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"Il n'y aura pas d'économies sur l'hôpital dans ce quinquennat" (Emmanuel Macron)

PARIS, 16 avril 2018 (APMnews) - Emmanuel Macron a assuré qu'il n'y aura pas d'économies sur l'hôpital durant le quinquennat et a promis des réponses pour "les services qui sont le plus sous pression" dès 2018, à l'occasion d'une interview sur Mediapart et RMC- BFMTV, dimanche soir.
Interrogé sur les critiques récurrentes sur le manque de moyens alloués aux hôpitaux et sur la baisse des tarifs de 0,5% en 2018 (cf dépêche du 16/01/2018 à 19:28 et dépêche du 26/02/2018 à 15:14), le chef de l'Etat a reconnu que "l'hôpital [était] étranglé par un système devenu comptable, qui s'appelle la tarification à l'activité". "Nous n'avons pas pu tout de suite la réformer, ce qui fait que pour 2018 les hôpitaux restent sous celle-ci", a-t-il admis.
Il a toutefois nuancé les critiques en indiquant: "nous avons augmenté le budget de la santé" même s'il "n'a pas augmenté au même rythme que certains le voulaient". "Je l'entends tout à fait", a-t-il ajouté.
"On va regarder au cas par cas. J'aurai à m'exprimer fin mai-début juin sur ce sujet et j'annoncerai des décisions précises", a-t-il déclaré en faisant référence aux premières orientations que devra remettre à ce moment la mission confiée à Jean-Marc Aubert, directeur de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), sur une réforme des modes de financement du système de santé (cf dépêche du 09/03/2018 à 14:20). Cette mission s'inscrit dans les 5 chantiers annoncés le 13 février par le premier ministre Edouard Philippe pour la transformation du système de santé (cf dépêche du 13/02/2018 à 08:49).
Emmanuel Macron a assuré que "des réponses pour les services qui sont le plus sous la pression" seront apportées dès "2018", "car c'est légitime", "ce que vivent les personnels soignants [étant] insupportable".
S'il n'a pas souhaité donner le contenu précis de ces "décisions", le président de la République a promis qu'"il n'y aura pas d'économies sur l'hôpital dans ce quinquennat". Il a souligné qu'une "vraie réponse" ne sera possible "qu'en réorganisant", en "enlevant de la bureaucratie à l'hôpital qu'on a laissé s'installer" et "en redonnant plus de responsabilités au personnel soignant".
Il a jugé aussi qu'il fallait "réinvestir sur l'hôpital", déplorant notamment des établissements "qui sont dans un état qui n'est plus acceptable." "On va réinvestir en réorganisant, en sortant de la tarification à l'activité", a-t-il affirmé.
"On doit avoir une politique qui améliore la prévention et qui rémunère davantage le parcours de soin", a-t-il poursuivi.
"Nous allons faire tout cela avec des mesures d'urgence pour les services qui sont le plus sous la pression et un investissement qui se fera", a affirmé le chef de l'Etat lors de cette interview télévisée.
S'exprimant sur les causes de la situation actuelle dans les hôpitaux, il a jugé que cela "est le fruit de plusieurs décennies de défaillances collectives".
Interviewé sur TF1, jeudi dernier (cf dépêche du 12/04/2018 à 15:17), Emmanuel Macron avait déjà promis "de plus investir" dans l'hôpital, "de réorganiser", mais également "de faire plus pour les personnels". Il avait par ailleurs déploré la situation des "urgences saturées", "l'un des problèmes les plus durs à l'hôpital"
Dimanche, il est revenu sur ce sujet évoquant "une réalité insoutenable" dans "10 à 15% des services d'urgence". Il a pointé du doigt le fait que "de plus en plus de gens se sont habitués à aller de manière non appropriée aux urgences" et de "plus en plus d'endroits" se retrouvent "sans garde".
La réponse au problème d'engorgement des urgences doit, selon lui passer par "la réorganisation de nos services, c'est-à-dire la réorganisation de nos hôpitaux" et "l'organisation entre la médecine de ville et les hôpitaux pour éviter que tout le monde aille aux urgences".
"Le rendez-vous que nous avons aujourd'hui avec l'hôpital est aussi important que celui de 1957 lorsqu'on a créé l'hôpital public actuel", a-t-il considéré.
jyp/san/APMnews

[JYP6P78T62]

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