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Cancer du testicule: des aneuploïdies spermatiques encore présentes chez 40% des patients 2 ans après le traitement adjuvant

WASHINGTON, 23 janvier 2017 (APMnews) - Des anomalies du nombre de chromosomes dans les spermatozoïdes plus fréquentes sont observées après traitement adjuvant du cancer du testicule, et persistent au moins jusqu'à 2 ans après traitement chez 40% des patients, selon une étude française publiée dans Fertility and Sterility.
Ce nouveau volet du projet de recherche GAMATOX, rassemblant huit centres d'étude et de conservation des oeufs et du sperme (Cecos), financé par le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) national, a inclus 54 patients sur les 129 de la cohorte initiale, car il fallait que toutes leurs analyses spermatiques soient disponibles aux différents temps fixés, jusqu'à 2 ans après le traitement. Ils ont été comparés à 10 donneurs de sperme fertiles. Pour chaque patient, plus de 5.000 spermatozoïdes ont été analysés pour chaque sonde chromosomique et pour chaque temps d'analyse.
Les traitements adjuvants ont été la radiothérapie pour 26 patients et la chimiothérapie BEP (bléomycine-étoposide-cisplatine) pour 28 patients, dont cinq ont reçu un ou deux cycles de cette chimiothérapie et 23 ont reçu trois ou quatre cycles.
Avant le traitement, la fréquence de l'ensemble des anomalies chromosomiques spermatiques, sur le nombre de spermatozoïdes analysés, n'était pas significativement différente entre les patients et les contrôles, mais il y avait significativement plus de disomies X et Y chez les patients (0,04% et 0,04%, respectivement) que chez les contrôles (0,02% et 0,01%), rapportent Nathalie Rives de la Fédération française des Cecos et ses collègues.
Après chimiothérapie, par rapport à avant traitement, les taux d'aneuploïdie et de l'ensemble des anomalies chromosomiques étaient significativement plus élevés à 6 mois et 12 mois, atteignant à 12 mois 0,57% de spermatozoïdes aneuploïdes contre 0,45% avant traitement et 0,84% d'anomalies chromosomiques contre 0,70% avant traitement. A 24 mois ces fréquences étaient redescendues à 0,58% et 0,88%, respectivement.
En analysant séparément les chimiothérapies administrées pendant deux cycles ou moins et celles ayant fait l'objet de plus de deux cycles, les différences n'étaient significatives qu'en cas de traitement pour plus de deux cycles.
Après radiothérapie, les taux d'aneuploïdie et d'anomalies chromosomiques étaient significativement plus élevés à 3 mois (0,74% et 1,12%) et à 6 mois (0,87% et 1,26%) qu'au départ, et revenus à leur niveau de départ à 12 mois (0,54% et 0,87%).
En outre, à 24 mois, les aneuploïdies et les anomalies chromosomiques étaient significativement plus fréquentes après chimiothérapie qu'après radiothérapie.
Néanmoins, si les valeurs sur l'ensemble des spermatozoïdes analysés sont revenues au niveau de départ à 12 mois ou à 24 mois, 38,5% des patients n'avaient pas retrouvé leurs valeurs de départ après 24 mois.
"Le conseil génétique aux patients atteints de cancer du testicule devrait comporter une information sur le risque potentiel accru d'embryon aneuploïde obtenu à partir du sperme recueilli après traitement, et la nécessité de reporter la conception à au moins 12 mois après la radiothérapie ou au moins 24 mois après plus de deux cycles de chimiothérapie BEP", recommandent les auteurs.
(Fertility and Sterility, publication en ligne du 6 janvier)
cd/ab/APM

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