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VIH: passer de l'atazanavir ou du lopinavir au darunavir améliore la fonction rénale

WASHINGTON, 3 mars 2017 (APMnews) - Les patients VIH+ sous traitement avec les antiprotéases atazanavir (Reyataz*, Bristol-Myers Squibb) ou lopinavir (Kaletra*, Abbvie) qui changent de traitement pour le darunavir (Prezista*, Janssen) améliorent leur fonction rénale, montre une étude observationnelle britannique publiée dans AIDS.
La prévalence de la maladie rénale chronique augmente avec le vieillissement des patients VIH+, avec un début plus précoce que dans la population générale. La question de l'implication du traitement antirétroviral dans cette pathologie a été étudiée et l'atazanavir et le lopinavir font partie des antirétroviraux associés à un risque d'apparition ou de progression d'une atteinte rénale. On manquait jusqu'à présent de données sur le darunavir.
Sophie Jose de l'University College à Londres et ses collègues ont étudié 1.430 patients traités par l'atazanavir ou le lopinavir qui ont switché vers le darunavir, et ont comparé les pentes d'évolution de leur débit de filtration glomérulaire avant et après le switch.
Pour l'atazanavir, avant le changement le débit de filtration glomérulaire diminuait en moyenne de 0,84 ml/min/1,73 m2 par an, et après le passage au darunavir au contraire il a augmenté de 1,23 ml/min/1,73 m2 par an.
De même pour le lopinavir, avant le changement le débit de filtration glomérulaire diminuait en moyenne de 0,57 ml/min/1,73 m2 par an, et après le passage au darunavir au contraire il a augmenté de 0,62 ml/min/1,73 m2 par an.
Quand ils se sont intéressés aux seuls patients qui présentaient un déclin rapide de la fonction rénale, les chercheurs ont trouvé un résultat similaire. On est passé de -15,27 ml/min/1,73 m2/an avec l'atazanavir à +3,72 ml/min/1,73 m2/an avec le darunavir, et de -11,93 ml/min/1,73 m2/an avec le lopinavir à +0,87 ml/min/1,73 m2/an avec le darunavir.
Les auteurs précisent que leurs résultats n'étaient pas modifiés par l'exclusion des patients qui recevaient aussi initialement du ténofovir disoproxil fumarate -également associé à un risque rénal- et avaient arrêté ce médicament en même temps qu'ils changeaient d'antiprotéase.
"En absence de données d'études randomisées sur les antiprotéases boostées chez les patients avec une fonction rénale altérée, nos résultats suggèrent qu'il serait préférable d'éviter l'atazanavir et le lopinavir" chez ce type de patients et "que le darunavir pourrait constituer l'antiprotéase de choix pour cette population".
(AIDS, 20 février, vol.31, n°4, p485-492)
fb/san/APM

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