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Diabète: moins d’hypoglycémies chez les femmes enceintes dotées d’une pompe en boucle fermée

WASHINGTON, 20 mars 2018 (APMnews) - Les femmes enceintes diabétiques de type 1 dotées d’une pompe à insuline en boucle fermée présentent un équilibre glycémique comparable mais moins d’hypoglycémies qu’avec une pompe classique, selon une petite étude préliminaire parue dans Diabetes Care.
La pompe à insuline en boucle fermée -le fonctionnement qui s’approche le mieux actuellement d’un pancréas artificiel- a été évaluée jusqu’à présent chez des diabétiques de type 1 relativement mal équilibrés.
Elle l’a été d’abord chez l’adulte, puis chez l’enfant et l’adolescent, dans des conditions de complexité croissante (ex: étude lors d’un stage de ski et snowboard intensif, cf dépêche du 18/09/2017 à 11:51).
Dans cette nouvelle étude de phase IIa, Zoe Stewart de l’université de Cambridge et ses collègues, s’intéressent à une nouvelle cible: les femmes enceintes, chez lesquelles l’équilibre glycémique est particulièrement important.
Elle fait suite à deux études préliminaires destinées à montrer la capacité du dispositif en boucle fermée à ajuster la délivrance d’insuline au cours de la nuit (dépêche du 26/01/2011 à 16:24) et pendant plus de 24 h -mais à l’hôpital et non en conditions de vie normale (cf dépêche du 07/11/2011 à 09:15).
La comparaison avec le fonctionnement classique de la pompe a été réalisée en cross-over chez 16 femmes enceintes présentant un taux d’hémoglobine glyquée de 8% en moyenne.
Contrairement à la majorité des études de ce type, 50% des femmes n’étaient pas traitées par pompe et plus de 80% n’avaient pas de capteur de glycémie en continu au préalable, soulignent les auteurs.
La pompe a fonctionné dans un mode puis dans l’autre pendant des périodes d'un mois, les patientes pouvant, si elles le souhaitaient, rester en boucle fermée ou réactiver ce mode à l’issue de l’essai, jusqu’à 6 semaines post-partum. Cela a été le cas de 75% d’entre elles, malgré les fréquents problèmes techniques rencontrés avec le prototype de pompe en boucle fermée au cours de l’essai.
Le critère primaire, à savoir le pourcentage de temps passé à la cible, s’est montré comparable avec les deux modes de fonctionnement : 62,3% en boucle fermée contre 60,1% en mode classique.
Les auteurs notent que la qualité du contrôle glycémique atteinte en mode classique a été particulièrement élevée dans leur étude, laissant peu de marge d’amélioration en boucle fermée. D’autant que les problèmes techniques rencontrés ont limité le temps réellement passé en boucle fermée.
La moyenne glycémique ne différait pas (1,3 g/l dans les deux cas), tout comme le temps passé en hyperglycémie (>1,4 g/l) : 36,6% du temps en boucle fermée contre 36,1% en mode classique.
En revanche, significativement moins d’hypoglycémies sont survenues en boucle fermée (8 épisodes en 28 jours contre 12,5).
De même, moins de temps a été passé avec des glycémies inférieures à 0,63 g/l -1,6% contre 2,7%- et inférieures à 0,5 g/l -0,24% contre 0,47%.
Un moindre Low blood glucose index (LBGI) -indice de variabilité glycémique qui intègre à la fois la fréquence et le degré des hypoglycémies- a été relevé en boucle fermée: le LBGI était de 1 avec la boucle fermée contre 1,4 avec la boucle ouverte.
Enfin, moins d’hypoglycémies nocturnes ont été relevées (1,1% contre 2,7%) et une tendance vers davantage de temps passé à la cible au cours de la nuit (67,7% contre 80,6%) se dégage.
Des essais plus importants sont désormais nécessaires pour confirmer ces résultats et prouver l’intérêt de la boucle fermée sur le contrôle du diabète au cours de la grossesse et sur le risque de complications néonatales.
(Diabetes Care, édition en ligne du 13 mars 2018)
arg/fb/APMnews

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