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Prescriptions hospitalières délivrées en ville: 300 millions d'euros d'économies potentielles par an grâce aux génériques (IMS)

PARIS, 30 novembre 2015 (APM) - Les prescriptions hospitalières de médicaments délivrées en ville (PHMEV) ne cessent de progresser année après année, au détriment des finances publiques, mais un plus grand recours aux génériques pourrait permettre de dégager quelque 300 millions d'euros d'économies par an, selon une étude IMS Health publiée lundi.
Ces prescriptions, initiées à l'hôpital mais comptabilisées sur l'enveloppe soins de ville de l'assurance maladie, ont progressé de 3,4% en volume et de 4,1% en valeur à fin 2014, pour atteindre 6,4 milliards d'euros (prix public ou base de remboursement).
Elles représentent 10% des actes de délivrance en ville, et 28% du montant des médicaments délivrés en ville en prix fabricant ou 25% en prix publics. Leur évolution est inversée par rapport aux prescriptions des médecins libéraux, qui ont baissé de 3,4% en volume et de 0,4% en valeur sur la même période.
"Le développement de ces prescriptions, la nature des classes [thérapeutiques] les plus prescrites, suggèrent une prise de 'part de marché' de l'hôpital dans les soins courants", estime IMS Health, qui considère que ce transfert d'activité confère à l'hôpital "un rôle qui n'est pas le sien".
Signe de cette évolution, qui s'inscrit dans le cadre d'un recours accru aux urgences et de la sortie de la réserve hospitalière de plusieurs médicaments, les classes qui contribuent le plus à la progression des PHMEV en actes sont souvent associées à la médecine générale: analgésiques, anti-ulcéreux, antidépresseurs, tranquillisants, antiseptiques et désinfectants.
Or IMS Health explique que les hospitaliers ont tendance à davantage prescrire en dehors du répertoire générique, ce qui pousse les dépenses à la hausse. Des "différences significatives" ont aussi été constatées à l'officine en termes de substitution en fonction de l'origine de la prescription.
Pour de nombreuses classes, le taux d'actes de prescription dans le répertoire est inférieur d'au moins cinq points à l'hôpital par rapport à ce qui se fait en ville, en particulier pour les antidépresseurs (68% vs 81%), les anti-histaminiques (69% vs 81%), les antipsychotiques (42% vs 48%) et les immunosuppresseurs (44% vs 73%).
En modélisant l'alignement des pratiques hospitalières sur les prescriptions libérales quand elles sont le plus efficientes, IMS estime l'économie potentielle à 294 millions d'euros par an (en base de remboursement, selon les prescriptions hospitalières délivrées par les officines en 2014).
Près de 90% des économies peuvent être générées par cinq classes de produits, à savoir les immunosuppresseurs, les antihormones et apparentés, les antiviraux hépatiques, les antipsychotiques et les antirétroviraux dans le VIH.
IMS souligne qu'il n'a pris en compte qu'un seul "levier d'optimisation" et qu'une étude devrait se pencher sur les pratiques de prise en charge entre prescripteurs à l'hôpital et en ville, en analysant la nature des produits utilisés ou le nombre de produits coprescrits dans une même ordonnance.
Dans le cadre d'un plan national, le gouvernement cherche à augmenter de cinq points la prescription dans le répertoire générique afin de réaliser 350 millions d'euros d'économies sur la période 2015-17. L'hôpital est particulièrement ciblé (cf dépêche du 25/03/2015 à 17:35).
/gb/ab/APM

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