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Fronde de la CME des Hospices civils de Lyon contre le projet de budget pour 2015

LYON, 29 juin 2015 (APM) - La commission médicale d'établissement (CME) des Hospices civils de Lyon (HCL) a rejeté lundi le projet de budget pour 2015 qui table sur un déficit de 54 millions d'euros et des efforts à produire à hauteur de 40 millions d'euros, a-t-on appris auprès de son président, le Pr Olivier Claris.
Les membres de la CME indiquent dans un communiqué qu'ils ont pris connaissance le 15 juin des orientations stratégiques et financières actualisées pour les HCL.
Ils ajoutent qu'à l'issue de cette séance, ils avaient souhaité qu'une motion soit adressée aux pouvoirs publics (agence régionale de santé -ARS- et ministère de la santé) "afin de les alerter sur la situation des HCL et soutenir les demandes d'accompagnement présentées par la direction générale".
Ce lundi, de nouveau réunis, les membres de la CME qui n'ont pas eu "d'éléments de réponse de la tutelle de nature à apaiser leur inquiétude", ont rejeté le projet d'état des prévisions de recettes et de dépenses (EPRD) par "un vote négatif massif puis en levant la séance sans examen des autres points à l'ordre du jour".
"Par ce geste fort et inédit, les médecins des Hospices civils de Lyon veulent interpeller les pouvoirs publics mais aussi dire aux Lyonnais leur profond attachement aux missions du service public hospitalier et leur volonté de préserver l'excellence des soins du CHU", déclare le président de la CME, cité dans le communiqué.
Contacté par l'APM, le Pr Claris a indiqué qu'après être revenu à un déficit de 17 millions d'euros en 2013 et de 22 millions en 2014, un déficit de 54 millions était attendu en 2015 au compte de résultat principal.
Cette aggravation est due aux "contraintes externes" qui pèsent sur le budget, comme le financement de mesures catégorielles ou les baisses de tarif, explique-t-il.
En conséquence, "au lieu des 20 millions d'euros d'efforts à réaliser chaque année, on nous demande de réaliser 40 millions d'euros par an pendant trois ans", s'insurge-t-il.
Ces nouvelles économies conduiront à supprimer 129 postes équivalents temps plein (ETP) en 2015, à réduire l'enveloppe pour les activités innovantes ou à diminuer la capacité en lits de chirurgie.
Ces suppressions de postes s'ajouteront aux 1.000 ETP déjà supprimés sur 2008-14. Or le nombre de séjours a augmenté de 40.000 sur 10 ans, observe Olivier Claris.
"Nous considérons que c'est infaisable", affirme le Pr Claris.
"Nous reconnaissons qu'il y a des efforts à faire et que nous pouvons mieux maîtriser certaines dépenses ou améliorer le taux de chirurgie ambulatoire. On peut s'engager sur 20 millions d'effort, pas sur 40 millions!", insiste-t-il.
Il précise que la CME va demander un entretien auprès du cabinet de la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes.
La CME attend également une éventuelle prise de position du conseil de surveillance, présidé par le maire de Lyon, Gérard Collomb, à l'occasion de sa séance prévue vendredi.
/san/ab/APM

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