dépêche

 - 

Développement d'un syndrome de Fanconi chez un patient séropositif sous ténofovir à l'instauration d'Harvoni*

SAN DIEGO (Californie), 22 septembre 2015 (APM) - Un cas de syndrome de Fanconi, survenu suite à l'instauration du traitement de l'hépatite C Harvoni* (sofosbuvir + lédipasvir) chez un patient séropositif traité par une association antirétrovirale contenant du ténofovir, a été décrit lors de l'Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC) qui s'est achevée lundi à San Diego.
Le patient prenait un traitement antirétroviral contenant du ténofovir depuis six ans, rapportent Matthieu Méchain du CHU de Bordeaux et ses collègues dans le résumé de leur présentation.
Il était co-infecté par le virus de l'hépatite C et deux semaines après l'initiation de l'association fixe Harvoni*, le patient a souffert de nausées légères et de vomissements et le traitement anti-VHC a été interrompu.
Quatre jours plus tard le patient a été hospitalisé avec une hypokaliémie sévère associée à des troubles digestifs. Les tests sanguins ont montré qu'il avait développé une insuffisance rénale aiguë correspondant à un syndrome de Fanconi.
Les recommandations de l'European Association for the Study of the Liver (EASL) ne mentionnent pas d'interactions entre le sofosbuvir et les antirétroviraux et Harvoni* peut en théorie être utilisé avec tous les antirétroviraux, pointe l'équipe bordelaise. Toutefois, un suivi rénal est recommandé lorsque le ténofovir est co-prescrit avec un anti-VHC.
En effet, Harvoni* peut induire une augmentation de 30% à 60% des niveaux de ténofovir, rappellent les chercheurs français. En mars lors de la Conference on Retroviruses and opportunistic Infections (CROI), en présentant l'étude documentant cette augmentation de la concentration de ténofovir lors d'un traitement par Harvoni*, Gilead l'avait qualifiée de "modeste", rappelle-t-on (cf dépêche du 03/03/2015 à 15:40).
Selon le Dr Méchain et ses collègues, Harvoni* pourrait potentialiser les effets indésirables rares du ténofovir.
L'interaction au niveau de la fonction rénale entre les nouveaux anti-VHC et le ténofovir est problématique commentent-ils. Chez ce patient, les résistances aux antirétroviraux et le génotype du VHC limitent les options thérapeutiques, illustrent-ils.
Ils évoquent l'intérêt du ténofovir alafénamide. Gilead remplace progressivement dans sa gamme d'antiviraux le ténofovir disoproxil fumarate (TDF) par une prodrogue, le ténofovir alafénamide (TAF), qui permet de réduire la concentration sanguine de ténofovir afin de limiter ses effets secondaires rénaux et osseux, rappelle-t-on. Pour l'instant ces médicaments ne sont pas homologués.
/vib/ab/APM

[VIB9NV2VN0]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi