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Traiter la dermatite atopique grâce au virus de la rougeole?

PARIS, 24 mars 2017 (APMnews) - Des protéines du virus de la rougeole pourraient servir à traiter la dermatite atopique, propose une équipe de recherche française, selon une note d'actualités diffusée par l'Inserm, jeudi sur son site internet.
Géraldine Gourru-Lesimple du Centre international de recherche en infectiologie (CIRI) de Lyon et ses collègues ont étudié l'effet d'un vaccin utilisant des virus vivants atténués de la rougeole (Rouvax*, Sanofi Pasteur MSD SNC) chez 20 adultes présentant une dermatite atopique.
"Ces patients avaient déjà été vaccinés par le passé. Mais l'effet immunosuppresseur du virus étant transitoire, nous les avons réexposés au virus atténué en utilisant le vaccin qui est inoffensif et très bien toléré", explique Branka Horvat, responsable de ces travaux, citée dans la note d'actualités.
Un effet clinique transitoire a été observé au cours de la 2e semaine suivant la vaccination sur les symptômes cutanés des volontaires (indice SCORAD). L'effet n'était plus significatif à la 6e semaine.
En parallèle, une baisse des cytokines pro-inflammatoires CCL26 et TCLP a été observée sur des biopsies provenant des zones de lésion cutanée mais pas sur celles provenant de territoires non lésés.
Les chercheurs avaient auparavant montré in vitro que les kératinocytes humains étaient sensibles à l'infection par le virus de la rougeole et mis en évidence, dans une lignée de kératinocytes infectés par le virus, une baisse significative des ARN messagers (ARNm) des cytokines CCL26 et TSLP ainsi qu'une hausse des ARNm du TGF-bêta, une cytokine à l'effet immunosuppresseur.
Or dans la dermatite atopique, les kératinocytes produisent davantage ce type de cytokines pro-inflammatoires. De précédentes études ont rapporté chez des enfants atteints de dermatite atopique et ayant la rougeole, une "amélioration, voire la disparition complète, des symptômes", rappelle Branka Horvat.
L'ensemble de ces résultats, publiés dans Journal of Dermatological Science (JDS), constitue ainsi une preuve de concept pour un traitement immunologique, à l'aide de protéines du virus de la rougeole, de la dermatite atopique et d'autres maladies inflammatoires allergiques.
"Grâce à nos études antérieures, nous connaissons déjà les propriétés de certaines protéines du virus. Notre perspective est donc de repartir de ces protéines pour envisager le développement d’un nouveau traitement contre la dermatite atopique, que ce soit sous forme de crème ou par voie orale", conclut la chercheuse dans la note d'actualités.
(JDS, édition en ligne du 10 février)
arg/ld/APMnews

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