dépêche

 - 

Première mondiale française: le remplacement de trachée par un organe artificiel

PARIS, 22 mai 2018 (APMnews) - L'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé dimanche, à l'occasion de la présentation des résultats lors d'une congrès, le succès pour la première fois chez une série de patients de remplacements de trachée par un organe artificiel dérivé d'un greffon aortique allogénique.
Ce travail a été conduit par l'équipe du Pr Emmanuel Martinod à l'hôpital Avicenne à Bobigny. Il a été présenté au congrès international de l’American Thoracic Society à San Diego et simultanément publié en ligne par le Journal of the American Medical Association (JAMA).
Les patients opérés "souffraient de lésions, en majorité cancéreuses, très évoluées et complexes de l’arbre respiratoire", indique l'AP-HP dans un communiqué.
Après ablation de la trachée, la reconstruction des voies respiratoires était réalisée à partir d’une allogreffe aortique cryopréservée. Un stent sur mesure était inséré dans le greffon, afin d'éviter le risque de collapsus du greffon.
Des travaux préalables chez l'animal ont montré qu'après implantation de ce morceau d'aorte, il y avait regénération de l'épithélium et génération de novo de cartilage, permettant plus tard d'enlever le stent (en moyenne 18 mois après).
Bien qu'il s'agisse d'une allogreffe non ABO ni HLA-identique, aucune immunosuppression n’a été nécessaire, comme pour les allogreffes aortiques cryopréservées en chirurgie vasculaire.
Vingt patients (treize hommes et sept femmes âgés de 24 à 79 ans) ont été inclus dans cette série. Pour sept d’entre eux, il a finalement été décidé durant l’intervention, pour différentes raisons (contre-indication médicale, possibilité de ne faire qu'une lobectomie...), de suivre le traitement conventionnel sans implantation de l’organe artificiel, indique l'AP-HP.
Un patient est décédé.
L’intervention a permis d’éviter l’ablation complète du poumon pour ceux qui souffraient de lésions bronchiques évoluées.
Après un suivi médian de près de 4 ans (7 ans pour le plus ancien), 10 patients sont toujours vivants (soit 77% des 13 greffés), dont 8 "respirent normalement après l'enlèvement du stent", indiquent les chirurgiens français dans le JAMA.
"Ces résultats représentent une avancée majeure dans le domaine de la greffe d’organes artificiels. D’autres travaux permettront de mieux comprendre les mécanismes impliqués et de proposer ce type de traitement à de plus en plus de malades", indique l'AP-HP dans le communiqué.
"Ces interventions ont pu être réalisées à l’issue de dix années de recherche dans le laboratoire de recherches bio-chirurgicales (Université Paris-Descartes/Fondation Alain Carpentier) et grâce à la collaboration de plusieurs services des Hôpitaux universitaires Paris Seine Saint-Denis, de l'AP-HP ainsi que des équipes françaises", ajoute-t-elle.
En avril, c'est une reconstruction de trachée complète autologue chez un enfant, mais à partir d'un lambeau du muscle grand dorsal du patient lui-même, qui avait été publiée par des chirurgiens français, rappelle-t-on (cf dépêche du 10/04/2018 à 18:00).
(JAMA, publication en ligne du 20 mai)
fb/eh/APMnews

[FB1P91M2M]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi