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Cancer de la prostate localement avancé: bénéfices à long terme de la radiothérapie postopératoire

LONDRES, 19 octobre 2012 (APM) - La radiothérapie adjuvante améliore la survie sans progression biochimique et le contrôle local à 10 ans dans le traitement du cancer de la prostate mais le bénéfice sur la prévention des métastases à distance observé à cinq ans n'est pas maintenu, montrent le suivi à long terme d'un essai européen publié en ligne dans le Lancet.
Lorsque le cancer est bien limité à la prostate, la résection chirurgicale de l'organe permet de contrôler la maladie avec succès mais, pour les patients ayant une maladie un peu plus étendue, le risque de récidive après chirurgie peut aller de 10% à 50% et on réalise une radiothérapie adjuvante.
Le Pr Michel Bolla du CHU de Grenoble et ses collègues français et belges ont mené un essai randomisé contrôlé sous l'égide de l'EORTC (European Organisation for Research and Treatment of Cancer) auprès de 1.005 patients pour comparer une prostatectomie radicale suivie d'une radiothérapie externe immédiate (dans les quatre mois) à la prostatectomie seule pour des patients ayant un cancer de la prostate de stade T3 (non limité à la capsule) ou aux marges chirurgicales positives.
Des résultats à cinq ans rapportés en 2005 déjà dans le Lancet (cf dépêche du 12/08/2005 à 11:00) avaient montré une amélioration de la survie sans progression biochimique et du contrôle local.
A 10 ans, le taux de progression ou de décès était de 62% dans le bras observation contre 39,4% dans le bras irradiation, soit un risque réduit de 51% avec la radiothérapie.
La survie sans progression biochimique (remontée du taux de PSA) était toujours supérieure avec la radiothérapie immédiate: 61% contre 41% dans le groupe chirurgie seule.
De même, le contrôle local était meilleur avec un risque réduit de 55% avec la radiothérapie. Les patients avec irradiation avaient moins souvent une hormonothérapie pour progression de la maladie.
"Ces résultats à long terme sont rassurants sur le bénéfice continu et la sécurité de l'irradiation après prostatectomie pour une grande proportion d'hommes ayant un cancer de la prostate localement avancé ou à haut risque", commente le Pr Bolla dans un communiqué du Lancet.
Cependant, à l'inverse des résultats à cinq ans, les données à 10 ans ne font plus apparaître d'amélioration statistiquement significative de la survie sans progression clinique. La radiothérapie n'a pas eu d'effet sur le taux de métastases à distance à 10 ans (10,5% vs 11%).
Des données exploratoires "suggèrent aussi que les patients plus jeunes et ceux qui ont des marges positives ont plus de chances d'avoir un bénéfice de cette radiothérapie immédiate, tandis que les hommes plus âgés (70 ans et plus) pourraient avoir des effets délétères", ajoute le Pr Bolla.
"La décision de traitement doit être pluridisciplinaire. Quand la chirurgie n'a pas guéri le patient, les données prospectives sont en faveur de la radiothérapie", commente le Dr Jason Efstathiou de l'université Harvard à Boston (Massachusetts), dans un éditorial.
(Lancet, publication en ligne)
/sl/ab/APM

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