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Hausse de la mortalité cardiovasculaire chez des patients VIH+ insuffisants cardiaques sous antiprotéase

WASHINGTON, 13 août 2018 (APMnews) - Le risque de mortalité cardiovasculaire de patients VIH+ insuffisants cardiaques prenant un inhibiteur de protéase dans le cadre de leur traitement antirétroviral a été significativement augmenté par rapport à ceux ne prenant pas d'antiprotéase, selon une étude rétrospective publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).
Alors que l'insuffisance cardiaque incidente est augmentée chez les patients VIH+ et que les inhibiteurs de protéase sont associés à des effets cardiaques et vasculaires indésirables, il n'existe pas de données sur la prise de ces traitements par les patients VIH+ insuffisants cardiaques, soulignent Raza Alvi de la Harvard Medical School à Boston et ses collègues.
Dans cette étude rétrospective, ils ont eu pour objectif de comparer la mortalité cardiovasculaire et le taux de réhospitalisation à 30 jours pour insuffisance cardiaque chez des patients VIH+ hospitalisés pour insuffisance cardiaque, selon qu'ils prenaient ou non des inhibiteurs de protéase.
Ils ont pour cela travaillé à partir des données de 394 patients séropositifs hospitalisés en 2011 pour insuffisance cardiaque au Bronx-Lebanon Hospital de New York. Parmi eux, 145 (37%) prenaient un antiprotéase (boosté au ritonavir pour 100% d'entre eux) dans le cadre de leur traitement antirétroviral et 249 (63%) n'en prenaient pas.
Les patients sous inhibiteurs de protéase souffraient davantage d'hyperlipidémie, de diabète de type 2 et de maladie coronaire. Ils présentaient également une pression artérielle pulmonaire systolique plus élevée et une fraction d'éjection du ventricule gauche plus faible.
Sur les deux ans de suivi, il y a eu un total de 93 décès d'origine cardiovasculaire.
La prise d'un inhibiteur de protéase a été associée à une augmentation statistiquement significative de la mortalité cardiovasculaire: 35% des patients traités par antiprotéase étaient concernés, contre 17% de ceux n'en prenant pas. Le taux de réhospitalisation à 30 jours pour insuffisance cardiaque était également significativement plus élevé chez les patients sous antiprotéase (68%) que chez ceux prenant d'autres antirétroviraux (34%).
En analyse multivariée, la prise d'antiprotéase a été associée à un risque augmenté de 80% de mortalité cardiovasculaire chez ces patients.
Les chercheurs soulignent que des études prospectives complémentaires sont nécessaires afin de confirmer ou d'infirmer ces observations.
(JACC, vol. 72, n°5, p518-530)
sb/ab/APMnews

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