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Mélanome de l’uvée: le sunitinib en adjuvant semble allonger la survie

WASHINGTON, 21 septembre 2017 (APMnews) - Le sunitinib (Sutent*, Pfizer) en adjuvant semble allonger la survie globale dans le traitement du mélanome de l’uvée, selon une étude rétrospective publiée dans Ophthalmology.
Le mélanome de l’uvée ne représente que 5% des mélanomes mais il est le premier cancer primaire intraoculaire de l’adulte, avec une incidence de 4,3 cas par million d’habitants. Malgré des traitements efficaces, jusqu’à 50% des patients vont développer des métastases. Il n’existe pas actuellement de traitement adjuvant efficace pour réduire ces évolutions métastatiques.
Le Dr Matias Valsecchi de l’université Thomas Jefferson à Philadelphie (Pennsylvanie) et ses collègues rapportent une étude rétrospective menée auprès des patients avec un mélanome de l’uvée à haut risque de récidive ayant reçu du sunitinib, un inhibiteur de tyrosine kinase homologué dans le traitement de plusieurs cancers, en adjuvant hors autorisation de mise sur le marché (AMM).
Dans la base de données du Wills Eye Hospital à Philadelphie comprenant 1.172 patients traités pour un mélanome de l’uvée, ils ont extrait les dossiers de 54 patients qui avaient reçu du sunitinib en adjuvant à faible dose pendant 6 mois et les ont comparés à 74 contrôles historiques de même niveau de risque.
Les patients du groupe sunitinib avaient de moins bons critères cytogénétiques et moléculaires (monosomie 3 et amplification de 8q ou classe 2 pour 87% vs 57%), des tumeurs de plus petite taille (T3-T4 pour 56% vs 83%) et étaient plus jeunes.
Avec un suivi médian de 52,7 mois, 26% des patients traités par le sunitinib sont décédés contre 50% des patients du groupe contrôle. Les patients plus jeunes en bénéficiaient plus.
En analyse univariée, le sunitinib était associé à une plus longue survie. Le risque de décès était réduit de 47% avec ce traitement adjuvant.
En analyse multivariée, l’interaction entre l’âge et le sunitinib était très significative. Les facteurs prédictifs d’une meilleure survie globale étaient le statut cytogénique/moléculaire, la catégorie de taille, le genre et le sunitinib en adjuvant chez les patients de moins de 60 ans.
Les résultats ont été confirmés par une analyse avec un score de propension.
Seuls 3 patients n’ont pas suivi le traitement pendant les 6 mois, dont 2 à cause de la toxicité.
Dans le groupe sunitinib, la médiane de la survie sans progression était de 58,6 mois. A 5 ans, le taux de survie sans progression était de 91%, 78% à 2 ans, 61% à 3 ans, 53% à 4 ans et 47% à 5 ans.
Il semble intéressant, au vu de ces résultats encourageants, de poursuivre l’évaluation du sunitinib en adjuvant chez les patients à haut risque de récidive, concluent les auteurs. Ils mènent actuellement une étude de validation de phase II randomisée non comparative avec le sunitinib et l’acide valproïque avec la survie globale à 2 et 3 ans comme critère d’évaluation. En fonction des résultats, ils conduiront ou pas un essai de phase III pour comparer le sunitinib à un placebo.
(Ophthalmology, publication en ligne du 19 septembre)
sl/gb/APMnews

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