dépêche

 - 

Unicancer veut regrouper ses 20 sites hospitaliers autour de neuf CLCC d'ici fin 2016

PARIS, 20 juillet 2015 (APM) - Le groupe Unicancer a annoncé lundi le regroupement de ses 20 sites hospitaliers autour de neuf centres de lutte contre le cancer (CLCC) d'ici fin 2016, afin notamment de renforcer leur masse critique et de prendre en compte la réforme administrative des régions.
Dans un communiqué, Unicancer a présenté la "nouvelle stratégie groupe" qui sera mise en oeuvre à compter de septembre et qui se traduira par un "renforcement du pilotage national", un "ancrage territorial grâce aux développements des collaborations locales" et "l'accroissement de la capacité d'action des CLCC grâce à des fusions entre certains centres".
Unicancer compte 20 établissements de santé privés à but non lucratif, qui emploient 18.000 salariés, pour un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2013 (cf dépêche du 08/07/2015 à 17:08). Regroupés au sein d'un groupement de coopération sanitaire (GCS), ils sont pilotés par une fédération, rappelle-t-on.
L'objectif d'Unicancer est de fusionner ses 20 établissements au sein de neuf CLCC, contre 18 actuellement, "autour de grands pôles afin de permettre un management plus intégré et une synergie plus grande" qui "épouseraient pour la plupart les nouvelles régions administratives et/ou le périmètre des cancéropôles". Les centres concernés sont les suivants:
  • Rhône-Alpes-Auvergne: Centre Léon-Bérard (Lyon) et Centre Jean-Perrin (Clermont-Ferrand)
  • Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca): Institut Paoli-Calmettes (Marseille) et Centre Antoine-Lacassagne (Nice)
  • Nord-Ouest: Centre François-Baclesse (Caen), Centre Henri-Becquerel (Rouen) et Centre Oscar-Lambret (Lille)
  • Façade atlantique: Institut de cancérologie de l'Ouest (Angers/Nantes), Centre Eugène-Marquis (Rennes) et Institut Bergonié (Bordeaux)
  • Grand Est: Centre Georges-François-Leclerc (Dijon), Institut de cancérologie de Lorraine (Nancy), Centre Jean-Godinot (Reims) et Centre Paul-Strauss (Strasbourg).
Le centre Gustave-Roussy (Villejuif, Val-de-Marne) et l'Institut Curie Paris-Saint-Cloud, "du fait de leur taille et de leur rayonnement international, ne seront pas concernés par les fusions", tout comme l'Institut du cancer de Montpellier (ICM) et l'Institut Claudius-Regaud (Toulouse) qui a engagé un processus de coopération avec l'Institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopôle.
NI FERMETURE DE SITE NI PLAN SOCIAL
"Les centres fusionnés au sein d'un centre de lutte contre le cancer unique partageraient un même projet médico-scientifique et plan d'investissement. Il n'y aurait aucune fermeture de site, ni de plan social", assure Unicancer, qui précise que les 20 sites actuels seront maintenus.
"Les patients continueraient à être soignés dans le centre le plus proche de chez eux, sauf dans des cas de cancers rares pour lesquels il n'existe pas d'expert sur site, ou pour le recours à des techniques et/ou des équipements rares et sophistiqués", est-il ajouté.
De telles fusions "permettraient de maintenir la position de leadership des CLCC sur les innovations diagnostiques, thérapeutiques et organisationnelles mises à disposition des patients", selon le Pr Josy Reiffers, président du groupe et de la fédération, cité dans le communiqué. "Constituer un réseau d'une dizaine de centres avec une masse critique suffisante renforcerait la capacité d'actions de chacun dans les domaines des soins, de la recherche et de l'enseignement au bénéfice du patient", ajoute-t-il.
Unicancer table sur le lancement de la démarche opérationnelle des fusions à compter du deuxième semestre, afin que les nouveaux CLCC, dont la liste sera arrêtée au Journal officiel, soient constitués d'ici fin 2016.
"Les modalités et le calendrier précis de ces fusions (appellation, siège social, gouvernance, projet d'établissement…) ne seront déterminés qu'au fur et à mesure des travaux de concertation et des échanges avec les différentes parties prenantes des CLCC, sur le terrain", est-il indiqué. Unicancer précise que cette stratégie a reçu "le soutien" de la ministre chargée des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine.
INTENSIFICATION DU PILOTAGE NATIONAL
Les deux autres axes de la "stratégie groupe" consistent à "intensifier le pilotage national par Unicancer, avec un rôle d'accompagnement, de conseil et de suivi auprès de chaque direction des CLCC", et à "renforcer et à développer l'ancrage territorial des CLCC" en poursuivant les "collaborations locales".
Unicancer souhaite amplifier les coopérations avec les CHU, citant des projets médicaux communs, des conventions hospitalo-universitaires et des GCS "pour le partage d'équipements lourds et de projets de recherche notamment", des réunions de concertation pluridisciplinaires communes et un renforcement du portage en commun de projets pour obtenir des financements et/ou des labellisations.
D'autres coopérations sont envisagées afin de "favoriser un accès rapide et sûr des malades aux innovations thérapeutiques comme aux activités de recours en tout point du territoire, grâce à des initiatives telles que l'association entre le CLCC et les établissements non autorisés à traiter le cancer par chimiothérapie ou par exemple le soutien de la radiothérapie d'un autre établissement, avec ou sans portage de l'autorisation".
Unicancer justifie sa nouvelle stratégie par la nécessité d'adapter ses centres à la réforme territoriale, qui se concrétise par la nouvelle carte des 13 régions métropolitaines au 1er janvier 2016 (cf dépêche du 19/01/2015 à 11:19, dépêche du 06/05/2015 à 11:41 et dépêche du 02/07/2014 à 15:48), et à la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT) dans le projet de loi de santé. Il évoque aussi "une contrainte financière croissante de la part des pouvoirs publics" ainsi que la "restructuration du secteur public hospitalier et des établissements de santé privés lucratifs".
/vg/gb/APM

[VG1NRSEIH]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi