dépêche

 - 

Le statut VIH+ associé à un risque doublé d'AVC ischémique chez les femmes

WASHINGTON, 4 janvier 2018 (APMnews) - Les femmes infectées par le VIH sont plus sujettes aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques que les femmes séronégatives, avec un risque quasiment doublé y compris après ajustement sur les facteurs de risque spécifiquement liés au sexe féminin, indique une étude américaine publiée dans AIDS.
De précédentes études ont montré que les taux d'AVC ischémiques étaient plus importants chez les personnes infectées par le VIH, et en particulier chez les femmes séropositives, mais l'influence de facteurs de risque liés au sexe féminin, tels que la ménopause ou la grossesse, n'a jamais été évaluée.
L'objectif de cette étude épidémiologique, menée par Felicia Chow de l'université de Californie à San Francisco et ses collègues, était de déterminer si le risque augmenté d'AVC ischémique chez les femmes séropositives était toujours présent après ajustement sur les facteurs de risque, dont ceux spécifiquement liés au sexe.
Pour cela, ils ont analysé les données de 1.214 femmes séropositives et 12.041 femmes séronégatives de la cohorte PARTNERS HIV, suivies pendant 7 ans en médiane entre 1996 et 2011.
Un total de 196 AVC ischémiques sont survenus sur cette période, soit un taux de 1,99 pour 1.000 personnes-années. Avec 37 cas sur 196, le taux d'AVC ischémique était de 4,24 pour 1.000 personnes-années chez les séropositives, contre 1,77 pour 1.000 personnes-années chez les séronégatives (159 cas), soit une incidence multipliée par 2,4 dans le groupe VIH+.
L'analyse par un modèle de régression non ajusté a permis d'identifier un risque d'AVC ischémique multiplié par 2,5 chez les femmes VIH+. Après ajustement sur des covariables démographiques et "traditionnelles" -dont l'âge, la consommation de tabac, le diabète ou encore la consommation de statines-, le statut VIH était toujours associé à un risque plus élevé d'AVC ischémique, avec une augmentation d'un facteur 1,93 pour les séropositives.
Les chercheurs ont alors procédé à une analyse multivariée incluant de surcroît des facteurs de risque spécifiques au sexe féminin: ménopause, consommation d'estrogènes, grossesses passées, événements de pré-éclampsie et d'éclampsie, troubles de la coagulation sanguine, migraines, dépression et anxiété. L'association entre séropositivité et risque d'AVC restait présente, avec un facteur d'augmentation du risque de 1,89 chez les femmes infectées par le VIH.
Au sein du groupe de femmes séropositives, le fait d'avoir reçu une thérapie antirétrovirale pour une durée plus longue était associé à une diminution du risque d'AVC ischémique. Chaque année sous thérapie réduisait ce risque de 13%. A l'inverse, le risque était quasiment triplé en cas d'antécédent de cancer ou d'infection opportuniste du système nerveux central.
"Etant donné que les femmes représentent plus de la moitié de la population touchée par le VIH, il est impératif de mettre en place de nouvelles recherches afin de déterminer leurs facteurs de risque d'AVC ischémique", en analysant notamment le rôle de l'activation immunitaire, de l'inflammation et de la déplétion en estrogènes au cours de la ménopause, concluent les auteurs.
(AIDS, 2018, vol.32, n°1, p59-67)
sb/cd/APMnews

[SB1P20UQJ]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jours sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi