cette période, mais restait significativement plus élevé jusqu'à six semaines postopératoires après prothèse de hanche. Après prothèse de genou, le risque n'était plus significatif au-delà de deux semaines par rapport aux contrôles.
L'effet observé était plus fort à mesure que l'âge avançait. Après prothèse de hanche, le risque d'infarctus était le plus élevé chez les patients les plus âgés (plus de 80 ans), avec un facteur 25,3, tandis qu'il n'était pas significativement accru chez les moins de 60 ans. La même tendance, quoique de moindre amplitude, était observée après prothèse de genou.
Par ailleurs, l'existence d'un antécédent d'infarctus dans les six mois précédant l'intervention était associée à une augmentation d'un facteur 4 du risque de nouvel infarctus au cours des six premières semaines après prothèse de hanche aussi bien que prothèse de genou.
Le mécanisme biologique expliquant ces observations pourrait être lié au passage dans la circulation sanguine de fragments de moelle osseuse, proposent les auteurs. L'invasion chirurgicale du canal médullaire du fémur peut potentiellement provoquer une embolisation de moelle osseuse et un stress cardiaque.
Ce processus d'embolisation a lieu essentiellement lors de la pose de prothèse de hanche et dans une moindre mesure avec les prothèses de genou, ce qui pourrait expliquer les différences de risque d'infarctus observées entre les deux interventions, suggèrent les chercheurs.
(Archives of Internal Medicine, publication en ligne du 23 juillet)
/cd/ab/APM

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