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L'utilisation de PrEP pendant la grossesse semble sans risque pour la mère et l'enfant

WASHINGTON, 3 septembre 2018 (APMnews) - L'utilisation de la PrEP tout au long de la grossesse semble sans risque pour les femmes enceintes et leurs nourrissons et garde son efficacité de prévention contre le risque de contamination par le VIH, selon une étude publiée par AIDS.
Les recommandations mondiales préconisent l'utilisation de la PrEP chez les femmes à risque de contamination par le VIH, y compris pendant la grossesse, une période où ce risque est accru (cf dépêche du 05/03/2018 à 14:21). "Les données soutenant la sécurité de l'utilisation de la PrEP durant la grossesse sont limitées, en particulier parmi les femmes qui utilisent la PrEP tout au long de leur grossesse", rappellent Renee Heffron de l'université de Washington à Seattle et ses collègues.
"De précédentes études avaient établi une absence de tératogénicité avec l'utilisation du ténofovir pendant la grossesse mais certaines études ont suggéré que l'exposition in utero au ténofovir pourrait conduire à un retard de croissance osseuse chez le nourrisson", ajoutent-ils.
Dans une étude menée en ouvert au Kenya et en Ouganda qui évaluait la PrEP chez des couples sérodiscordants à haut risque de contamination, les chercheurs ont proposé aux femmes tombées enceintes alors qu'elles utilisaient la PrEP de continuer à utiliser ce traitement préventif tout au long de leur grossesse. Ces dernières ont reçu la PrEP pendant une durée médiane de 6 mois précédant l'accouchement.
Ils ont comparé les résultats concernant la grossesse et la croissance infantile à 1 an de 30 femmes ayant choisi de continuer à utiliser la PrEP tout au long de leur grossesse, à ceux de 96 femmes non exposées à ce traitement. Les données de ces dernières étaient issues du groupe placebo d'un précédent essai randomisé ayant évalué l'efficacité de la PrEP dans les mêmes conditions.
Ils ont constaté de petites diminutions non significatives de la fréquence de fausses couches (16,7% dans le groupe PrEP vs 23,5% dans le groupe non exposé à la PrEP), et de la fréquence des accouchements prématurés (0% vs 7,7%, respectivement). Aucune séroconversion n’a été observée parmi les femmes de la cohorte exposées à la PrEP pendant leur grossesse, alors que 6 femmes ne prenant pas de PrEP sont devenues séropositives. Aucun bébé n’était infecté par le VIH à la naissance.
"Aucune anomalie congénitale n'est survenue parmi les enfants ayant été exposés à la PrEP in utero", observent les chercheurs. Par rapport à ceux qui n'y avaient pas été exposés, les enfants dont la mère utilisait la PrEP durant sa grossesse ont présenté des z-scores moyens de taille et de périmètre crânien légèrement plus faibles un mois après leur naissance. Mais un an après la naissance, ces mesures étaient comparables à celles obtenues chez les enfants non exposés à la PrEP in utero.
"Toutes les femmes n'étaient pas totalement observantes quant au schéma posologique quotidien", commentent les chercheurs. Ils estiment que "davantage de données sont nécessaires pour déterminer les concentrations thérapeutiques de ténofovir durant la grossesse, puisque l’hémodilution pourrait impacter la biodisponibilité de ce médicament".
Selon eux, la priorité "immédiate" est de formuler des messages à l'intention des femmes enceintes qui utilisent la PrEP durant leur grossesse, qui décrivent le risque élevé de contamination par le VIH et présentent des informations quant à l'observance du traitement. "Comme la distribution de la PrEP s’étend de plus en plus largement dans ces régions, les enfants exposés à ce traitement durant l’organogenèse, leur développement foetal et au début de la petite enfance peuvent continuer à être surveillés et à fournir davantage de données sur l'innocuité de ce traitement".
"Pour les femmes à risque important de contamination par le VIH, nos données confirment les recommandations de l’OMS quant à l’utilisation de la PrEP pendant la grossesse", concluent-ils.
(AIDS, vol. 32, n°12, p1707-1713)
cab/fb/nc/APMnews

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