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La France parmi l'un des pays susceptibles d’éliminer l’hépatite C d’ici 2030

TORONTO, 19 juin 2018 (APMnews) - Seuls 12 pays dans le monde, dont la France, sont susceptibles d’éliminer l’hépatite C d’ici 2030, selon les nouvelles données épidémiologiques internationales présentées lors du sommet mondial sur les hépatites, en fin de semaine dernière à Toronto au Canada.
Contrairement à l’Allemagne et au Qatar, la France a conservé sa place au sein de la liste des pays qui sont en mesure d'atteindre les objectifs d'élimination de l'hépatite C fixés en 2016 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aux côtés de nouveaux pays comme le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et la Mongolie. L'Australie, l'Egypte, la Géorgie, l'Islande, le Japon et les Pays-Bas figurent toujours parmi ce top 12.
Ces données, présentées par le Dr Homie Razavi, directeur de l’observatoire américain Polaris du Centre for Disease Analysis Foundation, ont été établies à partir de données nationales, de rapports gouvernementaux et de ventes de l’industrie pharmaceutique pour plus de 100 pays.
Ladite liste est mise à jour annuellement selon plusieurs paramètres, comme le nombre de patients infectés et traités dont le seuil a été fixé à 7%, la mise en oeuvre de programmes de réduction des risques, les restrictions de traitement, a rappelé le spécialiste dans un communiqué publié samedi par le comité organisateur du congrès.
A l’échelle mondiale, le nombre total de patients traités est passé de 1,8 million à 2,1 millions entre 2016 et 2017. La plus grande partie de cette croissance s’est produite dans les pays à revenu intermédiaire, alors que dans les pays à revenu élevé, le nombre de patients traités a diminué.
En France, le nombre de patients traités est passé de 16.000 à 19.300 entre 2016 et 2017, ce qui représente une augmentation de 21%, selon l'observatoire.
Par ailleurs, à l’occasion de la journée annuelle de lutte contre les hépatites, mardi de la semaine dernière, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) avait publié une étude montrant une hausse de l’activité de dépistage en France entre 2010 et 2016 (cf dépêche du 15/05/2018 à 01:00), rappelle-t-on.
Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, avait également annoncé à cette occasion l’ouverture à tous les médecins de la prescription des antiviraux à action directe (cf dépêche du 16/05/2018 à 19:25). L’intégration de populations marginales dans des parcours de soins impliquant notamment des traitements de substitution aux opiacés a également contribué à la baisse de la prévalence de la maladie (cf dépêche du 18/06/2018 à 15:57).

Augmenter le dépistage et le diagnostic

Dans le communiqué sur le sommet mondial sur les hépatites, le Dr Razavi a souligné que "le dépistage et le diagnostic de nouveaux patients sont le facteur clef" car "les campagnes nationales de dépistage sont le seul moyen d’identifier toutes les personnes infectées par le VHC".
Il a par ailleurs expliqué que les pays à revenu élevé concentrent actuellement leurs efforts de dépistage sur les populations à haut risque, comprenant notamment les consommateurs de drogues injectables dans les centres de substitution aux opiacés, les centres d’échange de seringue et les prisons.
Or, "ces groupes à haut risque représentent moins de 20% de toutes les infections" et par conséquent, "cette stratégie se limitera d’elle-même".
Le Dr Razavi a indiqué travailler avec différents pays pour mettre au point un programme de dépistage de masse "rentable", avec un projet de démonstration prévu en Afrique; le Brésil ou l'Egypte par exemple ont prouvé qu'un dépistage national était "faisable".
cab/ld/ab/APMnews

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