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En France, le bénéfice économique des génériques d'antirétroviraux surtout lié à des baisses de prix des princeps

WASHINGTON, 16 janvier 2018 (APMnews) - L'arrivée de génériques de plusieurs antirétroviraux en France a apporté un bénéfice économique dans la période 2013-2015, mais qui était surtout dû aux baisses de prix des produits princeps qui ont suivi ces arrivées, la substitution étant peu pratiquée, montre une étude économique européenne publiée dans Health Policy.
Dans une étude sur 14 pays européen, l'équipe du CHU de Toulouse s'est intéressée de plus près à 3 pays: la France, la République tchèque et le Danemark.
Dans la période concernée, étaient disponibles des génériques de la lamivudine, de zidovudine/lamivudine, de la névirapine et de l'éfavirenz, ainsi que du ténofovir à partir de 2014 en République tchèque.
L'arrivée des génériques a été associée à des économies dans les 3 pays, mais la façon dont ces économies ont été générées est très différente dans les 3 pays.
Au Danemark, il y a eu pratiquement 100% de substitution générique. Les 881.000 € d'économies ont été très majoritairement obtenus grâce à la substitution (861.000 €). Seuls 20.000 € d'économies étaient liés à une baisse de prix de l'éfavirenz princeps.
En France en revanche, sur 33,7 millions d'euros d'économies réalisées, 27,5 millions résultaient de baisses de prix des princeps, et seulement 6,2 millions de l'utilisation des génériques, le niveau de substitution en France étant faible.
En République tchèque, la situation est particulière: certains princeps ont vu leur prix massivement diminuer (l'association zidovudine/lamivudine -Combivir*, Viiv Healthcare- passant par exemple de 170 € par boîte en 2012 à 54 € en 2015), et certains génériques ont eu en conséquence des prix... plus élevés que les princeps.
Une économie de 1,6 million d'euros a été réalisée dans ce pays: elle était la résultante d'une baisse de 1,7 million d'euros grâce aux baisses de prix des princeps, et de façon paradoxale d'une augmentation de près de 100.000 € liée à la substitution générique.
Les auteurs notent toutefois que le coût global de l'ensemble des traitements antirétroviraux dans les 3 pays n'a pas varié notablement durant la période étudiée. "Cela pourrait être expliqué par le nombre limité de générique disponibles, leur faible taux d'utilisation [du moins en France, ndr] et l'utilisation de nouveaux antirétroviraux coûteux", comme les inhibiteurs d'intégrase.
Concernant la France, ils rappellent une enquête qu'ils avaient menée en Midi-Pyrénées, montrant une substitution générique limitée: seuls 165 patients VIH+ éligibles à recevoir des génériques de certains antirétroviraux en avaient reçu alors que 451 autres n'en avaient pas reçu.
Ils notent toutefois que ce n'est que depuis les recommandations de 2016 que la prise en compte du coût des traitements dans le choix de prescription est mentionnée. La substitution reste à l'appréciation du médecin et dépend également de l'acceptation du patient, notent-ils.
Il faut "un renforcement des politiques pour promouvoir l'utilisation de génériques afin de diminuer de façon plus importante le coût des traitements antirétroviraux, particulièrement en France", concluent-ils.
(Health Policy, publication en ligne du 11 janvier)
fb/vib/APMnews

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