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Guadeloupe: reprise cette semaine de certaines activités du CHU (Pierre Thépot)

POINTE-A-PITRE, 4 décembre 2017 (APMnews) - Une partie du CHU de Guadeloupe, non touchée par l'incendie qui est survenu mardi ou par ses fumées, va pouvoir rouvrir rapidement, a indiqué son directeur général, Pierre Thépot, à APMnews dimanche en fin de journée.
Un incendie survenu dans un local technique mardi 28 novembre en début d'après-midi et ayant provoqué d'intenses dégagements de fumées a conduit à évacuer 1.200 personnes au total, dont plus de 400 patients, rappelle-t-on (cf dépêche du 30/11/2017 à 09:23).
Interrogé mercredi matin (heure métropolitaine) par APMnews, le directeur général du CHU avait indiqué qu'il ignorait jusqu'à quand le CHU allait rester fermé. Il avait par ailleurs annoncé la décision, prise avec les pouvoirs publics, de demander à la sécurité civile d'installer un "hôpital de campagne projetable" ("Escrim") pouvant accueillir des patients, notamment pour les urgences (cf dépêche du 29/11/2017 à 13:04).
Cet hôpital provisoire a été installé en seulement une douzaine d'heures sur le parking du CHU, derrière le bâtiment de l'Etablissement français du sang (EFS). Il pourra notamment accueillir jusqu'à 150 patients par jour aux urgences.
"On ouvre le service d'urgences d'Escrim ce soir [dimanche] à 19 heures", a annoncé Pierre Thépot à APMnews. Les "grosses" urgences resteront accueillies à la clinique des Eaux-Claires mais Escrim prendra en charge des urgences pédiatriques à partir de lundi.
S'agissant du CHU, le directeur général a indiqué que l'activité du caisson hyperbare avait repris dimanche et qu'une partie de l'établissement, baptisée la Tour Nord, avait fait l'objet d'un nettoyage et réouvrirait mardi. Ses locaux offriront une capacité de 80 lits d'hospitalisation, s'est-il félicité.
D'autres activités, présentes dans des locaux qui n'ont pas été envahis par la fumée, vont reprendre lundi ou mardi, comme la radiothérapie, la chimiothérapie, la radiologie et la médecine nucléaire. Une reprise de la coronarographie est également espérée dans les jours qui viennent.
"Nous procédons à des analyses techniques pour savoir quelle partie de la réanimation nous pourrions reprendre, nous espérons, dans la semaine", a ajouté Pierre Thépot.
En revanche, le bloc opératoire est "hors de service de manière durable". "Le ministère va envoyer une expertise technique pour déterminer les besoins en capacités modulaires", a-t-il souligné.
Il a précisé que le CHU de Martinique accueillait des patients qui ont besoin de "certaines spécialités chirurgicales ou d'être en réanimation".
Il a aussi rappelé la mobilisation des autres établissements hospitaliers, publics et privés, de Guadeloupe, notamment dans le domaine obstétrical avec le centre hospitalier (CH) de Basse-Terre, qui dispose d'une maternité de niveau 3, et avec deux cliniques, qui ont aussi une maternité.
Le CH de Basse-Terre a accueilli 68 patients évacués du CHU, "soit un tiers de sa capacité d'accueil", a précisé Agnès Buzyn sur Twitter.
Lors de sa venue, la ministre des solidarités et de la santé s'est d'ailleurs rendue dans ces différents établissements.
Dès son arrivée jeudi, elle est allée directement sur place pour féliciter les équipes qui ont géré l'incendie et faire un point de la situation. Vendredi matin, elle a visité les lieux pour se rendre compte des dégâts avant une réunion avec le conseil de surveillance de l'hôpital. Elle s'est ensuite rendue dans les établissements qui ont accueilli les personnes évacuées.
A l'issue de sa visite au CHU, Agnès Buzyn, a annoncé une aide financière de l'Etat pour aider l'hôpital et a espéré un diagnostic de sécurité dans les plus brefs délais afin "de voir ce qu'il est possible de réhabiliter dans les locaux", a rapporté le quotidien France-Antilles au cours du week-end, en citant la ministre.

Un technicien gravement intoxiqué

Par ailleurs, Pierre Thépot, comme il l'a indiqué sur Twitter au cours du week-end, a confirmé à APMnews qu'un technicien du CHU avait été hospitalisé à la clinique des Eaux-Claires après avoir présenté des phénomènes respiratoires "inquiétants" deux jours après l'incendie. Cet agent était présent sur le lieu de déclenchement de l'incendie et allait bien le soir même, a expliqué le directeur général.
L'état de cet agent, qui a été placé en coma artificiel, était jugé "stable", a précisé le CHU dans un communiqué diffusé dimanche soir avec l'agence régionale de santé (ARS). "L'équipe médicale qui assure sa prise en charge envisage de procéder à son évaluation clinique post-réanimation dans les prochaines heures", a-t-il ajouté.
Un incident électrique a été détecté et maîtrisé en début d'après-midi par les équipes de sécurité du CHU avant l'intervention des pompiers. Une enquête est en cours.
Pierre Thépot a souligné auprès d'APMnews la très forte mobilisation des équipes face à une crise qu'il qualifie de "hors norme".
Il a aussi salué le "soutien" manifesté par toutes les structures sanitaires de l'île, publiques, privées ou libérales. "Tout le monde est au rendez-vous. La coopération est exemplaire. Et la population est extrêmement disciplinée", a-t-il assuré.
san-sl/gb/APMnews

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