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Polyarthrite rhumatoïde: espacer les doses d'anti-TNF paraît possible chez les patients en rémission

WASHINGTON, 13 novembre 2012 (APM) - Le délai entre les doses d'anti-TNF peut être allongé sans danger chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) en rémission, selon une étude française présentée mardi au congrès de l'American College of Rheumatology (ACR) qui se tient à Washington.
Les traitements de fond de la PR (DMARD) sont coûteux et associés à des effets secondaires. Des stratégies de réduction, une fois la rémission obtenue, pourraient s'avérer utiles mais exposent à un risque de rechute ou de progression structurale.
Le Pr Bruno Fautrel, rhumatologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris), a rapporté les résultats de cette étude menée dans le cadre du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) 2007 et avec un financement de l'AP-HP. L'étude a examiné si, chez des patients en rémission depuis assez longtemps, en l'occurrence plus de six mois, il était possible d'espacer les doses d'anti-TNF alpha tout en conservant l'état de rémission.
Les deux médicaments étudiés étaient l'étanercept (Enbrel*, Wyeth, groupe Pfizer) et l'adalimumab (Humira*, Abbott). Les patients pouvaient aussi prendre des corticostéroïdes.
L'essai a inclus 137 patients dont la moitié a progressivement allongé l'intervalle entre deux doses, tandis que l'autre moitié poursuivait son traitement selon les intervalles homologués. L'espacement a été augmenté de 50% tous les trois mois jusqu'à arrêter le traitement. A chaque visite, le score clinique DAS28 était réévalué. En cas de progression, l'espacement était arrêté et la dose précédente était réintroduite.
Au bout de 18 mois, 82% des patients avaient pu réduire leur traitement. Il était complètement arrêté pour 15% et réduit pour 67%. Les 18% restants avaient dû revenir à leur traitement initial.
L'activité de la maladie selon le score DAS28 et le statut fonctionnel (HAQ) n'étaient pas différents entre les deux bras, mais l'étude n'a pas pu montrer l'équivalence des deux stratégies. Les rechutes (définies par une hausse du DAS28 comprise entre 0,6 et 2,6) étaient plus fréquentes dans le bras espacement (81% versus 56%).
L'impact de cette stratégie sur la progression radiographique est en cours d'analyse pour évaluer le risque d'une érosion plus active sous-jacente.
/sl/ab/APM

[SLPKD006]

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