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Un vaccin thérapeutique efficace en phase II dans le cancer du rein

WASHINGTON, 30 juillet 2012 (APM) - Un vaccin thérapeutique contre le cancer du rein, développé par la société Immatics Biotechnologies GmbH, a été associé à une plus longue survie avec un cotraitement par cyclophosphamide, dans un essai de phase II à paraître dans Nature Medicine.
L'IMA901 est un vaccin thérapeutique constitué de plusieurs peptides associés à la tumeur (TUMAPs), identifiés chez des patients exprimant l'antigène HLA-A à la surface de leurs cellules cancéreuses. Steffen Walter d'Immatics et ses collègues rapportent les résultats de deux études, de phase I et de phase II, réalisées chez 96 patients atteints d'un cancer rénal avancé sur ce vaccin.
Dans l'essai de phase I, l'IMA901 a généré une réponse immunitaire spécifiquement chez les patients exprimant les antigènes ciblés et un bon contrôle de la maladie. Parallèlement à la réponse immunitaire, les lymphocytes T régulateurs (LTr), qui suppriment normalement les réponses immunitaires, ont été abaissés.
Dans l'essai de phase II, les chercheurs souhaitaient identifier un agent réduisant encore plus les LTr et améliorant l'efficacité du vaccin. Ils ont administré une dose unique de cyclophosphamide avant la première des 17 injections du vaccin à 68 patients atteints de cancer rénal métastatique.
Le vaccin a confirmé sa sûreté et sa bonne tolérance observées en phase I. Les effets indésirables les plus fréquents étaient des réactions locales légères à modérées. Deux effets indésirables graves, des réactions allergiques, possiblement liés au vaccin ont été rapportés.
La survie sans progression était comparable dans les deux bras, mais une tendance à une survie plus longue était observée chez les patients prétraités par cyclophosphamide (23,5 mois contre 14,8 mois en médiane).
En se focalisant uniquement sur les patients qui ont montré une réponse immunitaire au vaccin (64% des patients), il y avait cette fois une différence statistiquement significative en termes de survie, entre ceux qui avaient reçu le cyclophosphamide et ceux qui ne l'avaient pas reçu (survie médiane d'environ 14 mois sans cyclophosphamide, supérieure à 35 mois avec cyclophosphamide).
Chez ceux qui n'avaient pas montré de réponse immunitaire au vaccin, il n'y avait pas de différence significative avec ou sans cyclophosphamide.
Ces résultats "suggèrent qu'une dose unique de cyclophosphamide n'a pas d'activité antitumorale en elle-même mais qu'elle conforte les effets du vaccin en tant qu'immunomodulateur et permet de traduire les réponses immunitaires en bénéfice clinique", commentent les auteurs.
Une étude de phase III est actuellement en cours, évaluant le vaccin en ajout au traitement standard par sunitinib (Sutent*, Pfizer). Elle doit inclure 330 patients en Europe, notamment en France, ainsi qu'en Russie et aux Etats-Unis. La fin de l'essai est prévue en avril 2014, selon le site ClinicalTrials.gov des National Institutes of Health (NIH).
(Nature Medicine, publication en ligne avancée du 29 juillet)
/cd/ab/APM

[CDPGR002]

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