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L'Anemf pointe le coût très élevé de la rentrée pour les étudiants en médecine

PARIS, 28 août 2017 (APMnews) - L'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) pointe le coût très élevé de la rentrée 2017 pour les étudiants en médecine, qui s'élève à 5.749 euros pour un étudiant en premier cycle et à 4.026 euros pour un étudiant en première année de deuxième cycle, selon un dossier de presse diffusé lundi.
La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) organise lundi après-midi une conférence de presse au cours de laquelle elle va présenter le coût de la rentrée pour l'ensemble des étudiants. Plusieurs associations membres de la Fage représentant les étudiants en santé doivent communiquer dans ce cadre.
C'est le cas de l'Anemf, qui évalue pour la première fois les différents postes de dépenses pour la rentrée d'un étudiant primo-entrant dans le premier cycle des études médicales, c'est-à-dire en première année commune des études de santé (Paces), et pour un étudiant primo-entrant dans la première année du deuxième cycle des études médicales (DFASM I).
Ces étudiants sont non boursiers et "décohabitants", c'est-à-dire ne vivant plus au domicile familial.
Dans cet indicateur, deux volets sont étudiés:
  • les frais spécifiques de rentrée, intégrant les frais de scolarité, la complémentaire santé, l'assurance logement, les frais d'agence immobilière et le matériel pédagogique
  • les frais de vie courante, intégrant les loyers, les repas, les équipements divers, la téléphonie et internet, les loisirs et les transports.
Pour le premier volet, les frais spécifiques s'élèvent à 6.040 euros en Ile-de-France et 4.490 euros en régions pour les étudiants en Paces et à 3.688 euros en Ile-de-France et 2.890 euros en régions pour les étudiants en DFASM I.
Pour les frais de vie courante, ils sont de 1.156 euros en Ile-de-France, contre 928 euros ailleurs.

Une sélection par l'argent

S'agissant du matériel pédagogique, l'Anemf rappelle que l'entrée dans le premier cycle des études médicales se fait au travers d'une année sélective, qui ne permet qu'à 16% des étudiants d'intégrer la 2ème année d'une filière de santé (dentaire, médecine, pharmacie ou sage-femme).
Pour réussir cette année, la plupart des étudiants ont recours aux tutorats, un service bénévole dispensé par des étudiants des années supérieures à coût réduit (39,55 euros en moyenne sur le territoire français).
Cependant, d'autres étudiants font appel à des organismes privés. L'inscription à l'une de ces prépas privées représente en moyenne 25 fois le montant des frais d'inscription à l'université de Paris pour les non-boursiers et 18 fois dans les autres régions.
De même, le deuxième cycle est associé à la préparation des épreuves classantes nationales informatisées (ECNi), à l'aide de référentiels établis par des collèges de spécialité, qui représentent un investissement moyen de 1.091 euros "si on les achète neufs et en une seule fois". Des organismes privés proposent également des conférences présentielles ou virtuelles et des banques de questionnaires à choix multiples (QCM) en ligne.
L'Anemf estime que l'existence d'organismes privés de préparation aux examens crée un "réel clivage entre les étudiants pouvant les financer et accéder à l'aide qu'elles proposent, ou non". L'association précise qu'elle développe des alternatives de soutien pédagogique aux prépas privées qui préparent aux ECNi.
Elle ajoute qu'elle soutient le développement des tutorats à destination des Paces et des étudiants hospitaliers, et prône un réinvestissement de l'université dans l'accompagnement des étudiants "afin de limiter l'installation des entreprises du secteur privé induisant de fait une forme de sélection par l'argent".
L'Anemf rappelle qu'elle a lancé une concertation nationale sur le deuxième cycle des études médicales afin d'élaborer des propositions en faveur d'un modèle alternatif (cf dépêche du 08/08/2017 à 17:04). Ces propositions seront présentées lors d'Etats généraux du deuxième cycle le 28 octobre à Paris.

Jongler entre deux systèmes

L'Anemf explique, en outre, que les étudiants du premier cycle sont affiliés au régime de sécurité sociale étudiante alors que les étudiants de deuxième en sont exclus et appartiennent au régime général de la sécurité sociale. Pour ces derniers, le total des prélèvements sur l'année est de 500,76 euros, soit 32% du salaire annuel brut d'un étudiant en DFASM I.
L'association déplore que les étudiants soient contraint de "jongler entre ces deux systèmes, avec une transition parfois peu intuitive, qui limite l'accès aux soins". Elle rappelle sa proposition de 2013 de créer une caisse nationale de l'assurance maladie des étudiants (CNAM-E), ciblant différents thèmes: prévention, gestion des risques sanitaires, amélioration de la qualité des services rendus et communication à l’égard des assurés sociaux.
Elle souligne que la population étudiante est "une population à risques spécifiques", avec "différents facteurs de risques de l’anxiété" identifiés, parmi lesquels la fatigue, les violences psychologiques, le manque de soutien des supérieurs hiérarchiques et l’insuffisance d’encadrement en stage et pendant les études.
"Cette dernière se traduit entre autres par le recours aux enseignements privés en parallèle des services universitaires. Les facteurs protecteurs sont le soutien des pairs et les temps d’échanges dédiés", souligne l'Anemf.
L'association indique vouloir "mettre en place un système de parrainage pour les étudiants de deuxième cycle, favorisant la rencontre entre un jeune médecin/interne et un étudiant hospitalier, afin d’améliorer le suivi des étudiants en leur permettant d’avoir un référent, et ainsi lutter contre l’isolement et le burn-out".
Elle souhaite encourager "la mise en place de forums d’aide à l’orientation pour permettre aux étudiants d’être actifs dans la prise de décision concernant leur avenir professionnel". Elle prône aussi la création de bureaux d’interface entre professeurs et étudiants au sein des unités de formation et de recherche (UFR). Ces bureaux seraient dédiés à l'orientation des étudiants mais aussi au soutien psychologique et à l'aide pédagogique.
mh/gb/APMnews

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