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Zika: complications neurologiques plus fréquentes chez les patients ayant des antécédents de démence ou de maladie cérébrovasculaire

WASHINGTON, 29 mai 2018 (APMnews) - Le risque de complications neurologiques à la suite d'une infection par le virus Zika est augmenté chez les personnes présentant des antécédents de démence ou de maladie cérébrovasculaire, suggère une étude américaine publiée dans Plos Neglected Tropical Diseases.
Alors qu'à la fin de 2016, plus d'un demi-million de personnes avaient été infectées par le virus Zika, une meilleure compréhension des facteurs de risque associés aux cas graves pourrait favoriser une prise en charge adaptée de ces patients, soulignent Patricia Schirmer du US Department of Veteran Affairs à Washington et ses collègues.
Ils ont ainsi eu pour objectif de caractériser les facteurs de risque d'hospitalisation et de complications neurologiques survenant à la suite d'une infection par le virus Zika dans une population de vétérans américains.
Ils ont pour cela recueilli les données de vétérans ayant consulté de fin 2015 à fin 2016 dans des centres médicaux de l'administration de santé des vétérans.
Sur cette période, 736 patients (sur 1.538 testés), âgés en moyenne de 59 ans, ont été concernés par une infection par le virus Zika, confirmée en laboratoire par RT-PCR ou par le dosage des IgM anti-Zika. Parmi eux, 474 (soit 65%) se sont présentés aux urgences, 94 (13%) ont été hospitalisés et 19 (3%) sont morts des suites de l'infection.
Le risque d'hospitalisation était significativement augmenté, de 20%, en la présence de comorbidités, mesurées par le score de Charlson et ajustées sur l'âge. Les conditions associées à un risque augmenté d'hospitalisation étaient une maladie des tissus conjonctifs sous-jacents, une insuffisance cardiaque congestive, une démence ou encore des manifestations neurologiques, avec un risque respectivement multiplié par 30, 6, 3,6 et 4. Des problèmes sanguins (leucocytose et thrombocytopénie), une lésion rénale aiguë et la prise de glucocorticoïdes dans les 30 jours suivant la réalisation du dosage sanguin ont également été significativement associés à un risque augmenté d'hospitalisation.
A l'inverse, les patients présentant des éruptions cutanées étaient moins sujets aux hospitalisations, avec un risque diminué de 71%.
La survenue de complications neurologiques, observée chez 46 patients, a été associée à la présence d'antécédents de maladie cérébrovasculaire (risque multiplié par 4) et de démence (risque multiplié par 2,8). Le fait d'être hospitalisé augmentait également ce risque, qui était alors multiplié par 6.
"Les médecins exerçant dans les régions de transmission du virus Zika doivent prendre conscience du fait que l'infection par le virus chez les personnes âgées et chez celles présentant des comorbidités [...] peut induire une forme plus grave de la maladie", concluent les chercheurs.
(Plos Neglected Tropical Diseases, publication en ligne du 24 mai)
sb/ab/APMnews

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