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Actavis pourrait renouer avec les grosses acquisitions dans un ou deux ans

MONACO, 30 mars 2015 (APM) - Actavis compte faire une pause dans les acquisitions de grande ampleur après le rachat d'Allergan mais il pourrait renouer avec ces opérations d'ici un ou deux ans, a indiqué son directeur général, Brent Saunders, vendredi dans un entretien à l'APM.
"Actavis ne s'engagera pas dans des opérations de grande ampleur ou qui transformeront le groupe mais cela pourrait changer, dans un ou deux ans peut-être", a-t-il déclaré en marge du congrès mondial de la médecine esthétique et anti-âge 2015 à Monaco.
Afin de tirer sa croissance, le groupe américain basé en Irlande a enchaîné la prise de contrôle de Warner Chilcott en 2013 pour 8,8 milliards de dollars (cf dépêche du 21/05/2013 à 09:54) et celle de Forest au 1er juillet 2014 pour 25 milliards (cf dépêche du 18/02/2014 à 14:35).
Il a annoncé mardi la finalisation de l'acquisition de l'américain Allergan, dans une opération valorisée à quelque 70 milliards de dollars lui permettant de devenir le huitième groupe pharmaceutique au monde, avec une capitalisation boursière de 140 milliards (cf dépêche du 17/11/2014 à 17:06).
Mettant en avant la "complémentarité stratégique" des deux entités, Brent Saunders a indiqué que son groupe n'avait pas l'intention, à l'origine, de racheter Allergan et qu'il avait agit comme un "chevalier blanc" auprès du laboratoire américain, qui cherchait à se défendre face à une offre hostile du canadien Valeant.
Il a rappelé qu'Actavis, spécialisé dans les génériques et les médicaments de spécialité, prendrait le nom d'Allergan et que ce changement devrait être effectif au cours de l'été.
Egalement présent vendredi lors de l'entretien, l'ex-PDG d'Allergan, David Pyott, a confirmé qu'il ne ferait pas partie de la nouvelle entreprise et qu'il ne siégerait pas au conseil d'administration.
Celui qui était à la tête d'Allergan depuis 1998 et qui en a fait un laboratoire de premier plan avec le lancement de la toxine botulique Botox* a expliqué qu'il se consacrerait à la construction d'un hôpital en Afrique ainsi qu'à ses fonctions dans divers fondations ou organismes de bienfaisance.
Il intégrera aussi le conseil d'administration du conglomérat néerlandais Philips, qui va procéder à la séparation de son activité éclairage afin de se recentrer notamment sur la santé.
Interrogé par l'APM, il a indiqué qu'il avait été "approché" par des entreprises, sans faire plus de commentaires sur ce sujet.
Brent Saunders, qui espère que David Pyott continuera à jouer un rôle de "mentor" à ses côtés, a souligné qu'il avait fait de l'intégration d'Allergan sa priorité pour les prochaines années, au même titre que la poursuite de la croissance des activités et le développement du pipeline, qui compte 20 projets en phase avancée.
Dans ce contexte, Actavis se concentrera sur de plus petites opérations, afin de mettre la main sur des produits déjà sur le marché ou des molécules en phase avancée de développement.
Cinq aires thérapeutiques, où Actavis est déjà présent, seront visées en priorité: la dermatologie-esthétique, l'ophtalmologie, le système nerveux central (SNC), la gastro-entérologie et la santé de la femme.
DES OPPORTUNITES EN NOMBRE
"Nous ne sommes pas particulièrement concentrés sur l'exploration de nouvelles aires thérapeutiques", a dit Brent Saunders. "Nous sommes présents dans sept aires thérapeutiques et dans les génériques aujourd'hui. L'objectif est d'être dans le top 2 dans chacune d'elles. C'est déjà le cas pour plusieurs mais pas toutes", a-t-il ajouté.
"Dans toutes ces aires, il y a des opportunités d'innovation, avec d'importants besoins médicaux non remplis. Il y a aussi tellement de chercheurs et d'entrepreneurs qui font avancer la science que les possibilités à évaluer sont vastes. Cela nous offre constamment des opportunités pour être plus forts, pour être meilleurs et enrichir notre offre", a-t-il estimé.
Il a ajouté que son groupe cherchait dans ce contexte à conclure des partenariats dans la R&D (cf dépêche du 30/03/2015 à 09:13).
Pour les génériques, le dirigeant a noté que la croissance d'Actavis, n°3 mondial dans ce domaine en termes de chiffre d'affaires, avait principalement été organique, avec un investissement de 400 millions de dollars par an en R&D en moyenne.
Selon lui, le groupe reste intéressé par des acquisitions dans les génériques, mais avec un portefeuille haut de gamme et parmi les meilleurs du marché, "il n'y a rien intéressant à acheter".
Brent Saunders a toutefois évoqué la possibilité de procéder à des rachats opportunistes, comme la prise de contrôle, annoncée fin janvier, du génériqueur britannique Auden McKenzie pour 306 millions de livres (418 millions d'euros), afin de devenir n°1 des génériques au Royaume-Uni (cf dépêche du 26/01/2015 à 19:15).
/gb/eh/APM

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