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Présidentielle: Marine Le Pen présente une douzaine d'engagements sur la santé

LYON, 6 février 2017 (APMnews) - Une douzaine des 144 engagements présentés ce week-end à Lyon par la candidate du Front national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, concernent la santé et visent notamment à maintenir les hôpitaux de proximité, supprimer l'aide médicale de l'Etat (AME), garantir la sécurité sociale pour tous les Français et relever les numérus clausus.
Plusieurs de ces engagements diffusés à l'occasion des "assises présidentielles" organisées par le candidate faisaient déjà partie des grandes lignes de son programme santé présenté lors d'une "convention thématique" mi-décembre 2016 (cf dépêche du 12/12/2016 à 08:49).
Les 144 engagements sont organisés en sept chapitres. Les mesures portant sur les champs sanitaire et médico-social sont principalement intégrées à celui intitulé "Une France juste" pour protéger "à 100% la santé des Français", "rendre la fiscalité plus juste" et "permettre à chacun de trouver sa place".
Une note de quatre pages diffusée sur le site de campagne de la candidate donne un chiffrage du projet sans rentrer dans les détails. Contrairement aux autres dépenses publiques dont la hausse sera limitée à l'inflation, celles de sécurité sociale augmenteront de façon "plus importante", soit "50% de la croissance en volume" en plus de l'inflation.
La candidate estime que les tendances lourdes de la société, comme le vieillissement, la dépendance et les progrès médicaux, rendent incontournable une "progression des dépenses de santé et du budget des hôpitaux".
Elle promet de "garantir la sécurité sociale pour tous les Français ainsi que le remboursement de l'ensemble des risques pris en charge par l'assurance maladie".
Elle propose de créer la couverture d'un "cinquième risque" consacré à la dépendance "afin de permettre à chaque Français de se soigner et de vivre dans la dignité".
Marine Le Pen assure que ses mesures sociales seront "plus que financées par des économies de gestion, la lutte contre la fraude ["création d’une carte Vitale biométrique fusionnée avec le titre d’identité"] et la baisse des dépenses sociales qui découlera de la réduction drastique des flux migratoires".
Elle voit dans la suppression de l'AME, destinée aux étrangers en situation irrégulière, une source d'économies. En décembre 2016, la présidente du parti d'extrême droite avait dit vouloir la remplacer par "une aide restreinte exclusivement réservée aux soins d'urgence vitale et aux maladies graves contagieuses", rappelle-t-on.
Alors qu’elle avait suggéré sur RTL le 16 janvier l'instauration d'un délai ("de deux ans par exemple") pour qu’un étranger "qui arrive de manière légale" puisse bénéficier du remboursement des soins par l’assurance maladie, cette mesure ne figure pas dans son programme.
La candidate attend également des économies de la baisse du prix des médicaments coûteux ("via l'augmentation de la proportion de génériques") et du développement de la vente à l'unité des médicaments remboursables, "en imposant aux laboratoires l’adaptation de leurs chaînes de production" (cf dépêche du 09/01/2017 à 11:41).

Maintenir les hôpitaux de proximité et augmenter les effectifs de la FPH

Un des engagements porte sur l'augmentation des effectifs de la fonction publique hospitalière (FPH) mais sans chiffrage.
La candidate veut aussi "maintenir au maximum les hôpitaux de proximité". Dans un autre chapitre intitulé "Une France durable", elle s'engage à garantir "l’égal accès aux services publics" sur "tout le territoire et en particulier en milieu rural", notamment par rapport à la santé, aux hôpitaux de proximité et aux maisons de santé.
S'agissant de la fonction publique, elle compte "dégeler et revaloriser" le point d'indice, "préserver le statut" et "élargir et généraliser le troisième concours", en le réservant aux plus de 45 ans ayant au moins 8 ans d'expérience dans le privé.
Elle propose d'établir à 2 jours le délai de carence dans le public et le privé pour le paiement des indemnités journalières d'assurance maladie.

Soutenir les start-up françaises pour moderniser le système de santé

Marine Le Pen s'engage à "soutenir" les start-up françaises pour "moderniser le système de santé.
Elle veut plus globalement "recentrer" le crédit impôt recherche (CIR) vers les PME et les start-up, diriger 2% de l’assurance vie vers le capital-risque et les start-up et inciter les grands groupes à créer leur propre fonds d’investissement dans les entreprises innovantes.
Sur le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la note de chiffrage du projet indique qu'il sera "pérennisé, fusionné avec l'ensemble des allègements de charges et conditionné au maintien de l'emploi".
La candidate compte par ailleurs "mettre en place un plan de ré-industrialisation dans le cadre d’une coopération associant l’industrie et l’Etat-stratège" et "soutenir les entreprises françaises [...] par la mise en place d’un protectionnisme intelligent et le rétablissement d’une monnaie nationale".
Marine Le Pen s'engage à "instaurer un vrai patriotisme économique en se libérant des contraintes européennes et en réservant la commande publique aux entreprises françaises si l’écart de prix est raisonnable". Son programme contient également la suppression de la directive sur le détachement des travailleurs et la mise en place d'une taxe additionnelle sur l'embauche de salariés étrangers.
S'agissant de la recherche et de l'innovation, la candidate veut promouvoir ces secteurs en "augmentant la déductibilité fiscale des dons". Elle entend également augmenter de 30% le budget public de la recherche pour le porter à 1% du PIB.

Relèvement des numerus clausus

Pour "lutter contre les déserts médicaux", elle prône l'instauration d'un "stage d’internat dans les zones concernées", des "déductions de charges" pour les médecins retraités qui y exercent et le développement des maisons de santé.
La candidate veut "relever" les numerus clausus "d'accès aux études de santé" "pour éviter le recours massif aux médecins étrangers et permettre le remplacement des nombreux départs à la retraite prévus".
Elle compte "favoriser la coopération entre professionnels de santé, en reconnaissant les compétences spécifiques de chacun".
Elle s'engage à protéger "la complémentarité du double système de santé public et libéral" ainsi que "le maillage territorial des acteurs indépendants de la santé", en citant les pharmacies et les laboratoires d’analyses.
Elle compte "réorganiser" les agences "de sécurité sanitaire et alimentaire", "clarifier" leur rôle et "assurer leur indépendance".
La présidente du Front national milite pour "maintenir l’interdiction de la GPA" (gestation pour autrui) et continuer à réserver l'assistance médicale à la procréation (AMP) à la "réponse médicale aux problèmes de stérilité".

1,6 milliard € pour revaloriser l'AAH

La candidate frontiste promet de revaloriser de 20% l'allocation aux adultes handicapés (AAH), mesure chiffrée à 1,6 milliard €.
Elle envisage de "donner plus de moyens" aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et de "développer une prise en charge digne de l’autisme et des troubles du spectre autistique", sans plus de précisions.
Marine Le Pen entend "renforcer la lutte contre toutes les discriminations liées aux handicaps et à la santé", "étendre le droit à l’oubli aux majeurs en rémission d’affection de longue durée [ALD], avec un délai maximal de cinq ans", ou encore "imposer un standard d’accessibilité pour les malvoyants et les malentendants".
Elle propose de ne conserver que "trois niveaux d’administration": communes, départements et État. Elle supprimerait donc les régions, entre autres.
cb-nc/sl/APM

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