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Le CHU de Clermont-Ferrand va négocier en 2018 un nouveau contrat de retour à l'équilibre financier (Cref)

CLERMONT-FERRAND, 9 janvier 2018 (APMnews) - Le CHU de Clermont-Ferrand, qui a connu un creusement de son déficit en 2017, va négocier en 2018 un nouveau contrat de retour à l'équilibre financier (Cref), a annoncé lundi son directeur général, Didier Hoeltgen, lors de la cérémonie des voeux.
En 2017, même si une hausse est constatée "dans certains domaines, comme les urgences, les hospitalisations non complètes et les hospitalisations externes", l'activité "a marqué le pas dans certains pôles", a déclaré Didier Hoeltgen dans un discours dont APMnews a eu copie, où il évoque une baisse de 1% de l'hospitalisation complète et de 3,9% concernant les accouchements.
"A partir de cette activité, l'exécution de l'exercice 2017 a été marquée par une diminution des recettes issues de l'hospitalisation complète mais une hausse des dépenses de fonctionnement et, par conséquence, une grande difficulté à redresser le déficit", a-t-il observé.
Cette situation conduit le CHU à enregistrer un déficit de 11 millions € pour 2017, celui-ci venant s'ajouter au déficit de 9 millions de 2016. Le résultat de 2017 ne représente qu'1,5% du budget global de l'établissement (de l'ordre de 700 millions €), mais il se révèle "lourd à porter", a souligné le directeur général. Sans donner de chiffres, il a aussi évoqué une diminution du taux de marge brute ainsi qu'"une décroissance de la dette".
En pratique, ces résultats engendrent de "grandes difficultés pour investir", l'investissement du CHU "ne se révélant pas assez conséquent pour porter l'entretien lourd de nos grands projets", a-t-il déploré. Ils ont aussi des conséquences sur "la maintenance et la rénovation nécessaire de nos installations".
Les résultats ne s'avèrent "pas suffisants pour lancer les grosses opérations de travaux d'investissements nécessaires, au premier rang desquels figurent GM3 [Gabriel-Montpied] (cf dépêche du 07/06/2017 à 19:24), la rénovation de la psychiatrie et l'équipement biomédical" ou pour maintenir la capacité d'autofinancement (CAF), a-t-il regretté, en pointant également de "grandes difficultés" pour régler les charges et les taxes sur les salaires.
Didier Hoeltgen, qui a été nommé à la tête de l'établissement en décembre 2016 (cf dépêche du 19/12/2016 à 09:21), a cependant relevé des points positifs concernant l'exercice 2017, comme la certification des comptes avec une seule réserve, contre deux pour l'exercice précédent.
Le CHU a aussi consolidé son pilotage médico-économique et amélioré sa chaîne de facturation et de recouvrement, ce qui lui a permis de "diviser par deux les retards et de recouvrer plus de 2 millions € d'arriérés auprès des mutuelles".
Didier Hoeltgen a par ailleurs mentionné une année 2017 "conséquente" en matière de ressources humaines. Il a notamment cité 782 arrivées parmi le personnel permanent et non permanent et 181 départs parmi le personnel permanent titulaire, ainsi qu'un nombre de départs en formation qui a atteint les 4.824.
Il a évoqué le lancement du schéma directeur d'information, la certification par la Haute autorité de santé (HAS), une activité de recherche clinique qui est restée "soutenue", la poursuite d'opérations immobilières, comme les travaux de désamiantage, ou encore la participation du CHU au groupement hospitalier de territoire (GHT) "Territoires d'Auvergne" et la rédaction du projet médical partagé "en six mois".

Un "défi financier" à relever en 2018

En 2018, le CHU, qui avait signé un Cref pour la période 2013-2016, devra tout d'abord faire face à un "défi financier", a déclaré le directeur général. Il devra négocier un nouveau Cref "en proposant une trajectoire où le taux de marge brute devra être amélioré en atteignant d'abord un palier de 5,5% pour tendre vers 8%".
Le contrat prévoira aussi "de nombreuses réorganisations, dont celles des hôpitaux de semaine et des hôpitaux de jour, des soins critiques, de la chirurgie ambulatoire" ainsi qu'une "adaptation des effectifs à l'activité".
Il a précisé que la dernière version du Cref s'articulait autour de 6 axes:
  • l'optimisation de l'utilisation des lits
  • le développement des activités médicales et techniques en lien notamment avec le GHT
  • les actions d'optimisation de la gestion financière, administrative et logistiques
  • un "plan d'optimisation de la masse salariale médicale et non médicale", avec une hausse contenue à "environ 1% voire moins"
  • la "modernisation" de la prise en charge des patients
  • la "consolidation de l'hôpital Nord, rebaptisé "Louise-Michel".
"La reconstitution d'une marge suffisante pour créer un autofinancement s'avère une condition majeure pour la construction du [bâtiment] GM3 [Gabriel-Montpied] et pour le financement de tous les investissements du CHU", a insisté Didier Hoeltgen.

Un nouveau projet d'établissement

En 2018, le CHU établira son nouveau projet d'établissement, en particulier son nouveau projet médical.
A ce titre, le bâtiment Gabriel-Montpied "doit se révéler être un levier de réorganisation", a souligné le directeur général, qui a précisé que ce nouvel hôpital accueillera les urgences "réorganisées et rénovées", une hélistation, des services de médecine, une plateforme d'oncologie et un service de dialyse.
L'hôpital Estaing sera pour sa part tourné vers la mère et l'enfant avec des urgences, une réanimation et des plateaux techniques et spécifiques, de la médecine et des chirurgies de spécialités "favorables à l’essor de la chirurgie ambulatoire", ainsi qu'un pôle de gastro-entérologie. Il "sera sans doute renforcé par plusieurs service de médecine, afin de libérer de la place au sein de Gabriel-Montpied".
L'hôpital Louise-Michel proposera de son côté des soins de suite et des soins de gérontologie et de longue durée en lien avec l'hôpital de Riom (Puy-de-Dôme).
Au plan des travaux, 2018 va être marquée par le déploiement de certains projets qui doivent permettre de "faire avancer les conditions d’hôtellerie et de prise en charge des patients", a indiqué le directeur général.
Le CHU va ainsi revoir les conditions d’aménagement de chambres à 2 lits (ou 1 lit) par la suppression des chambres à 4 lits en psychiatrie, réorganiser des locaux de pneumologie ou encore mener une réflexion technique sur le site Louise-Michel pour l’aménagement de ses locaux abritant les diverses activités et l’aménagement des conditions de travail. "La sécurisation des sites, comme des conditions de travail, doit être poursuivie", a ajouté Didier Hoeltgen. "A ce titre, une demande supplémentaire sera effectuée pour obtenir des crédits à la hauteur de la complexité de la sécurisation des installations à effectuer."

Une réflexion sur l'organisation des soins et l'utilisation des ressources

2018 sera aussi marquée, pour le CHU de Clermont-Ferrand, par l'entrée de son GHT dans "une phase opérationnelle" et par la signature, en février, de sa convention hospitalo-universitaire, corédigée avec le centre de lutte contre le cancer (CLCC) Jean-Perrin et l'université Clermont-Auvergne.
"Cette convention a pour ambition de renouveler et de renforcer notre partenariat avec l’université". Conclue pour une durée de cinq ans, elle prévoira "une coopération accrue en matière de formation" et "une collaboration renforcée en matière de recherche", a précisé le directeur général, qui a rappelé que le CHU accueillait plus de 800 étudiants et 600 internes et que près de 1.000 étudiants étaient formés chaque année par ses écoles et instituts de formation.
Lors de son discours, Didier Hoeltgen a aussi annoncé une réflexion concernant l'organisation des soins, "non seulement sur la répartition des disciplines sur les sites mais aussi sur les ressources" qui sont utilisées.
Elle devra conduire à se poser des questions, comme "pourquoi 18 postes d’IDE [infirmier diplôme d'Etat] sont consacrés à 28 lits dans telle discipline et pourquoi avec le même nombre de lits dans d’autres disciplines, l’effectif n’est seulement que de 14 IDE?" ou "pourquoi, par rapport à des effectifs normés, notre CHU se révèle bien au-dessus de la norme française?".
"Nos modes d'organisation doivent être questionnés avec le corps médical et les cadres hospitaliers" et il faut s'interroger également sur l'éventuel remplacement de l'hospitalisation de semaine par l'hospitalisation de jour ou sur une meilleure organisation de la chirurgie ambulatoire, a poursuivi le responsable.
Insistant sur le nécessaire "engagement" des cadres, il a précisé qu'il rencontrerait, comme il l'avait promis, "chacun des cadres supérieurs de santé" du CHU.
san/gb/APMnews

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