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Polyarthrite rhumatoïde: efficacité comparable du tofacitinib et de l'adalimumab

WASHINGTON, 9 août 2012 (APM) - L'inhibiteur de kinase oral tofacitinib (Pfizer) a montré une efficacité comparable à l'anticorps anti-TNF adalimumab (Humira*, Abbott) dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR), dans une étude publiée jeudi par le New England Journal of Medicine (NEJM).
Les auteurs de l'étude précisent qu'il ne s'agit pas formellement d'une étude de non-infériorité, et qu'ils ont inclus l'adalimumab dans l'étude (qui compare aussi le tofacitinib à un placebo) comme marqueur de niveau d'efficacité. Néanmoins, cette étude permet de faire une première comparaison entre l'inhibiteur des kinases JAK et un traitement classique de la PR.
Dans l'essai ORAL Standard, 717 patients recevant une dose stable de méthotrexate ont été randomisés entre deux doses de tofacitinib, l'adalimumab et un placebo.
A six mois, la proportion de patients ayant une réponse de niveau ACR20 s'élevait à respectivement à 51,5% et 52,6% avec les deux doses de tofacitinib, 47,2% avec l'adalimumab et 28,3% avec le placebo.
A trois mois, le score HAQ-DI avait diminué de 0,55 et 0,61 point avec le tofacitinib et 0,49 point avec l'adalimumab, contre une baisse de 0,24 point chez les contrôles.
A six mois, la proportion de patients atteignant un niveau inférieur à 2,6 sur le score d'activité de la maladie DAS28-4 s'élevait à 6,2% avec la faible dose de tofacitinib, 12,5% avec la forte dose, 6,7% avec l'adalimumab et 1,1% avec le placebo.
En termes de sécurité, deux patients avec la forte dose ont présenté une tuberculose pulmonaire, et il y a eu des élévations des taux de LDL et HDL-cholestérol ainsi que des baisses de taux des neutrophiles.
Le NEJM publie également les résultats de l'étude ORAL Solo, dans laquelle 611 patients ayant eu une réponse inadéquate à au moins un traitement de fond non biologique ont été randomisés entre deux doses de tofacitinib et un placebo.
A trois mois, la proportion de réponse ACR20 s'élevait à respectivement 59,8% et 65,7% avec les deux doses du médicament et 26,7% avec le placebo. Des résultats comparables à l'autre étude ont été obtenus pour l'HAQ-DI et le DAS28-4.
Six patients ont présenté des infections sévères avec le tofacitinib et il y a eu des céphalées et des infections respiratoires hautes, ainsi que les mêmes effets que ceux observés plus haut sur la cholestérolémie et les neutrophiles.
Pfizer a également annoncé il y a une semaine des résultats favorables pour l'étude ORAL Start dans lequel le médicament est évalué en traitement initial (cf dépêche du 31/07/2012 à 18:54).
Dans un éditorial, David Fox de l'université d'Ann Arbor (Michigan) souligne le fait qu'on dispose déjà de neuf traitements biologiques de la PR, en plus de traitements de fond plus anciens. L'intérêt d'un inhibiteur de kinase JAK oral, s'il se confirme, est indéniable mais la place précise de ce médicament devra être bien déterminée, estime-t-il.
(New England Journal of Medicine, 9 août, vol.367, n°6, p495-507, p508-519 & p565-567)
/fb/ab/APM

[FBPH8004]

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