dépêche

 - 

VIH: des différences d'effets indésirables entre les inhibiteurs d'intégrase

Mots-clés :
WASHINGTON, 30 avril 2018 (APMnews) - Les trois antirétroviraux de la classe des inhibiteurs d'intégrase présentent des différences en termes d'effets indésirables, montre une étude canadienne publiée dans AIDS.
De plus, dans cette étude, l'elvitégravir (non disponible en monothérapie) boosté par le cobicistat (au sein de Genvoya* et Stribild*, Gilead) a été associé à un taux d'effets indésirables plus élevé que les deux autres. Mais les auteurs reconnaissent que si, globalement, leurs résultats sont cohérents à ceux d'autres études sur ce sujet, le risque d'effets indésirables de l'elvitégravir se trouve dans la partie haute de la fourchette de risque des autres études alors que les risques des deux autres agents se trouvent dans la partie basse des autres études.
Ils ont étudié 1.344 patients qui ont reçu un ou plusieurs traitements antirétroviraux incluant un anti-intégrase, pour un total de 1.464 traitements différents: 551 avec le raltégravir (Isentress*, Merck-Sharp & Dohme), 394 avec l'elvitégravir et 519 avec le dolutégravir (Tivicay*, Viiv Healthcare).
Les proportions de patients ayant présenté des effets indésirables étaient 4,4% avec le raltégravir, 9,6% avec l'elvitégravir et 5,2% avec le dolutégravir.
L'elvitégravir associé au cobicistat a induit significativement plus d'effets indésirables digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) et généraux (fatigue, malaise, manque d'énergie).
Le dolutégravir semblait associé à un peu plus d'effets touchant le système nerveux central, surtout par rapport au raltégravir (l'elvitégravir se situant entre les deux), mais cela n'était pas statistiquement significatif.
Durant la deuxième année de traitement, globalement, il n'y avait pratiquement plus d'effets indésirables, hormis pour les effets digestifs de l'elvitégravir.
Chez les patients qui ont eu successivement deux inhibiteurs d'intégrase (souvent un switch du raltégravir vers l'un des deux autres pour simplification du traitement), il n'y avait pas de relation entre la tolérance au premier médicament et celle au deuxième médicament, notent les chercheurs.
"Pris globalement, avec les résultats d'autres études, cette étude affirme que tous les inhibiteurs d'intégrase sont généralement bien tolérés, bien que les profils d'effets secondaires diffèrent entre les médicaments", concluent-ils. "Un personne qui présente un effet indésirable avec un inhibiteur d'intégrase pourrait tolérer un autre médicament de cette classe".
Mais "l'inverse est vrai" également: "passer d'un inhibiteur d'intégrase à un autre peut conduire à de nouveaux effets indésirables".
Dans leur cohorte, environ un tiers des patients qui ont présenté un effet indésirable étaient passés d'un autre traitement à un inhibiteur d'intégrase pour "simplifier ou moderniser" leur traitement antirétroviral. La majorité d'entre eux sont revenus à leur traitement précédent. Ces résultats "servent de rappel que les changements des traitement dans un but de modernisation ou de simplification peuvent ne pas nécessairement améliorer la qualité de vie", commentent-ils.
(AIDS, vol.32, p903-912)
fb/eh/APMnews

[FB1P7UPWX]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi