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Décès de Jack Ralite, ancien ministre de la santé

PARIS, 13 novembre 2017 (APMnews) - L'ancien ministre communiste de la santé, entre 1981 et 1983, Jack Ralite est décédé dimanche à l'âge de 89 ans, a annoncé la maire d'Aubervilliers.
Né en 1928 à Châlons-sur-Marne (Marne), Jack Ralite avait adhéré au Parti communiste français en 1947. Journaliste à L’Humanité, il est élu au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959, avant de devenir député communiste en 1973.
Il a été l'un des quatre communistes à entrer au gouvernement de Pierre Mauroy en juin 1981, comme ministre de la santé de 1981 à 1983 puis ministre délégué à l'emploi de 1983 à 1984.
A son arrivée au ministère de la santé, il a commencé un "tour de France de la santé" en septembre et octobre 1981, à l'issue de laquelle une "charte de la santé" a été rédigée en janvier 1982.
"Cette démarche décentralisatrice accordait une visibilité à des territoires délaissés voire sinistrés et soulignait les profondes inégalités en matière de prévention et d’accès aux soins", raconte sa notice dans le dictionnaire biographique du mouvement social, Le Maitron. "Il alla débattre avec les médecins, les personnels hospitaliers, le monde ouvrier et le monde agricole confrontés aux travaux générateurs de pathologies lourdes".
En octobre 1981, il a annoncé dans un discours à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), sa volonté d'abroger la loi de 1838 relative aux internements.
Il a également supprimé le secteur privé à l'hôpital public et lancé une réforme hospitalière qui a rencontré une très vive opposition des médecins. Enfin, il a initié en 1983 un projet de réforme des études médicales qui prévoyait notamment la suppression du clinicat. Ce projet a été vigoureusement contesté par les syndicats d'internes et de chefs de cliniques qui ont organisé une grève qui a duré 42 jours.
La montée de ces contestations ont conduit à son changement de poste dans le gouvernement Mauroy en 1983, avant le départ de tous les ministres communistes du gouvernement en 1984.
Jack Ralite a ensuite été maire d’Aubervilliers de 1984 à 2003 et sénateur de 1995 à 2011.
Passionné par les arts, il a été animateur des états généraux de la culture en 1987 et a siégé au conseil d'administration de plusieurs institutions culturelles.
"L’homme ne manquait ni d’idées ni d’énergie, c’était un infatigable militant politique", a souligné Mériem Derkaoui, maire d'Aubervilliers dans un communiqué. "Son autorité morale et son intransigeance quant au respect de l’égalité et de la dignité humaine forçaient le respect et l’admiration".
"Jack Ralite, humaniste exigeant, militant inlassable, se passionnait également pour la culture, qu'il ne dissociait pas de son engagement politique", a également rappelé le président de la République, Emmanuel Macron, dans un communiqué.
Le président de la Fédération des médecins de France (FMF), le Dr Jean-Paul Hamon, a salué sa mémoire sur le réseau social Twitter: "Jack Ralite faisait partie de cette génération de communistes qui respectait le travail des médecins libéraux. Cet authentique honnête homme avait refusé la légion d’honneur qu’il jugeait galvaudée: respect".
vh/san/APMnews

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