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Prise en charge des IST: les infectiologues répondent au syndicat des dermatologues-vénéréologues

PARIS, 4 avril 2016 (APM) - Les représentants des infectiologues ont répondu au Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV) qui affirme que ces derniers sont les seuls qualifiés pour la prise en charge des infections sexuellement transmissibles (IST), dans un communiqué transmis jeudi à l'APM.
A l'occasion de l'organisation d'une journée nationale de sensibilisation aux IST, le président du SNDV, le Dr Luc Sulimovic, avait indiqué à l'APM que seul le dermatologue-vénéréologue était "qualifié" pour cette prise en charge et qu'il était "le plus compétent". Dans un communiqué, le syndicat avançait que les gynécologues, urologues et infectiologues n'ont pas cette formation spécifique.
La Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), le Collège des enseignants de maladies infectieuses et tropicales, le Syndicat des médecins infectiologues et la Fédération française d'infectiologie ont souhaité répondre à ces affirmations dans un communiqué commun transmis jeudi à l'APM.
Les présidents de ces différentes instances jugent "irresponsable de vouloir limiter le nombre des professionnels 'qualifiés' pour la prise en charge de ces patients par simple corporatisme et dans le total déni des réalités de terrain" à une époque où les IST sont en recrudescence.
"Contrairement à ce qui est suggéré, la présentation clinique des IST est bien loin de se limiter aux seules manifestations dermatologiques", rappelle le communiqué des infectiologues. Depuis de nombreuses années, en particulier avec l'apparition du VIH, la situation a évolué et les IST "ne se limitent plus au diagnostic d'une ulcération génitale ou d'une lésion cutanée qui conduisaient autrefois la plupart des patients chez le dermatologue - vénéréologue", soulignent les infectiologues.
Ils pointent le fait que la prise en charge des IST est désormais assurée en première ligne par le médecin généraliste et les centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD). "Ces praticiens de premier recours font, si besoin, appel à des spécialistes", ajoutent-ils.
Les représentants des infectiologues soulignent également que les CeGIDD sont "localisés ou rattachés, pour la plupart, à des services de maladies infectieuses". Ces structures, qui assurent une prise en charge global du risque infectieux permettent "la collaboration entre infectiologues, gynécologues, urologues mais également sages-femmes et psychologues", rappellent-ils. L'infectiologue est par ailleurs compétent en matière de thérapeutiques anti-infectieuses.
Ces spécialistes décrivent également une formation sur l'ensemble des IST au cours du deuxième cycle des études médicales et lors de séminaires nationaux pendant les années de spécialisation en infectiologie.
LA SFD NE CONDAMNE PAS LES PROPOS DU SYNDICAT
Lors d'un entretien accordé samedi à l'APM, la présidente de la Société française de dermatologie (SFD), Marie-Aleth Richard, a expliqué qu'elle ne condamnait pas les propos de son confrère syndicaliste. "Je ne veux pas prendre position sur les propos" du Dr Sulimovic, a-t-elle indiqué à l'APM.
Tout en énumérant les situations cliniques où le dermatologue-vénéréologue avait des "compétences spécifiques", en affirmant que la SFD était un interlocuteur privilégié des autorités sanitaires et à l'origine de recommandations sur les IST, elle a nuancé les propos de son confrère en reconnaissant qu'une collaboration de "toutes les disciplines concernées" était nécessaire.
/vib/ab/APM

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