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A l'initiation d'une PrEP au VIH, un taux d'IST élevé qui augmente ensuite

SAINT-MALO (Ille-et-Vilaine), 27 juin 2017 (APMnews) - A l'initiation d'une prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH, le taux d'infections sexuellement transmissibles (IST) est élevé et augmente ensuite, selon une étude présentée lors des Journées nationales d'infectiologie (JNI) qui se déroulaient la semaine dernière à Saint-Malo.
Si l'efficacité de la PrEP au VIH avec Truvada* (emtricitabine + ténofovir, Gilead) n'est plus à démontrer, le risque de désinhibition pose la question de l'incidence des IST, notent Gilles Pialoux et ses collègues de l'hôpital Tenon (AP-HP, Paris) dans le résumé de leur présentation.
Dans le cadre de la recommandation temporaire d'utilisation (RTU) mise en place en janvier 2016, l'équipe a mis en place un suivi pluridisciplinaire comprenant notamment le dépistage régulier des IST.
Ils ont inclus 313 personnes qui avaient initié une PrEP au 1er janvier 2017. La majorité d'entre eux déclaraient au moins un antécédent d'IST dans les deux ans et 57 étaient porteurs d'une IST le jour de l'initiation de la PrEP. Parmi ces 57 patients, 20 se sont à nouveau infectés au cours du suivi. Par ailleurs, 77 ont contracté une IST au cours du suivi, parmi lesquels 29% n'avaient pas d'antécédent déclaré d'IST.
Les infections les plus courantes étaient des infections à gonocoques, puis à Chlamydiae et des syphilis. Ont également été recensées des infections à VIH, notamment une infection le premier mois malgré la PrEP, des infections au virus de l'hépatite C et à Mycoplasma genitalium.
Les auteurs précisent que 94% de ces infections étaient asymptomatiques.
L'analyse des résultats montre que le risque de contracter une IST au cours du suivi était significativement plus élevé chez les personnes pratiquant le Chemsex -consommation de substances psychoactives lors de rapports sexuels. Au bout de 9 mois de suivi, 54% des porteurs d'une IST étaient des personnes se livrant au Chemsex.
Dans cette cohorte, près de la moitié des personnes pratiquaient le Chemsex et 3,8%, le Slam, qui implique l'injection de produits par intraveineuse.
Cette première année de consultation PrEP "met en lumière un taux élevé d'IST asymptomatiques, et son augmentation au cours du suivi, significativement plus élevé chez les adeptes du Chemsex", pointent les auteurs.
vib/ab/APMnews

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