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Génériques: lancement de la campagne de communication publique auprès des patients en septembre (Cnamts)

PARIS, 4 avril 2016 (APM) - La campagne de communication publique sur les génériques auprès des patients sera lancée en septembre par l'assurance maladie et le ministère de la santé, a indiqué dimanche la directrice déléguée à la gestion et l'organisation des soins à la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), Mathilde Lignot-Leloup.
Cette initiative sera adossée à une campagne auprès des professionnels de santé qui débute "à partir de maintenant jusqu'en juin", a ajouté Mathilde Lignot-Leloup lors d'une table-ronde au salon d'officinaux PharmagoraPlus.
Le lancement de cette campagne publique -véritable serpent de mer de la promotion du générique en France- fait partie des engagements pris par le gouvernement dans le cadre du Plan national d'action de promotion des génériques, présenté en mars 2015 (cf dépêche du 25/03/2015 à 17:35). Elle doit permettre de renforcer la confiance des patients face aux questionnements réguliers sur la qualité et la sécurité de ces médicaments.
Dans un rapport sur le pilotage opérationnel du Plan génériques (cf dépêche du 18/03/2016 à 18:54), l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) indique que la campagne ciblera en particulier les personnes âgées, les aidants et pères et mères de famille, avec des messages sur la sécurité du générique et sur son utilisation quotidienne depuis les années 1970. Elle mettra en avant le site public www.medicaments.gouv.fr, qui sera "revu".
"Ce sera une campagne ambitieuse [...] qui comportera la réalisation d'études et la mise en place d'un baromètre des évolutions", écrit l'Igas.
Lors de son intervention dimanche, Mathilde Lignot-Leloup a rappelé que le développement des génériques faisait partie des principaux leviers de maîtrise des dépenses de santé.
Selon le rapport de l'Igas, à fin novembre 2015, la part du répertoire exploité sur le marché remboursable en volume en cumul mobile annuel (CMA) en ville a progressé de 2,1 points, passant de 40,8% au lancement du Plan génériques à 42,9% sous l'effet des premières mesures. Le taux de pénétration des génériques au sein du répertoire en volume est quant à lui ressorti à 77,6% en novembre 2015, contre 77,3% en 2014.
Pour Mathilde Lignot-Leloup, l'évolution de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) touchée par les pharmaciens pour la substitution au comptoir permettra de continuer à faire progresser la place du générique.
L'assurance maladie, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l'Union nationale des syndicats de pharmaciens d'officine (Uspo) ont signé fin décembre 2015 deux avenants modifiant les modalités de calcul de la ROSP génériques pour 2016 et 2017 et fixant un objectif national de substitution à 86%, rappelle-t-on (cf dépêche du 22/12/2015 à 18:38).
Les textes n'ont pas encore été publiés au Journal officiel mais devraient l'être en mai-juin, a rapporté Mathilde Lignot-Leloup. Même sans publication, la ROSP 2016 sera calculée à partir du 1er janvier sur la base des nouveaux critères, a-t-elle assuré, soulignant la volonté de l'assurance maladie, avec les deux avenants, de sécuriser cette ROSP et de donner la possibilité de l'"augmenter" en faisant progresser la substitution.
BAISSES DE PRIX MOINS FORTES QUE PREVU
Mathilde Lignot-Leloup a estimé que des "marges de développement" existaient encore pour les génériques, dont les volumes restent proportionnellement moins importants en France que dans d'autres grands pays européens. "Si on regarde au passage le prix des génériques, entre l'Angleterre, l'Allemagne et nous, on voit que sur certaines molécules, il y a encore des marges d'effort que peuvent faire les industriels", a-t-elle ajouté.
Les syndicats d'officinaux et les industriels ont dénoncé fin mars de nouvelles baisses de prix sur les génériques proposées par le Comité économique des produits de santé (CEPS), qui souhaitait dégager 250 millions à 300 millions d'euros d'économies supplémentaires, rappelle-t-on (cf dépêche du 25/03/2016 à 12:54).
Le président de l'Uspo, Gilles Bonnefond, a indiqué pendant la table-ronde que le CEPS avait renoncé à certaines mesures, abandonnant notamment une dizaine de passages sous tarif forfaitaire de responsabilité (TFR). Seul un TFR resterait à l'ordre du jour, pour l'antiagrégant plaquettaire clopidogrel, prévu en janvier 2017 (cf dépêche du 22/12/2015 à 15:49).
Gilles Bonnefond a noté que son syndicat et la FSPF avaient accepté de signer les avenants sur la ROSP génériques à condition que le projet de TFR pour le clopidogrel soit abandonné. Il a aussi dit que la molécule était substituée à 78,5% avec 15% de non substituable, donc il est "extrêmement "difficile" de faire mieux et d'atteindre l'objectif de substitution de 80% demandé par le CEPS. Pour le syndicaliste, un "arbitrage politique" est nécessaire dans ce dossier.
Lors de la table-ronde, les différents intervenants sont également revenus sur les autres ROSP touchées par les pharmaciens, notamment celle destinée à inciter les pharmaciens à transmettre aux caisses le numéro RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé) des médecins hospitaliers. Cette ROSP a été entérinée par un avenant signé en décembre 2015 en même temps que ceux sur les génériques (cf dépêche du 22/12/2015 à 18:45). Il est également en attente de publication.
L'assurance maladie a souhaité mettre ce dispositif en oeuvre afin d'obtenir des informations sur les prescriptions des médecins hospitaliers dont elle ne disposait quasiment pas, alors que ces données lui sont accessibles pour la ville. Elle veut pouvoir agir directement auprès des hospitaliers pour mettre en place des actions de maîtrise médicalisée.
Grâce à la transmission des RPPS par les pharmaciens depuis le 1er janvier, l'assurance maladie dispose désormais de 30% des numéros, contre 3% auparavant, a rapporté Mathilde Lignot-Leloup. En réponse aux inquiétudes des officinaux, elle a souligné que le dispositif ne prévoyait pas de malus en cas de non-transmission, mais seulement un bonus si le numéro est envoyé.
LA PDA DANS LA PROCHAINE CONVENTION?
Comme le directeur général de l'Uncam, Nicolas Revel (cf dépêche du 12/10/2015 à 08:57), Mathilde Lignot-Leloup s'est montrée favorable au développement de nouvelles missions pour les pharmaciens. Elle a en particulier considéré que la préparation des doses à administrer (PDA) était un "sujet à explorer" pour la prochaine convention pharmaceutique 2017-22, après un bilan des expérimentations régionales en la matière.
Les textes réglementaires encadrant la pratique de la PDA par les pharmaciens sont en attente de publication depuis 2009. En octobre 2015, la direction générale de l'offre de soins (DGOS) avait annoncé le lancement d'une concertation sur le sujet (cf dépêche du 19/10/2015 à 08:59).
Selon le chercheur Francis Megerlin, présent à la table-ronde, de nombreux paramètres sont à déterminer (indications, durée du traitement, conditionnement, techniques à employer...).
L'ensemble des syndicats d'officinaux appellent au développement de la PDA en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), avec une rémunération adaptée. Pour Gilles Bonnefond, la PDA doit aussi être envisagée en ville pour les patients chroniques et pour ceux qui suivent un traitement psychiatrique, même si "la question du médicament et des personnes âgées est clé pour l'avenir".
Le secrétaire général de l'Union nationale des pharmacies de France (UNPF), Eric Myon, a pour sa part estimé que l'encadrement de la PDA devra s'accompagner d'un référentiel qualité spécifique, afin de que les pharmaciens soient "irréprochables".
/gb/san/APM

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