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La répartition pharmaceutique appelle à une réforme de sa rémunération

PARIS, 19 novembre 2014 (APM) - La Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP) a appelé mercredi lors d'une conférence de presse à une réforme urgente de la rémunération de la profession, afin de pallier le recul de sa marge commerciale sur les médicaments remboursables (85% de son activité) et d'enrayer une situation économique qu'elle juge alarmante.
"La profession traverse une situation critique sans précédent. Chaque boîte est vendue à perte [...]. Sans réforme, la répartition ne peut continuer à assurer sa mission de service public", a déclaré le président de l'organisation professionnelle, Joaquim Fausto Ferreira, également président d'Alliance Healthcare France (groupe Alliance Boots, en cours de rachat par Walgreen).
Depuis 2012, la marge est de 6,68% du prix fabricant hors taxe (PFHT) jusqu'à 450 euros, avec un minimum de 30 centimes et un plafond de 30 euros, et de 0% au-delà, rappelle-t-on (cf dépêche du 29/12/2011 à 10:03).
La profession souffre des baisses successives des prix et des volumes (en raison de la montée de la concurrence des laboratoires réalisant de la vente directe aux officines), note-t-on.
Elle est également impactée par le poids croissant des génériques, dont les prix sont plus bas que les princeps et induisent mécaniquement une marge moins élevée. Elle parvenait auparavant à compenser le manque à gagner sur les princeps mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les grossistes-répartiteurs distribuent 64% des volumes de génériques en France.
La CSRP propose de déconnecter sa rémunération des prix et d'aller vers l'introduction d'un forfait, a indiqué le trésorier de la Chambre et président d'OCP (groupe Celesio/McKesson), Hubert Olivier. "Il faut peut-être envisager un modèle spécifique au générique", qui est un "marché différent" de celui du princeps, a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.
Il a souligné que la CSRP souhaitait engager "rapidement" des discussions avec le gouvernement sur l'évolution de sa rémunération. "Plusieurs entreprises affichent des résultats déficitaires. Ce n'est pas tenable", a-t-il commenté, alors que la profession a vu son résultat consolidé baisser de 67% en 2013.
DEMANDE DE PUBLICATION DU RAPPORT IGAS
Il a également demandé la publication rapide du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur la distribution en gros du médicament, remis en juin à la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, mais toujours non publié.
Cette mission a été lancée dans la foulée de la publication en décembre 2013 d'un rapport de l'Autorité de la concurrence qui a identifié un "déséquilibre concurrentiel" dans la distribution du médicament en ville au détriment des grossistes-répartiteurs, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/01/2014 à 16:45 et dépêche du 20/12/2013 à 08:36)
La CSRP explique que sa marge a reculé de 16,5% entre 2008 et 2013, avec une accélération depuis 2012 (-9%) en raison du changement de calcul de cette marge et du renforcement du poids des génériques, avec la généralisation du dispositif tiers payant contre génériques.
La répartition a perdu quelque 80 millions d'euros de marge en 2012, puis entre 30 millions et 40 millions par an sur les deux années suivantes, sur une marge totale de 1,135 milliard en 2013 et de 1,095 milliard attendue pour 2014 (avant contribution Acoss).
Elle devrait laisser filer 50 millions d'euros supplémentaires en 2015 pour atteindre 1,058 milliard, au vu des économies accompagnant le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, a précisé Joaquim Fausto Ferreira. Selon les prévisions, la marge devrait encore reculer en 2016 et 2017, respectivement à 1,022 milliard et 985 millions.
La CSRP indique que chaque boîte distribuée représente actuellement une perte de 0,05 euro, à multiplier par les 1,7 milliard de boîtes de médicaments remboursables distribués annuellement (1,2 milliard pour les princeps et 500 millions pour les génériques).
Les grossistes-répartiteurs emploient quelque 12.000 salariés. Selon la CSRP, OCP détenait 33,9% du marché en 2013, devant le réseau des Cerp (32,5%), Alliance Healthcare France (groupe Alliance Boots, en cours d'acquisition par Walgreen, 23,5%) et Phoenix Pharma (7,3%).
Sur la base des données Gers, l'OCP revendique 34,26% de part de marché en 2014 à fin septembre contre 33,01% pour le réseau des Cerp, 21,96% pour Alliance Healthcare et 7,41% pour Phoenix Pharma.
/gb/ab/APM

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