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VIH: davantage de dysfonction érectile avec lopinavir-ritonavir

WASHINGTON, 7 juin 2018 (APMnews) - Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) infectés par le VIH rencontrent plus souvent des troubles de la fonction érectile, en particulier lorsqu’ils sont traités par lopinavir-ritonavir, montre une étude publiée dans AIDS.
L’étude de cohorte prospective menée par Maartje Dijkstra du Service de santé publique d’Amsterdam et ses collègues visait à évaluer les associations entre l’infection par le VIH et les troubles sexuels parmi les HSH. Elle a inclus 399 HSH infectés par le VIH, principalement sous traitement, et 366 HSH séronégatifs; tous étaient âgés d’au moins 45 ans.
Jusqu'alors, seul l’impact des classes d’antirétroviraux avait été analysé, plutôt que chaque agent antirétroviral individuellement. Les chercheurs ont donc étudié, dans un second temps, les effets de certains antirétroviraux individuels sur les fonctions sexuelles.
Les auteurs notent que les participants infectés par le VIH étaient légèrement plus âgés, plus susceptibles d’être fumeurs, dépressifs, fragiles et d’avoir plus de comorbidités non transmissibles associées à l'âge.
Chez les HSH infectés par le VIH, les chercheurs ont observé des augmentations de risque de diminution de la fonction érectile (13% des patients vs 3,4% chez les séronégatifs), de diminution de leur satisfaction sexuelle (17,8% vs 11,8%) et une diminution du désir (7% vs 3,6%). Mais seule la diminution de la fonction érectile était statistiquement significative, comparée aux séronégatifs.
Ils ont par ailleurs constaté que parmi les HSH séropositifs, l’exposition au lopinavir-ritonavir (Kaletra*, Abbvie) étaient significativement associées à une diminution de la fonction érectile. Ceux qui étaient sous Kaletra* au moment de l'étude avaient un risque multiplié par 5,4 de dysfonction érectile.
De plus, il y avait un effet cumulé: chaque année supplémentaire de traitement par cet antirétroviral augmentait le risque de 20%.
Les chercheurs ont constaté que l'association à la diminution de la fonction érectile disparaissait lorsque le ritonavir était utilisé avec d'autres antiprotéases que le lopinavir, et quelle que soit la dose. Ils suggèrent que l’association observée uniquement avec l’exposition aux deux produits ensemble pointe la responsabilité du lopinavir dans cet effet indésirable.
Ils estiment par ailleurs que la prévalence plus élevée des baisses de satisfaction et de désir sexuels chez les patients VIH+ s'explique principalement par une prévalence plus élevée de la dépression et, dans une moindre mesure, par une prévalence plus élevée de la fragilité.
Les auteurs soulignent qu’une des limites de leur étude réside dans le fait de ne pas avoir évalué la prévalence de l’hypogonadisme parmi les participants. Ils rappellent qu’en effet une haute prévalence de l’hypogonadisme a été rapportée parmi les individus infectés par le VIH sous antirétroviraux, ce qui pourrait expliquer une partie des dysfonctions sexuelles.
Ils suggèrent que l’évaluation de la fonction sexuelle devrait être incluse dans le suivi clinique standard et que des interventions ciblées visant des facteurs de risques spécifiques de la diminution de fonction sexuelle pourraient contribuer à des comportements préventifs plus efficaces. D'autant que plusieurs études ont montré qu’il y avait plus de rapports sexuels non protégés chez les hommes souffrant de dysfonction érectile.
(AIDS, vol. 32, n°9, p1137-1146)
cab/fb/nc/APMnews

[CAB9P9WHNC]

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