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Après cancer: une probabilité moindre d'être parent, en particulier pour les hommes traités pendant leur enfance ou adolescence

WASHINGTON, 24 avril 2017 (APMnews) - Les personnes traitées pour un cancer pendant leur enfance ou leur adolescence gardent une probabilité moindre de devenir parent, en particulier pour les hommes, indique une étude suédoise publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).
Tous cancers confondus, la survie à 5 ans est de l'ordre de 80% pour les enfants et adolescents touchés par un cancer. Mais les traitements, même les plus récents, peuvent affecter leur fertilité une fois devenus adultes.
Le Dr Gabriela Armuand de l'université de Linköping (Suède) et ses collègues ont comparé les probabilités d'avoir un premier enfant vivant pour des adultes ayant eu un cancer pendant leur enfance ou leur adolescence par rapport à une population générale du même âge, en utilisant leurs registres nationaux rassemblant toutes les personnes nées à partir de 1973. Leur étude a concerné 1.206 personnes guéries d'un cancer et 2.412 contrôles du même âge.
Sur 654 hommes, 39% ont eu au moins un enfant vivant après le diagnostic. Le délai entre le diagnostic (retenu comme date de référence) et la première naissance était plus court en cas de cancer mais sans différence d'âge pour le père au moment de cette naissance.
Sur 552 femmes, 50% ont donné naissance à au moins un enfant. Les femmes qui avaient guéri d'un cancer pendant l'enfance (avant 14 ans) ou l'adolescence étaient plus jeunes lors de la naissance de leur premier enfant que celles sans cancer.
Globalement, la probabilité d'avoir un premier enfant vivant était moindre après un cancer, en particulier pour les hommes qui avaient une probabilité de 35% inférieure par rapport aux contrôles. Chez les femmes, la probabilité était diminuée de 21%.
Les femmes ayant eu un cancer pendant leur adolescence n'étaient pas pénalisées (peut-être grâce au possible recours à la cryoconservation des ovocytes depuis quelques années) mais celles qui en avaient eu un pendant l'enfance l'étaient (probabilité réduite de 53%, les tumeurs cérébrales étaient plus fréquentes dans ce groupe et elles sont de moins bon pronostic sur la fertilité).
Alors que pour les hommes, la situation était inverse: ceux diagnostiqués pendant l'adolescence avaient moins de chances d'être parents que ceux diagnostiqués pendant l'enfance (probabilité réduite de 44% et de 30%), ce qui est contraire aux résultats déjà publiés car les garçons non pubères ont peu de possibilités pour préserver leur fertilité (par rapport aux adolescents chez qui on peut proposer de conserver du sperme). La nature des cancers (plus de tumeurs mésothéliales ou des tissus mous chez les adolescents de cette étude) pourrait expliquer ce résultat.
La comparaison de deux périodes (avant 1988 et à partir de 1988) a montré que les chances augmentaient avec le temps pour les femmes (probabilité réduite de 29% avant 1988 mais de seulement 10% à partir de 1988) mais diminuaient pour les hommes (-28% et -41%).
Les cancers les plus pénalisants étaient ceux affectant le système nerveux central (SNC). La situation était plus favorable en cas de leucémie.
"Pour améliorer les possibilités de pouvoir fonder une famille plus tard, il est important de bien informer les jeunes patients ayant un diagnostic de cancer et/ou leurs parents sur le risque d'infertilité de manière à prendre les meilleures décisions", recommandent les auteurs.
(JCO, publication en ligne du 23 mars)
sl/gb/APMnews

[SL5OORKWA]

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