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Un jeune sur cinq pense que la pilule du lendemain prévient l'infection par le VIH

PARIS, 21 mars 2018 (APMnews) - Prévention de l'infection par la pilule du lendemain, transmission du VIH en embrassant une personne séropositive ou au contact de sa transpiration... de nombreuses fausses croyances et idées reçues sur l'infection par le VIH persistent dans l'esprit des jeunes, révèle une enquête diffusée mercredi en amont du week-end Sidaction organisé de vendredi à dimanche.
Le sondage a été conduit en février par Ifop-Bilendi réalisée pour l'association Sidaction auprès d'un panel représentatif de 1.002 personnes âgées de 15 à 24 ans, avec un questionnaire auto-administré en ligne.
Selon les résultats, le nombre de jeunes qui estiment que la pilule contraceptive d'urgence peut empêcher la transmission du virus a quasiment doublé en trois ans: il est passé de 10% en 2015 à 19% en 2018.
De plus, 21% pensent que le VIH peut se transmettre en embrassant une personne séropositive, alors qu'ils étaient 15% en 2015. S'agissant d'une transmission au travers d'un contact par la transpiration, ils sont 18% à penser que cela est possible, contre 10% en 2015.
Alors que ces idées reçues et fausses croyances prennent une place de plus en plus importante dans l'esprit des jeunes, le sondage révèle qu'ils affichent une certaine défiance vis-à-vis des informations délivrées au sujet du VIH: seuls 54% et 51% accordent leur confiance aux messages transmis respectivement sur les sites internet spécialisés et dans les médias traditionnels.
Pour autant, ces modes d'information font partie des plus utilisés par les jeunes (30% pour les sites internet et 22% pour les médias traditionnels). Pour les forums et les réseaux sociaux, ils ne sont respectivement que 31% et 22% à leur faire confiance.
Par ailleurs, deux tiers des jeunes estiment que l'Education nationale "n'en fait pas suffisamment" en matière d'information sur le VIH/sida. Le constat est le même au sujet des élus locaux (75%) et du pouvoir public (72%). Les sondés étaient 15% à n'avoir jamais bénéficié d'un enseignement au cours de leur scolarité.
Globalement, ils étaient 20% à estimer être mal informés sur le VIH.

Comportements à risque

Par rapport à 2009, le nombre de jeunes considérant qu'il "existe des médicaments pour guérir du sida" a doublé: il est passé de 13% en 2009 à 26% dans le dernier sondage.
Pour l'association Sidaction, "il semblerait que les avancées en matière de recherche médicale aient entraîné une baisse de la vigilance des jeunes face aux risques de contamination par le VIH". Les pratiques sexuelles à risque sont en effet toujours d'actualité: 14% des sondés admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d'être contaminé par le VIH, mais ils n'étaient que 39% à avoir réalisé un test de dépistage à la suite de cette exposition. En outre, 42% des jeunes se sont dits mal informés quant aux lieux de dépistage.
"Il est urgent de reprendre les fondamentaux en terme d'information et de prévention", a commenté la directrice générale de Sidaction, Florence Thune, dans un communiqué de l'association diffusé mercredi.
"Il faut faire circuler des messages dans et en dehors de la sphère scolaire pour atteindre tous les jeunes dans toute leur diversité, quels que soient leur milieu social ou leur orientation sexuelle. Sans une volonté politique et un engagement politique adéquats, nous ne parviendrons pas à faire baisser le nombre de contaminations, en hausse de 24% chez les jeunes de 15 à 24 ans depuis 2007."
sb/ld/APMnews

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