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La mortalité liée au mélanome devrait baisser fortement d'ici à 2050

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, au Congrès européen de cancérologie)
AMSTERDAM, 30 janvier 2017 (APMnews) - La mortalité liée au mélanome malin devrait fortement diminuer d'ici à 2050, en particulier si des traitements efficaces sont mis à disposition des patients affectés par ce cancer, selon des projections présentées dimanche à Amsterdam au Congrès européen de cancérologie (ECC).
L'équipe du Pr Philippe Autier de l'Institut international de recherche sur la prévention (iPRI) à Lyon a déjà montré (en 2015) que les personnes les plus à risque de mourir d'un mélanome étaient celles nées entre 1920 et 1960 et que le risque diminuait ensuite parmi les générations suivantes. La courbe de mortalité des personnes de 70 ans et plus continue à augmenter alors que celle des 50-69 ans forme un plateau et que celle des moins de 50 ans décroît, a rappelé Alice Koechlin, biostatisticienne à l'iPRI.
Cela s'explique par des pratiques comme l'héliothérapie (ou UV-prophylaxie), assez en vogue pendant la première moitié du XXème siècle. On exposait les enfants à des lampes à UV ou à la lumière quand le soleil était au plus haut pour lutter contre le rachitisme ou la tuberculose à une époque où la carcinogénicité de l'exposition aux UV (B et C) n'était pas encore connue.
Dans un poster, l'équipe lyonnaise a présenté des photos de ces pratiques utilisées jusque dans les années 1950. La fin de l'héliothérapie dans les années 1960 et l'introduction d'une protection de la peau des enfants contre le soleil dans les années 1980 expliquent cet infléchissement des courbes de mortalité au fil des générations.
Cette équipe a voulu établir des prédictions sur la mortalité par mélanome dans le futur, de 2014 à 2050, en prenant le cas de l'Australie, des Etats-Unis et de la Suède. Elle a retenu deux scénarios: une situation sans amélioration des traitements dans les prochaines années et une autre avec des traitements capables de réduire de 25% la mortalité à partir de 2015, en considérant que les patients ont un accès immédiat.
Alice Koechlin a rapporté que selon ses projections le taux de mortalité aurait atteint son pic vers 2015 en Australie pour les hommes et que ce pic aurait été atteint en 1990 pour les femmes. Pour les Etats-Unis, ce serait en 2005 et 1995 et pour la Suède autour de 2010 pour les deux sexes.
Les travaux prévoient qu'en 2050, les taux de mortalité par mélanome seraient deux fois moindres par rapport à ces pics, retombant aux niveaux de 1970 pour les hommes et 1960 pour les femmes.
Aux Etats-Unis, ils seraient 2,5 à 3 fois moins élevés, retrouvant les taux d'avant 1960. En Suède, les taux de 2050 seraient 1,5 fois moins élevés que pendant les années de pic, retombant au niveau de 1985.
Cependant, à cause du vieillissement de la population, le nombre total de décès par mélanome devrait continuer à augmenter jusqu'en 2030-2035. Ainsi, pour l'Australie, le nombre de décès chez les hommes devrait passer de 1.007 en 2010 à 1.354 en 2030, pour redescendre à 1.124 en 2050. Chez les femmes, il passerait de 410 en 2010 à 570 en 2030 et 544 en 2050.
Mais si des traitements efficaces arrivent, "nous devrions voir des diminutions du nombre de décès par mélanome dès 2030", a indiqué Alice Koechlin. Le nombre de décès en Australie serait alors estimé à 846 chez les hommes et 408 chez les femmes en 2050. Pour les Etats-Unis, il serait de 3.646 chez les hommes (comme en 1990) et 1.876 chez les femmes (comme en 1980). En Suède, ce serait 231 et 174 (comme autour de 2000).
Ainsi, avec le temps, la mortalité par mélanome diminuera une fois que les dégâts causés par l'utilisation à des fins médicales des UV seront dépassés. L'effet de la mise en place d'une protection contre le soleil des enfants (surtout pour éviter des coups de soleil au jeune âge) peut être observé, notamment en Australie.
La mise à disposition de traitements de plus en plus efficaces (comme cela arrive avec les immunothérapies) devrait accélérer le déclin de la mortalité, s'ils sont rendus accessibles à tous les patients, a conclu Alice Koechlin.
sl/fb/APM

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