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Trois syndicats de directeurs de la FPH appellent à la grève le 30 novembre

PARIS, 9 novembre 2016 (APM) - Le Syncass-CFDT, le syndicat des Cadres hospitaliers Force ouvrière (CH-FO) et l'Ufmict-CGT ont annoncé mercredi, lors d'un point presse, qu'ils appelaient leurs collègues à la grève le mercredi 30 novembre, pour faire entendre leurs principales revendications - l'unicité statutaire directeur d'hôpital (DH)/directeur des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S) et la revalorisation de la carrière des directeurs des soins (DS).
Le Syncass-CFDT, le CH-FO et l’Ufmict-CGT ont précisé qu'ils allaient déposer un préavis de grève national pour la journée du 30 novembre, "pour l’ensemble des directeurs des trois corps de direction exerçant dans les établissements publics de santé, médico-sociaux et sociaux, dans les services ministériels, les ARS [agences régionales de santé], les autres établissements publics et l’EHESP, et pour les élèves en formation à l’EHESP [Ecole des hautes études en santé publique] ou en stage".
Les trois syndicats ont ajouté qu'ils appelaient "les directeurs des trois corps à manifester, le [mercredi] 30 novembre, devant le ministère des affaires sociales et de la santé, de 14h30 à 16h30" et précisé avoir "demandé à être reçus à cette occasion par la ministre, Marisol Touraine, ou ses représentants".
"Il n'est pas habituel de voir des directeurs de la FPH [fonction publique hospitalière] dans la rue. C'est même extrêmement rare. Cela s'est fait en 2009 [cf dépêche du 12/11/2009 à 18:40], et en 2013 pour les directeurs de soins [cf dépêche du 27/03/2013 à 19:32]", a souligné Thomas Deregnaucourt, D3S et membre de l'Ufmict-CGT.
"Cette appel à la mobilisation est un signe de dialogue social à bout de souffle. Nous demandons à être réellement entendus. Ne serait-ce qu'en matière d'ouverture des débats sur les revendications que nous portons. Il n'est pas possible, comme on a pu l'entendre à la DGOS [direction générale de l'offre de soins], concernant l'unicité statutaire DH/D3S, qu'il est nécessaire d'attendre une certaine unanimité sur le sujet", a-t-il ajouté.
"Cette journée de grève n'a pas pour but de paralyser les établissements -ce qui serait d'ailleurs un comble pour nous, directeurs, qui sommes tenus d'assurer la continuité du service. Elle vise à permettre aux directeurs qui le souhaitent de s'organiser pour pouvoir participer au rassemblement devant le ministère", a précisé le secrétaire général du Syncass-CFDT, Michel Rosenblatt.
"Depuis plusieurs années, nous alertons sur le malaise des directeurs, et militons pour certaines évolutions statutaires. Mais nous nous heurtons à une certaine inertie ministérielle. A cet égard, si l'unicité statutaire DH/D3S est un dossier central [cf dépêche du 12/10/2016 à 13:45], nos revendications sont plurielles. Elles concernent aussi l'évolution du statut de DH, et la revalorisation impérative du statut de DS, dont les carrières sont loin d'être à la hauteur de leurs responsabilités. D'où cet appel à une mobilisation large pour la journée du 30 novembre", a-t-il précisé.
Le secrétaire général de l'Ufmict-CGT, Yves Richez, a opiné, et enfoncé le clou, dénonçant, "plus qu'une certaine inertie, un laisser-aller de la DGOS, mandatée par la ministre", et une "double contradiction" des interlocuteurs des syndicats de directeurs au ministère.
"D'un côté nos interlocuteurs réclament un investissement de plus en plus fort des directeurs, en lien avec la mise en place des réformes - mise en oeuvre des GHT [groupements hospitaliers de territoire] en tête. De l'autre, nous constatons une dégradation considérable des conditions de travail des trois corps de direction, marquée, notamment, par un manque d'effectifs criant. A cet égard, la moindre des choses serait de répondre réellement à notre demande de discussions", a-t-il estimé.

"Nous avons besoin de réponses maintenant"

"Une grève n'est pas un mouvement anodin. C'est une forme de contestation forte, et visible, qui nous a semblé s'imposer car les collègues ont besoin de signaux forts", a renchéri le secrétaire général adjoint du CH-FO, Pascal Martin.
"Pour reprendre les propos de mon collègue Michel Rosenblatt, qui parlait d'une 'certaine inertie ministérielle', je parlerais moi d'une inertie certaine. Nous avons joué le jeu du dialogue social, mais nous en sommes arrivés à un point où le mouvement social s'impose selon nous", a-t-il ajouté.
Interrogé sur l'éventuel lien entre cet appel à la grève et le calendrier électoral présidentiel, Michel Rosenblatt a répondu que "les syndicats ne se réveill[aient] pas en fin de mandature pour porter [leurs] revendications mais [étaient] mobilisés depuis longtemps sur le sujet". "Nous avons besoin de réponses maintenant, pas tant parce que nous sommes en fin de mandature, mais parce que la réalité actuelle du terrain l'exige", a-t-il martelé.
Pour étayer leur revendication de fusion des corps de DH et de D3S, les représentants des trois syndicats ont repris, en point presse, les arguments qu'ils avaient développés lors de l'après-midi d'échanges commun organisé le 10 octobre dernier (cf dépêche du 12/10/2016 à 13:45).
Les trois syndicats ont rappelé avoir remis début septembre au cabinet de la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, une "plateforme commune" proposant de "réaliser l'unicité des corps de DH et de D3S par l'extension du statut de directeur d'hôpital, la redéfinition du périmètre des emplois et l'évolution de la gestion nationale" (cf dépêche du 16/09/2016 à 16:27).
Syncass-CFDT, CH-FO et Ufmict-CGT ont par ailleurs tour à tour jugé que la dernière réforme du statut des DS, mise en oeuvre en janvier 2014 à la suite d'un protocole de 2011 (cf dépêche du 09/01/2014 à 09:42) avait été "très insuffisante".
Fin septembre, lors des journées annuelles de l'Association française des directeurs des soins (AFDS), Marisol Touraine a promis de "tirer les conséquences" de l'évolution des responsabilités des DS en revoyant leur "grille statutaire", et indiqué qu'une adaptation de la formation de DS serait "le socle essentiel de cette évolution", rappelle-t-on (cf dépêche du 29/09/2016 à 10:57).
Mais les premières annonces en la matière faites aux syndicats par la DGOS ont été qualifiées par le Syncass-CFDT de "toilettage" à l'objectif "limité", visant à intégrer des mesures du protocole PPCR ("parcours professionnels, carrières, rémunérations") de 2015.
Interrogé sur la journée d'action organisée mardi, d'une part par les syndicats CGT, FO et SUD de la fonction publique hospitalière (FPH) et d'autre part par un collectif de 17 organisations infirmières (cf dépêche du 08/11/2016 à 18:48, dépêche du 08/11/2016 à 19:10 et dépêche du 08/11/2016 à 19:45), Michel Rosenblatt a botté en touche, rappelant que la CFDT n'avait pas appelé à la mobilisation.
Thomas Deregnaucourt s'est pour sa part déclaré "très satisfait du niveau de mobilisation". "La dénonciation de la dégradation des conditions de travail et du manque de reconnaissance, qui a été forte hier, est d'ailleurs le fil rouge des revendications de toutes les catégories professionnelles actuellement mobilisées", a ajouté Yves Richez.
"La mobilisation d'hier a été un signe fort de la pression pesant sur les établissements, et sur les professionnels qui y travaillent, notamment paramédicaux. Mais pas seulement", a ajouté Pascal Martin.
ed/ab/APM

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