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BPCO: la trithérapie Trimbow* supérieure à la bithérapie Ultibro* sur les exacerbations

LONDRES, 12 février 2018 (APMnews) - La trithérapie fixe de béclométasone, formotérol et glycopyrronium (Trimbow*, Chiesi) s'est montrée supérieure à la bithérapie fixe d'indacatérol et glycopyrronium (Ultibro*, Novartis) sur le taux d'exacerbations chez des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sévère à très sévère, selon les résultats d'un essai clinique de phase III publiés dans The Lancet.
"Cette étude aide à combler certains manques de preuves dans la prise en charge de la BPCO, en montrant le bénéfice d'ajouter un corticoïde inhalé aux patients qui continuent à avoir des exacerbations malgré une bronchodilatation double", commente le directeur médical et responsable du développement clinique mondial pour Chiesi, lundi dans un communiqué du groupe italien. Celui-ci avait annoncé le succès de l'étude TRIBUTE en septembre 2017 sans donner le détail des résultats (cf dépêche du 08/09/2017 à 10:51).
Le critère principal a été atteint, avec une réduction significative de 15% du taux des exacerbations modérées à sévères avec Trimbow* par rapport à l'association indacatérol + glycopyrronium. En outre, Trimbow* était supérieur à la bithérapie en termes de fonction pulmonaire et de qualité de vie associée à la santé, se félicite le laboratoire dans son communiqué.
Dans l'article paru en ligne vendredi dans The Lancet, le Pr Alberto Papi de l'université de Ferrara et ses collègues rappellent que cette étude internationale a porté sur 1.532 patients avec une BPCO symptomatique, une obstruction bronchique sévère à très sévère, au moins une exacerbation modérée ou sévère au cours de l'année précédant l'inclusion et un traitement de fond inhalé.
Après une période initiale de deux semaines avec la bithérapie indacatérol + glycopyrronium (85 µg/43 µg) à une prise par jour, les patients ont été randomisés en double aveugle entre la poursuite de ce traitement et la trithérapie béclométasone + formotérol + glycopyrronium (87/5/9 µg), deux fois par jour, pendant un an.
A l'issue de l'étude, le taux ajusté des exacerbations modérées à sévères était de 0,50 par patient et par an avec la trithérapie, contre 0,59 avec la bithérapie. Le rapport des taux était de 0,848, en faveur de la trithérapie.
En revanche, les critères secondaires mentionnés dans le registre américain des essais cliniques ClinicalTrials.gov n'étaient pas tous atteints, note-t-on: le délai jusqu'à la prochaine exacerbation modérée à sévère était similaire entre les deux groupes et le taux des exacerbations modérées, d'une part, et sévères, d'autre part, a baissé avec la trithérapie, de respectivement 13% et 32% par rapport à la bithérapie, mais sans différence significative.
La fonction pulmonaire évaluée par le volume maximal en une seconde (VEMS) pré-dose était meilleure avec la trithérapie mais uniquement aux semaines 12 et 40. La moyenne sur l'ensemble de la période d'étude était aussi en faveur de la trithérapie, avec une différence de 22 ml.
A la fin de l'étude, le score total SGRQ de qualité de vie était de 311 points chez les patients traités par trithérapie, contre 279 points pour ceux ayant reçu la bithérapie.
Selon les données de sécurité, la trithérapie a été globalement bien tolérée, avec un taux de pneumonie similaire parmi les patients traités par bithérapie, de 4%. Un seul événement indésirable grave est survenu dans chaque groupe: un cas de dysurie chez un patient recevant la trithérapie et une fibrillation atriale chez un sous bithérapie.
Ces résultats suggèrent que pour les patients avec une BPCO symptomatique, un VEMS inférieur de 50% à la valeur prédite et des exacerbations persistantes malgré un traitement de fond, la trithérapie avec des particules extrafines inhalées était plus efficace pour réduire le risque d'exacerbations modérées à sévères sans augmenter le risque de pneumonie, concluent les chercheurs.

Des données intéressantes mais...

Dans un éditorial associé, Alvar Agusti de l'université de Barcelone estime que ces données sont "une contribution importante à la prise en charge de la BPCO" car elles semblent être les premières publiées à évaluer une trithérapie par rapport une bithérapie et qu'elles soutiennent les recommandations internationales GOLD.
"Cependant, un certain nombre de points nécessite un examen attentif", ajoute-t-il. Le critère principal d'évaluation est atteint mais "surtout, les différences n'étaient pas significatives lorsque les exacerbations modérées et sévères ont été analysées séparément ou lorsque le délai jusqu'à l'exacerbation suivante a été considérée".
Le chercheur note également une incidence initiale d'exacerbations faible dans les deux groupes, "ce qui suggère que même si la trithérapie réduit de manière significative le taux annuel des exacerbations par rapport à la bithérapie, le traitement devra être maintenu pendant plusieurs années afin de prévenir une seule exacerbation".
Toutefois, aux doses de corticoïde administrées, il est important que l'incidence des pneumonies ne soit pas accrue, souligne Alvar Agusti.
Enfin, il souligne que ces résultats concernent des patients avec une BPCO sévère à très sévère et qu'ils ne peuvent être généralisés à des stades moins avancés de la maladie. La publication des résultats de l'étude IMPACT de GlaxoSmithKline comparant sa trithérapie fluticasone + vilantérol + uméclidinium (Trelegy*, avec l'inhalateur Ellipta*) à ses bithérapies uméclidinium + vilantérol (Anoro*) et fluticasone + vilantérol (Relvar*/Breo* aux Etats-Unis), permettra d'aider à positionner la trithérapie fixe dans la prise en charge de la BPCO, ajoute-t-il.
GSK et son partenaire Innova avaient annoncé des résultats positifs pour la trithérapie Trelegy* en septembre 2017, à la fois sur le critère principal et les critères secondaires mais chez des patients atteints de BPCO modérée à très sévère, rappelle-t-on (cf dépêche du 20/09/2017 à 10:24).
(The Lancet, édition en ligne du 9 février)
ld/vib/APMnews

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