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BPCO: un programme comportemental efficace pour plus d'activité physique... chez les patients volontaires

LONDRES, 4 septembre 2018 (APMnews) - Un programme d'interventions comportementales et d'entraînement s'est montré efficace pour augmenter l'activité physique chez des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais uniquement ceux qui se sont montrés volontaires et observants, montre un essai clinique espagnol.
L'inactivité chez les patients atteints de BPCO est associée à un mauvais pronostic et avoir une vie plus active est un objectif majeur de la prise en charge. Mais induire et maintenir des changements de comportement reste un défi de taille, rappellent Ane Arbillaga-Etxarri de l'Instituto de Salud Global à Barcelone et ses collègues dans l'European Respiratory Journal (ERJ).
Les interventions proposées reposent principalement sur les facteurs individuels des patients sans tenir compte des déterminants interpersonnels et environnementaux. Dans cette étude multicentrique, les chercheurs ont voulu tester une approche plus adaptée.
Ils ont inclus 407 patients avec une BPCO stable, vivant dans cinq villes différentes, et les ont randomisés entre la prise en charge habituelle (brochure sur l'activité physique, avec des recommandations) et le programme d'entraînement pour un an.
Celui-ci consistait en une consultation initiale d'au moins une heure avec un kinésithérapeute respiratoire formé aux entretiens motivationnels pour apporter des réponses aux résistances des patients et déclencher un changement de comportement. Le kinésithérapeute appelait ensuite au cours du suivi au moins quatre fois, pendant 5-10 minutes, pour maintenir la motivation du patient, selon ce qu'il déclarait. Le patient pouvait aussi le joindre pour poser des questions.
Les patients ont également reçu des documents, avec plusieurs parcours de marche proposés en fonction des capacités physiques et des préférences de chacun: différentes intensités, variété des éléments urbains (escaliers, montées, surfaces variables...) et de l'environnement (parc, routes, plages...). Il était recommandé de marcher au moins une fois par jour et ce, au moins cinq jours par semaine.
Un podomètre a été fourni aux patients ainsi qu'un calendrier personnalisé. Des messages SMS ont également été envoyés sur leur téléphone portable toutes les deux semaines. Enfin, une fois par mois, les patients pouvaient être accompagnés dans ses parcours par un professionnel de l'activité physique.
Au bout d'un an, 69% des patients ont achevé l'étude et constitué la population en intention de traiter. Parmi eux, 83% n'ont pas déclaré de manque de volonté ou un manque d'observance, constituant la population per protocole.
Dans ce groupe de patients considérés comme observants, ceux qui ont suivi le programme d'interventions comportementales et d'entraînement ont enregistré 957 pas supplémentaires par jour par rapport au groupe contrôle, après ajustement des facteurs potentiels de confusion.
En revanche, dans l'analyse en intention de traiter, la différence entre les deux groupes est de 24 pas, non significative.
Ces résultats suggèrent qu'un programme d'interventions comportementales et d'entraînement physique, avec de la marche non supervisée, est efficace pour augmenter l'activité physique des patients atteints de BPCO qui y adhèrent mais n'est pas efficient lorsqu'on tient compte de ceux qui ne sont pas volontaires et non observants, concluent les chercheurs.
(ERJ, édition en ligne du 30 août)
ld/ab/APMnews

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