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Marisol Touraine veut "ouvrir une nouvelle page" dans ses relations avec les médecins libéraux (presse)

PARIS, 15 février 2016 (APM) - La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, se dit prête à "ouvrir une nouvelle page" dans les relations avec les médecins libéraux, dans un entretien avec Le Quotidien du médecin publié lundi.
Il s'agit de la première interview accordée par Marisol Touraine depuis jeudi. Cette journée avait été marquée par la "Grande conférence de la santé" (cf dépêche du 12/02/2016 à 10:47) mais aussi par le renouvellement de la ministre au gouvernement (cf dépêche du 11/02/2016 à 17:17).
Marisol Touraine affirme au Quotidien du médecin que la conférence a été "un grand succès car elle a permis, non seulement de dialoguer, mais de décider".
"Certains syndicats étaient absents, mais il y avait tous les hospitaliers et tous les paramédicaux, l'ordre des médecins, les cliniques privées, les enseignants, les universitaires, les jeunes. Sans compter MG France, qui avait envoyé un observateur", relève-t-elle.
Les quatre autres syndicats de médecins libéraux représentatifs avaient boycotté la conférence, et MG France n'avait pas participé aux travaux préparatoires, rappelle-t-on.
"Je suis déterminée à faire avancer un dialogue constructif avec tout le monde. Ma volonté est d'ouvrir une nouvelle page avec tous ceux qui veulent trouver des points de sortie. La politique de la chaise vide ne permet pas de faire avancer des idées", poursuit Marisol Touraine dans l'entretien.
Alors que plusieurs syndicats de médecins libéraux se sont déjà élevés contre la mesure de la conférence visant à instaurer une "recertification" périodique des médecins (cf dépêche du 12/02/2016 à 18:15), la ministre tente de rassurer ces derniers.
"Cette proposition émane de l'ordre des médecins", rappelle-t-elle (cf dépêche du 10/02/2016 à 16:44), soulignant que "ce n'est pas un contrôle des connaissances, comme à l'école".
"Ce n'est évidemment ni un diplôme 'bis' ni un coup de tampon de la sécurité sociale ou du ministère. Ce processus doit relever des pairs. C'est un processus d'accompagnement des médecins dans l'actualisation de leurs compétences tout au long de leur carrière. C'est aussi un outil pour d'éventuels changements de spécialité", poursuit Marisol Touraine.
Elle déclare que le mécanisme "s'appliquera aux nouveaux inscrits car il est plébiscité par les jeunes médecins en formation et les jeunes médecins installés", réaffirmant que "pour les autres, il reposera sur le volontariat".
"Si les médecins préfèrent un autre mot que celui de 'recertification', je n'y vois aucun inconvénient", assure la ministre.
"REMISE A PLAT" DES FORFAITS VERSES AUX MEDECINS
Au sujet de la négociation de la nouvelle convention des médecins libéraux avec l'assurance maladie, Marisol Touraine juge nécessaire de rendre plus "lisibles" les diverses rémunération forfaitaires existantes.
"Les praticiens eux-mêmes sont perdus, avec des forfaits versés tous les trois mois pour certains, pour d'autres une fois par an. Je souhaite une remise à plat. L'une des difficultés de la convention sera de maintenir et d'étendre le principe de ces rémunérations forfaitaires, mais aussi de gagner en visibilité", souligne-t-elle.
Interrogée par Le Quotidien du médecin sur l'action de certains médecins généralistes, qui facturent leur consultation 25 euros au lieu du tarif conventionnel de 23 euros pour réclamer une revalorisation (cf dépêche du 07/01/2016 à 19:10), Marisol Touraine répond qu'"ils sont très peu nombreux".
Elle "salue l'esprit de responsabilité des médecins" car leur "écrasante majorité" est "dans une logique de respect des règles". "La négociation va s'ouvrir. Je souhaite une hausse de la rémunération, mais elle devra respecter les contraintes financières", commente la ministre.
Elle affirme que la nouvelle convention ne remettra pas en cause le secteur 2 (à honoraires libres), mais que la question de l'extension du contrat d'accès aux soins (CAS, qui vise à modérer les dépassements d'honoraires) "sera soumise à la négociation".
Marisol Touraine rappelle qu'elle va saisir l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour réfléchir à une "procédure d'alerte et de médiation pour les praticiens en souffrance" (cf dépêche du 18/01/2016 à 10:14). "Les médecins libéraux peuvent aussi être concernés. Peut-être faudrait-il un lieu auquel l'ensemble des médecins pourrait s'adresser", ajoute-t-elle.
Au sujet de l'essai clinique qui a causé un décès à Rennes, la ministre dit souhaiter "qu'un événement qui conduit à l'hospitalisation d'un volontaire sain soit désormais considéré comme un fait nouveau et qu'il soit déclaré dans les 24 heures aux autorités sanitaires". Début février, elle avait plaidé pour une "déclaration sans délai", sans indiquer de durée (cf dépêche du 04/02/2016 à 18:50).
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