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Les GHT pas encore devenus l'échelon de définition d'une politique RH (baromètre FHF-Obea)

(Par Sabine NEULAT-ISARD)
PARIS, 9 octobre 2017 (APMnews) - Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) sont bien vus par les directeurs hospitaliers en charge des ressources humaines (RH), mais leur concrétisation se fait encore attendre en termes de définition d'une politique RH, montre le deuxième baromètre "des enjeux RH", réalisé pour la Fédération hospitalière de France (FHF) par le groupe de services Obea.
Les principaux résultats du deuxième baromètre des enjeux RH ont été présentés jeudi lors des Rencontres RH de la santé, organisées par la FHF et l'Association pour le développement des ressources humaines des établissements de santé et sociaux (Adrhess).
Réalisé auprès de l'ensemble des adhérents de la FHF, le baromètre a permis d'obtenir les réponses de 315 responsables (directeurs des ressources humaines [DRH], directeurs des affaires médicales [DAM], directeurs des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux...), a indiqué Luc Vidal, directeur général adjoint d'Obea. Il a observé qu'il y avait eu 25% de répondants de plus que pour l'édition de 2016 (cf dépêche du 04/10/2016 à 09:28). "On couvre la totalité des CHU et 25% des CH", a-t-il souligné, en estimant que les résultats étaient donc "tout à fait pertinents".
Concernant les GHT, le baromètre montre que plus de la moitié des directeurs estiment qu'ils vont améliorer la qualité de la prise en charge des patients (61% au total et 70% des directeurs des établissements supports).
Les GHT sont aussi vécus comme "une opportunité pour l'établissement" (pour 68%, et pour près de 90% des directeurs dans les CHU). Davantage qu'en 2016, ils sont également considérés comme pouvant offrir des perspectives en matière de gestion des ressources humaines (formation, mobilité...).
Luc Vidal a ainsi souligné la "dynamique positive" par rapport aux GHT. "Mais cette dynamique semble assez peu partagée avec les agents", a-t-il nuancé, en ajoutant que les DRH déploraient aussi un "manque d'accompagnement" des établissements sur la mise en place des GHT.
Le baromètre dresse "un autre constat moins positif sur les GHT", par rapport au fait qu'ils "ne constituent pas encore l'échelon de définition des politiques RH". Alors que l'élaboration d'un projet social était prévue dans "nombre de conventions constitutives", "peu" ont été établis.
Les professionnels constatent aussi un manque d'homogénéité des pratiques, notamment sur la rémunération des personnels médicaux, le temps de travail et le protocole RTT, le recrutement des praticiens contractuels ou encore sur la formation. "Cela met à jour des pratiques assez différentes d'un établissement à l'autre avec l'enjeu de les mettre en ligne", a commenté Luc Vidal.

La contrainte budgétaire toujours très forte sur la fonction RH

Sur les autres résultats donnés par le baromètre et en comparaison avec la première édition, Luc Vidal a indiqué qu'un indicateur n'avait "pas beaucoup bougé par rapport à l'an dernier": celui concernant le poids de la contrainte économiques et budgétaire sur la fonction RH. "Pour 86%, même si cette contrainte a légèrement baissé, elle reste très forte et impacte l'action des responsables RH pour 9 répondants sur 10", a-t-il insisté.
"Ce poids des contraintes économiques et budgétaires pèse sur votre confiance dans la santé économique des établissements", a déclaré Luc Vidal à l'attention des responsables hospitaliers réunis jeudi. "On sait qu'on a un retour à l'équilibre en cours mais la confiance dans ce retour et dans la santé économique est plutôt en baisse -de 9 points par rapport à l'an dernier-", a-t-il illustré, tout en notant que ce résultat était "un peu moins critique au sein des CHU".
"De manière logique, les premiers sujets de mobilisation portent toujours sur la maîtrise de la masse salariale pour 8 directeurs sur 10". Si ce résultat est "un peu en baisse dans les CHU", ce sujet reste "principal avec celui de la prévention et la gestion de l'absentéisme".
Trois autres sujets mobilisent aussi les directeurs en charge des ressources humaines: celui de l'organisation et de l'optimisation des organisation du travail (pour 31%), celui des conditions de travail et de la qualité de vie du travail (QVT) (30%) et celui du dialogue social pour ceux qui s'occupent du personnel non médical (30%).
Les résultats de ce baromètre soulignent toutefois une différence entre les priorités quotidiennes imposées aux DRH par la pression économique et le souhait de ces responsables se mobiliser sur les conditions de travail et la QVT, ainsi que sur une réflexion sur l'optimisation de l'organisation du travail, a observé Luc Vidal.
Ces deux derniers sujets, qui apparaissent comme prioritaires aux yeux des DRH, sont suivis par ceux relatifs à l'attractivité et la fidélisation des personnels, ainsi que par celui sur le développement des compétences managériales. "C'est un point crucial dans l'amélioration de l'organisation du travail et de la prévention de l'absentéisme", a-t-il insisté.
Il a ajouté qu'un autre point émergeait dans les souhaits des DRH, celui de la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences.
"Dans ce contexte, on retrouve des professionnels qui ont été fortement mis à l'épreuve mais restent engagés", en particulier dans les valeurs du service public (pour 80% des DRH).
Malgré cet engagement, les responsables font part d'une dégradation des conditions d'exercice, pour le personnel non médical, et d'une augmentation des situations d'insécurité. Les établissements les plus touchés par les situations d'insécurité sont ceux comprenant entre 500 et 2.000 personnes.
Le climat social reste toutefois "globalement bon" avec 77% d'opinions positives. "Cela n'empêche pas d'avoir des blocages sur certains établissements, notamment au sein des CHU où le climat est plus tendu".

Engagement "clair" sur la QVT

L'engagement des établissements sur la qualité de vie au travail est "clair". Trois quarts des personnes ayant répondu ont engagé une démarche de QVT, même si les avancées sont plus ou moins grandes. Des états des lieux ont été réalisés dans trois quarts des établissements qui ont engagé une démarche de QVT. La moitié des états des lieux est réalisé, tandis qu'un quart est en cours.
Le baromètre montre également que s'agissant du personnel médical, un quart des établissements s'est doté d'une instance nouvelle en charge de la QVT. Une telle instance est même présente dans la moitié des CHU avec des avancées sur l'application du décret sur le temps de travail des internes ou sur la formalisation d'une charte sur le temps de travail médical.
En termes de contenu et d'actions de la QVT, trois orientations se dégagent: la réflexion sur l'organisation du travail avec les équipes pour 66%, l'amélioration des pratiques managériales (61% dont 82% dans les CHU) et l'amélioration des conditions de travail (54%).
"On est un peu au milieu du gué car les constats sur les effets au niveau des équipes sont peu nombreux", a observé Luc Vidal.
Au final, "la fonction RH est stratégique pour un peu plus de la moitié des responsables interrogés" et que pour près de la moitié, elle "est mobilisée sur de la gestion".
"On retrouve des inquiétudes sur le rythme des réorganisations pour plus de la moitié d'entre vous, mais un peu plus de confiance sur l'évolution du secteur de la santé [chez 34%, soit 7 points de plus qu'en 2016] et toujours de l'optimisme sur votre avenir professionnel [chez 66%]".
san/vl/APMnews

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