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Risque potentiel d'allergie alimentaire chez les enfants exposés in utero aux folates

ORLANDO (Floride), 5 mars 2018 (APMnews) - La supplémentation en folates au cours de la grossesse est associée à un risque accru d'allergie alimentaire chez l'enfant, suggère une étude américaine présentée samedi au congrès commun de l'American Academy of Allergy, Asthma & Immunology (AAAAI) et de la World Allergy Organization (WAO) à Orlando.
Une supplémentation en folates, acide folique ou vitamine B9, est recommandée aux femmes enceintes en prévention des défauts de fermeture du tube neural (spina bifida en particulier) chez l'embryon. Consommés en grandes quantités, ces folates ne sont métabolisés que partiellement et une partie se retrouve dans le sang circulant, rappellent les deux sociétés savantes dans un communiqué.
De précédentes données ont suggéré que l'acide folique est un facteur de risque potentiel de développement de maladies allergiques, mais l'association du risque d'allergie alimentaire en particulier avec le taux total de folates, le taux du métabolite (l'acide 5-méthyltétrahydrofolique ou 5-MTHF) et le taux de folates non métabolisés chez le nouveau-né n'a pas été étudiée, indiquent le Dr Emily McGowan de l'University of Virginia School of Medicine à Charlottesville et ses collègues dans le résumé de leur communication orale.
Pour en savoir plus, ils ont mené une étude cas-contrôles à partir d'une cohorte de 1.394 enfants nés à Boston et suivis depuis leur naissance. Les taux de folates total, de 5-MTHF et de folates non métabolisés ont été mesurés à la naissance chez 502 d'entre eux et au cours des premières années de vie chez 362. L'alimentation, l'histoire clinique et les taux d'immunoglobulines E (IgE) spécifiques à des allergènes alimentaires ont également été documentés au cours des premières années de vie.
Dans la cohorte, 36% des enfants présentaient une sensibilisation à des allergènes alimentaires et 5,6% une allergie alimentaire.
Selon l'analyse des données, le taux de folates total moyen à la naissance était significativement moins élevé au plan statistique parmi les enfants ayant développé une allergie alimentaire, de 30,2 nmol/L, contre 35,3 nmol/L chez ceux sans allergie et sans sensibilisation.
A l'opposé, le taux de folates non métabolisés était significativement plus élevé à la naissance chez les enfants avec une allergie alimentaire, de 1,7 nmol/L en moyenne, contre 1,3 nmol/L.
Les taux de folates non métabolisés les plus élevés étaient fortement associés aux allergies alimentaires, avec un risque relatif rapproché (OR) de 9,4 par rapport aux taux les plus bas.
Les résultats n'ont pas mis en évidence d'association entre les taux de folates total, du métabolite ou des folates non métabolisés au cours des premières années de vie et le risque d'allergie alimentaire.
Dans cette cohorte, un taux plus élevé de folates non métabolisés à la naissance était associé à un risque de développer des allergies alimentaires, ce qui suggère que ces enfants ont été exposés in utero à des quantités plus importantes de folates ou qu'ils présentent des prédispositions génétiques, commentent les chercheurs.
D'autres études sont nécessaires pour notamment savoir si les mères ont d'autres sources de folates que la supplémentation, comme certains légumes verts, agrumes ou légumineuses, ajoute l'un des auteurs, le Dr Corinne Keet de la Johns Hopkins School of Medicine à Baltimore, dans le communiqué de l'AAAAI et de la WAO.
ld/gb/APMnews

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