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Les hospitalisations complètes de court séjour pourraient diminuer d'ici à 2030 (Drees)

PARIS, 15 mai 2017 (APMnews) - Le nombre total d'hospitalisations de court séjour devrait continuer de croître d'ici à 2030, mais celui des journées d'hospitalisation complète pourrait baisser, selon des projections de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).
Dans un dossier mis en ligne la semaine dernière, la direction ministérielle a actualisé ses projections en ce domaine, après les précédentes publiées en 2008.
L'étude porte sur les lits hospitaliers de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), mais elle exclut les séjours pour grossesses, accouchements ou affections périnatales, ainsi que les séances (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie...). Elle mobilise les données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).
La Drees analyse cinq scénarios portant sur 2012 à 2030, dont l'un, élaboré par un groupe d'experts, est privilégié.
Ses hypothèses "s'appuient sur un meilleur suivi en ville de certaines pathologies chroniques, des progrès techniques et des changements de pratiques dans certaines prises en charge hospitalières", résume la Drees. Certaines d'entre elles représentent "des ruptures par rapport aux tendances passées".
Les experts ont notamment tablé sur un renforcement de la pertinence des soins. Ils estiment par exemple que "la remise en cause actuelle de la chirurgie de l'obésité (du fait des risques possibles à long terme) devrait limiter son développement récent".
Globalement, le taux d'hospitalisation passerait de 233 pour 1.000 personnes par an en 2012 (sur le périmètre étudié) à 248 pour 1.000, selon le scénario des experts.
Cette progression serait moins forte que dans d'autres scénarios (256‰ en 2030 si l'on ne tient compte que de l'évolution de la démographie, 298‰ en reconduisant les tendances observée sur 2009-2012).
Le nombre total de séjours continuerait à progresser, de 15,2 millions en 2012 à 17,6 millions en 2030, selon les experts.
Chez les plus de 65 ans, cependant, on assisterait à un "retournement" de la tendance actuelle. Leur taux d'hospitalisation baisserait de près de 5%.
Tous âges confondus, la part des séjours réalisés en ambulatoire bondirait de 39,6% en 2012 à 49,5% en 2030.
En hospitalisation complète, le nombre de séjours diminuerait (-6%), tombant de 53,3 millions de journées en 2012 à 50,2 millions en 2030 (alors que la poursuite de la tendance observée sur 2009-2012 conduirait à une augmentation, à 55,2 millions).
La durée moyenne de séjour (DMS) en hospitalisation complète se réduirait légèrement, à 5,7 jours en 2030 contre 5,8 en 2012.

Poursuivre les réorganisations hospitalières

La Drees a fait des projections du nombre d’"équivalents-journées" (le nombre de jours passés à l'hôpital, en comptant un jour par convention pour une prise en charge ambulatoire). Il diminuerait de 1% dans le scénario des experts (mais augmenterait de 27% en ne comptant que l'effet démographique).
Cette "quasi-stabilisation [...] ne doit pas s'interpréter comme le signe que des restructurations ne seraient pas nécessaires", avertissent les auteurs.
"Au contraire, ce résultat signifie que malgré le vieillissement de la population, les besoins hospitaliers ne vont pas augmenter. Or, aujourd’hui, une situation de surcapacité prédomine déjà à certains endroits du territoire, et au niveau global, l'offre apparaît excédentaire, même si une vacance de lits est nécessaire afin d’accueillir les patients non programmés", commentent-ils.
Les réductions de capacité observées de 2000 à 2012 en médecine et chirurgie (moins 21.400 lits en hospitalisation complète) "ne se sont pas traduites par une augmentation équivalente des taux d’occupation des lits".
En effet, le taux d'occupation a stagné de 2012 à 2014 (passant de 78% à 77%). Il reste inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE (80%) et l'on observe "de fortes disparités" entre les régions, signalent les auteurs.
Si l'on parvenait à une homogénéisation régionale des taux d’occupation des lits, les besoins en lits d’hospitalisation complète baisseraient en 2030 de 11% (20.500 lits en moins), a calculé la Drees.
Compte tenu du scénario des experts, "le mouvement de réduction du nombre de lits et d'augmentation du nombre de places en ambulatoire devrait [...] se poursuivre", résume la direction ministérielle.
La baisse des taux de recours attendue en hospitalisation complète s'accompagnerait d'une augmentation des besoins dans les soins de ville, les soins de suite et réadaptation (SSR) ou encore l'hospitalisation à domicile (HAD).
nc/ab/APMnews

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