dépêche

 - 

Mobilisation pour le maintien de la chirurgie conventionnelle au Cash de Nanterre

PARIS, 11 janvier 2016 (APM) - Le comité de défense et de modernisation du centre d'accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre et la députée Jacqueline Fraysse (Front de gauche, Hauts-de-Seine) se sont mobilisés ces derniers jours pour obtenir le maintien de l'activité de chirurgie conventionnelle au sein de l'établissement.
Le comité de défense a organisé, samedi et dimanche, une "votation citoyenne" par le biais d'un vote en ligne et d'une dizaine d'urnes disposées dans la ville. Les votants devaient se prononcer pour ou contre "le maintien et le développement d'un service hospitalier public de proximité et de qualité à Nanterre".
Dans un communiqué diffusé quelques jours avant, la députée Jacqueline Fraysse a expliqué que l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France "menaç[ait] de ne pas renouveler les autorisations d'exercice en chirurgie [conventionnelle]" (la chirurgie ambulatoire n'est pas concernée par la procédure en cours, note-t-on).
Dans un nouveau communiqué publié dimanche, elle a annoncé que 5.275 votes étaient favorables au maintien d'une offre de proximité à Nanterre pour 20 contre. Onze votes ont été déclarés nuls.
Ce résultat "conforte le comité, qui réclame notamment l'arrêt des transferts d'activité et des licenciements, le maintien de l'activité en chirurgie complète ainsi que les moyens aussi bien humains que financiers suffisants pour mettre en oeuvre le projet médical et social".
Lundi en fin de matinée, des membres du comité de défense, la députée, un médecin du Cash, une représentante syndicale du personnel et un représentant des usagers se sont rendus à Matignon, où ils ont rencontré la conseillère santé de Manuel Valls, Cécile Tagliana.
Contactée par la suite par l'APM, Jacqueline Fraysse a déclaré que la délégation n'avait pas été "rassurée" sur le devenir de la chirurgie conventionnelle dans la mesure où la conseillère du Premier ministre n'avait pas pris d'engagement sur le fond.
Elle s'est dite toutefois "satisfaite" de "l'écoute" manifestée par Cécile Tagliana ainsi que du résumé de l'entretien qu'elle a fait à la fin de la rencontre et qu'elle compte transmettre au ministère de la santé et à l'ARS. "L'entretien a donc été utile", juge Jacqueline Fraysse.
Lors de l'entretien, la conseillère aurait constaté la "communauté de vue" sur la question du maintien de la chirurgie, au regard de la présence des différents représentants de l'hôpital. Elle aurait aussi acté la spécificité du Cash de Nanterre, qui "est confronté à une population délicate et doit allier le sanitaire et le social". Une activité qui "ne facilite pas l'état financier de l'établissement", souligne Jacqueline Fraysse.
Lors de l'entretien, la délégation a fait part de ses craintes sur les conséquences qu'aurait l'arrêt de la chirurgie conventionnelle sur les autres activités de court séjour de l'hôpital. "On a tous dit que ce serait la mort de l'hôpital", insiste Jacqueline Fraysse.
La députée indique avoir aussi évoqué les problèmes qui pourraient survenir dans l'accès aux soins chirurgicaux dans le secteur public. Si les Hauts-de-Seine disposent de plusieurs cliniques effectuant de la chirurgie, le département offre moins de possibilité du côté du public, estime-t-elle. "Il faudra exiger de savoir où vont aller les gens qui ont besoin de ces interventions", déclare-t-elle.
Contactée par l'APM, la directrice du Cash de Nanterre, Brigitte de la Lance, a expliqué que son établissement avait déposé un premier dossier pour renouveler son autorisation en chirurgie en hospitalisation complète en octobre 2015 mais qu'il avait retoqué par l'ARS. L'agence a demandé des précisions sur l'organisation, en particulier de l'anesthésie, le Cash connaissant des difficultés de recrutement dans ce domaine.
Le Cash, qui dispose d'une unité d'hospitalisation de 27 lits pour des patients opérés en orthopédie, ORL, ophtalmologie, urologie et odontologie, a une autorisation qui court jusqu'en juillet 2016. Il enregistre environ 5.000 actes par an (avec les endoscopies), précise sa directrice.
Interrogée par l'APM, l'ARS a confirmé qu'en 2015, l'ensemble des établissements de la région disposant d'une autorisation en chirurgie avaient déposé un dossier d'évaluation de leur activité.
"Ces dossiers ont fait l'objet d'une étude de la part des équipes de l'agence. Une quinzaine de dossiers ont été considérés comme non satisfaisants et les établissements ont dû redéposer un dossier complet de demande d'autorisation", a-t-elle expliqué.
"Ces dossiers sont en cours d'instruction par l'ARS et la procédure devrait se poursuivre jusqu'en mai", a ajouté l'agence.
La directrice du Cash de Nanterre a précisé à l'APM avoir entamé une réflexion avec l'hôpital Louis-Mourier (Colombes, Hauts-de-Seine, AP-HP) pour établir un projet de chirurgie de territoire. Les deux établissements ont le même niveau d'activité en chirurgie. Toutefois, comme il appartient à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), l'hôpital Louis-Mourier n'a pas à mener sa propre procédure de renouvellement d'autorisation, celle-ci étant portée par son institution, remarque Brigitte de la Lance.
Le Cash de Nanterre mène déjà des partenariats avec l'hôpital Louis-Mourier, rappelle la directrice (cf dépêche du 17/06/2015 à 18:35 et dépêche du 06/01/2015 à 14:01).
Interrogée sur son projet de groupement hospitalier de territoire (GHT), elle indique qu'un groupement avec les hôpitaux d'Argenteuil et d'Eaubonne-Montmorency (Val-d'Oise) est "pressenti" (mais pas encore voté par les instances). Le groupe hospitalier Paris Nord-Val de Seine de l'AP-HP (qui comprend notamment l'hôpital Louis-Mourier) devrait être associé à ce GHT, ce qui permettra au Cash de poursuivre les coopérations qu'il a entamées.
UN DEFICIT RAMENE A 7 MILLIONS EN 2015
Interrogée par ailleurs sur la situation financière du Cash, sa directrice annonce que le déficit d'exploitation, qui était "entre 15 et 17 millions d'euros en 2011" sur 130 millions de budget, devrait être d'environ 7 millions pour l'exercice 2015 (hors aides de l'ARS). "On a vraiment inversé la tendance", se félicite-t-elle.
Toutefois, certaines des actions devant contribuer au retour à l'équilibre ne faisant pas encore pleinement leur effet, le Cash va demander au comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo) un décalage d'un an afin que ce retour soit prévu en 2018 et non plus en 2017.
La section performance du Copermo doit se pencher sur la situation du Cash de Nanterre le 26 janvier, précise Brigitte de la Lance.
/san/gb/APM

[SAN6O0SHIQ]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi