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Sanofi entrevoit une année 2017 meilleure que prévu grâce à Genzyme, aux vaccins et à l'OTC

PARIS, 31 juillet 2017 (APMnews) - Le chiffre d'affaires de Sanofi a progressé de 6,4% (5,5% hors effets de change) à 8,7 milliards d'euros au deuxième trimestre, tiré par Genzyme (médicaments de spécialité) et Pasteur (vaccins), conduisant le groupe à ne plus envisager de recul de son résultat par action hors exceptionnels cette année, a-t-il annoncé dans un communiqué lundi.
Le laboratoire, qui tablait depuis février sur un résultat par action ajusté de stable à -3% par rapport à 2016, prévoit désormais qu'il sera "globalement stable" à taux de change constants et "sauf événements majeurs défavorables imprévus". L'effet de change jouera à la hausse pour "environ +1%", sur la base d'une extrapolation des taux moyens observés en juin.
Lundi en début de séance à la Bourse de Paris, l'action Sanofi progressait de 1,5% à 82,81 euros. Depuis le début de l'année, le titre a gagné près de 8%.
Cet ajustement à la hausse "reflète la performance depuis le début de l'année" et une "gestion disciplinée des dépenses", a commenté le directeur général de Sanofi, Olivier Brandicourt, lors d'une conférence de presse téléphonique lundi matin. Il a indiqué que l'intégration de l'OTC de Boehringer Ingelheim, qui a fait l'objet d'une opération d'échange début 2017 avec la santé animale du français (cf dépêche du 02/01/2017 à 10:31), "progresse comme prévu".
Le résultat net a reculé de 10,4% à 1 milliard d'euros mais, hors éléments exceptionnels, il a progressé de 1% à 1,7 milliard. Il est notamment signalé pour le deuxième trimestre 2017, parmi les charges non récurrentes et après impôts, 324 millions au titre d'amortissements des incorporels (dont l'impact de la comptabilisation des regroupements d'entreprises) et 162 millions de coûts de restructuration.
A taux de change constants, Genzyme a bondi de 14,3% à 1,4 milliard d'euros et les vaccins, qui ont bénéficié des effets de la dissolution de la joint-venture Sanofi Pasteur-MSD, ont progressé de 26,2% à 1 milliard. La santé grand public, qui profite de l'intégration de l'OTC de Boehringer Ingelheim, a gagné 42,5% à 1,2 milliard. Ces hausses compensent le recul du diabète/cardiovasculaire (hors pays émergents) de 15% à 1,4 milliard. L'ensemble médecine générale et marchés émergents a perdu 1,2% à 3,7 milliards.
L'insuline Lantus* a chuté de 18,3% à 1,2 milliard d'euros et son successeur désigné Toujeo* a atteint un modeste 210 millions (+49%). Cette situation est en particulier due à l'exclusion des formulaires commerciaux de CVS (au 1er janvier) et de CVS Health (au 1er avril) aux Etats-Unis, ce qui a provoqué un recul de 13,5% des deux produits dans ce pays. En Europe (-2%), les insulines glargines souffrent de la concurrence des biosimilaires.
Sanofi signale dans son communiqué qu'il a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne centralisée courant juillet pour le premier biosimilaire de l'insuline lispro (Humalog*, Lilly) dans le traitement du diabète de l'adulte et de l'enfant. Le comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l'Agence européenne du médicament (EMA) avait rendu un avis favorable en mai (cf dépêche du 19/05/2017 à 17:17).
Au sein de Genzyme, les produits dans la sclérose en plaques Aubagio* (tériflunomide) et Lemtrada* (alemtuzumab) ont respectivement bondi de 35% (en données publiées) à 425 millions et 14% à 124 millions. En oncologie (+4,4% à 383 millions au total), Jevtana* (carbazitaxel) a progressé de 14% à 100 millions.
Dans les maladies rares, le traitement de la maladie de Gaucher Cerezyme* (imiglucérase) a reculé de 3% à 193 millions d'euros. Dans la maladie de Pompe, Myozyme*/Lumizyme* (alpha alglucosidase) a pris 11,5% à 203 millions et, dans la maladie de Fabry, Fabrazyme* (agalsidase bêta) a gagné 14% à 190 millions.
En immunologie, domaine sur lequel Sanofi mise beaucoup, le traitement de la dermatite atopique Dupixent* (dupilumab, avec Regeneron) a rapporté 26 millions d'euros aux Etats-Unis où il est lancé depuis mars, et le traitement de la polyarthrite rhumatoïde Kevzara* (sarilumab, avec Regeneron) 1 million.
Olivier Brandicourt a fait savoir que 13.000 patients avaient reçu Dupixent* à ce jour aux Etats-Unis et que 5.100 prescripteurs actifs sur un objectif de 7.000 ont été atteints. Il s'est dit "très optimiste" pour le reste de 2017, sans vouloir avancer de prévision chiffrée. Pour Kevzara*, dont le marché est jugé plus concurrentiel que pour Dupixent*, le dirigeant a évoqué un "lancement graduel".

Dengvaxia* au point mort

Du côté des vaccins, Olivier Brandicourt a trouvé "particulièrement plaisante" la hausse de 140% (à taux de change constants) à 135 millions d'euros de l'activité en Europe, région où opérait jusqu'à fin 2016 la coentreprise avec Merck & Co, Sanofi Pasteur-MSD (qui n'était pas consolidée par le groupe français). Les vaccins polio/coqueluche/Hib ont bondi de 38% (en données publiées) à 469 millions, grâce notamment aux commandes en Chine, et les vaccins contre la méningite et la pneumonie ont pris 40% à 195 millions.
Le vaccin contre la dengue Dengvaxia*, sur lequel Sanofi a investi 1,5 milliard d'euros et 20 ans de R&D, poursuit son démarrage catastrophique: il a rapporté 1 million d'euros au deuxième trimestre et 18 millions au total (-10%) sur le premier semestre! Une source syndicale avait indiqué à APMnews en avril que, même en cas de nouveaux programmes de vaccination, les stocks étaient suffisants jusqu'à début 2020, rappelle-t-on (cf dépêche du 28/04/2017 à 12:08).
Les déterminants de la performance de Dengvaxia* sont "toujours les mêmes" et résultent des "conditions économiques dans la plupart des marchés émergents sujets à la maladie", a commenté Olivier Brandicourt. Il a précisé que le million d'euros de CA du deuxième trimestre était "principalement lié à des ventes privées". Le dirigeant a toutefois fait montre d'optimisme car il a décelé "récemment un peu de changement dans l'ouverture de ces marchés", donnant l'exemple du Brésil, l'un des principaux marchés où Sanofi n'a encore pas réussi à s'imposer.
Parmi les produits matures (-2,2% à 2,6 milliards d'euros), Plavix* (clopidogrel) a lâché 1,8% à 385 millions et l'antithrombotique Lovenox* (enoxaparine) -3% à 402 millions. Les traitements de l'hyperphosphorémie Renvela*/Renagel* (sévélamer) ont gagné 19% à 248 millions et l'anti-hypertenseur Avapro*/Aprovel* (irbésartan) 9% à 190 millions.
Par région et hors effets de change, les Etats-Unis ont reculé de 1% à 2,8 milliards d'euros à cause du diabète, les émergents ont bondi de 10,2% à 2,6 milliards et l'Europe a gagné 7% à 2,4 milliards, essentiellement grâce à l'effet de base lié à l'OTC car, à périmètre constant, la baisse est de 1%.
Les frais de R&D ont augmenté de 6,2% à 1,4 milliard d'euros, les dépenses commerciales de 7,1% à 2,6 milliards et les coûts de vente 10,9% à 2,8 milliards.
yb/eh/APMnews

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