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Pas moins de cancers du sein chez les femmes traitées par bisphosphonates (étude française)

WASHINGTON, 19 juillet 2017 (APMnews) - Les bisphosphonates, prescrits dans le traitement de l'ostéoporose, ne sont pas associés à une réduction de l'incidence du cancer du sein chez les femmes ménopausées, selon une étude faite à partir de la cohorte française E3N et publiée dans le Journal of Clinical Oncology (JCO).
Les bisphosphonates inhibent la résorption osseuse ostéoclastique et sont couramment prescrits dans la prise en charge de l'ostéoporose des femmes ménopausées. Des données précliniques suggérant un effet antitumoral direct de cette classe ont conduit à l'étudier en prévention du cancer du sein.
A fortes doses en adjuvant chez les femmes atteintes d'un cancer du sein de stade précoce et ménopausées, les bisphosphonates ont pu réduire la mortalité par cancer du sein, conduisant à les recommander en Europe. Mais la question du rôle protecteur restait posée en prévention primaire, rappellent Agnès Fournier du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP) à Villejuif (Val-de-Marne) et ses collègues.
Les chercheurs ont étudié cette question à partir de la cohorte observationnelle E3N qui comporte près de 100.000 femmes nées entre 1925 et 1950 affiliées à la MGEN. L'analyse a porté sur 64.438 femmes ménopausées suivies pendant 7,2 ans (de 2004 à 2011) dont 12.935 avaient été exposées à des bisphosphonates (l'alendronate dans 52,1% des cas, le risédronate dans 42,1%, l'ibandronate dans 25,1%, et d'autres pour 7,7%).
Les chercheurs ont identifié 2.407 premiers cancers du sein.
Mais ils n'ont pas trouvé d'association avec la prise de bisphosphonates, et sans effet modificateur de l'âge, de l'indice de masse corporelle (IMC), du temps passé depuis la ménopause, de la prise d'un traitement hormonal substitutif (THS), d'une supplémentation calcique ni de la vitamine D. Il n'y avait pas d'hétérogénéité selon les molécules ni d'effet de dose cumulée.
Ils ont trouvé une réduction du risque de cancer du sein restreinte à l'année suivant l'initiation du bisphosphonate (avec une réduction de 44%) mais qui pouvait s'expliquer par des biais de sélection (ces femmes avaient eu plus d'examens de contrôle dont des mammographies avant l'initiation du bisphosphonate et avaient donc moins de risque d'avoir un cancer du sein juste après).
"Nos résultats diffèrent des études observationnelles précédentes qui avaient trouvé un moindre risque de cancer du sein associé aux bisphosphonates, mais ils sont en accord avec une analyse post hoc récente de 2 essais randomisés avec des bisphosphonates en prévention des fractures qui n'ont pas trouvé moins de cancers du sein après 3-4 ans d'alendronate orale ou d'acide zolédronique intraveineux", commentent les auteurs.
"Nos données ne confortent pas l'hypothèse selon laquelle les bisphospshonates seraient efficaces en prévention du cancer du sein chez les femmes ménopausées", concluent les chercheurs français.
(JCO, publication en ligne du 14 juillet)
sl/ab/APMnews

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