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Une réforme du système de santé sans faire bouger "l'ADN", "l'universalité" (Agnès Buzyn)

PARIS, 10 septembre 2018 (APMnews) - La réforme du système de santé sera ambitieuse et visera à "faire mieux" sans "faire bouger" les valeurs fondamentales telles que l'universalité, a promis la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, dimanche sur France 3.
"C'est une réforme du système de santé dans sa globalité, y compris des étudiants en santé. Ce sont des réformes ambitieuses qui visent à faire mieux. Et qui visent surtout à faire en sorte que notre système de solidarité -auquel nous sommes très attachés, nos valeurs fondamentales- évolue sans faire bouger ce qui est l'ADN aujourd'hui de notre système de solidarité, c'est-à-dire l'universalité", a-t-elle déclaré plus précisément lors de l'émission "Dimanche en politique" sur France 3, à quelques jours de la présentation de la réforme du système de santé annoncée pour mardi 18 septembre.
"Le ciment de notre système de santé sera préservé. Nous ne touchons pas aux valeurs fondamentales telles que l'accès aux soins pour tous, l'égalité, l'universalité", a expliqué Agnès Buzyn au quotidien Sud Ouest, qui a publié samedi un entretien réalisé avec la ministre à l'occasion de son déplacement en Gironde vendredi.
"Nous proposons de réformer les études de médecine. Nous nous posons la question de maintenir en l'état un concours d'entrée. La réforme vise aussi à mieux former les professionnels de santé en général, et pas que les médecins, les infirmières aussi, et à les faire travailler ensemble", a-t-elle indiqué sur France 3.
Des réflexions de l'exécutif sur une suppression du numerus clausus des études de médecine dans sa forme actuelle ont été révélées la semaine dernière, rappelle-t-on (cf dépêche du 05/09/2018 à 18:07).
Agnès Buzyn a refusé de répondre à la question de savoir s'il s'agirait d'un assouplissement ou d'une suppression. "Vous le verrez quand il y aura des annonces. Ce qui compte aujourd'hui, c'est que les professionnels de demain soient capables de répondre aux besoins et que l'on arrête le mal-être des étudiants en santé. Il y a un très grand mal-être chez les étudiants en médecine et infirmiers. Il faut éviter ce gâchis", a-t-elle commenté.
Dans son interview accordée à Sud Ouest, elle a affirmé que "cette suppression n'[était] pas encore en arbitrage". "Nous travaillons dessus avec Frédérique Vidal, [ministre de l'enseignement supérieur]. C'est une option en effet, mais il y en a d'autres", a-t-elle nuancé.
La formation des médecins mais aussi des paramédicaux, des pharmaciens et des sages-femmes feront l'objet de "modifications" dans le cadre de cette réforme, a ajouté la ministre, parlant également de "passerelles".
Interrogée sur France 3 au sujet du renoncement de son mari, Yves Lévy, à postuler à sa succession à la présidence de l'Inserm (cf dépêche du 30/07/2018 à 14:56), elle a salué son "excellent travail pendant ses quatre ans" à la tête de l'institut. Elle a jugé "évident" que son ministère reprendrait la tutelle de l'Inserm (laissée à Matignon tant que son mari était à la tête de l'organisme). "Il n'est pas possible que le ministère de la santé soit complètement détaché de l'organisme qui fait de la recherche en santé", a-t-elle déclaré.
Sollicitée sur les hôpitaux psychiatriques dont celui d'Amiens (CH Philippe-Pinel), en grève depuis deux mois après ceux de Rouen et du Havre, elle a assuré qu'"il y aura[it] des moyens pour tous les hôpitaux psychiatriques" et qu'"Amiens n'est qu'un des hôpitaux psychiatriques" à soutenir. La feuille de route sur la psychiatrie fera partie de la réforme présentée mardi 18 septembre.
Par ailleurs, elle a démenti "une recrudescence" de la consommation d'alcool mais a indiqué qu'elle cherchait, par la campagne d'information en cours, à tirer "la sonnette d'alarme" au sujet des femmes enceintes, rappelant qu'un enfant par jour naît avec un handicap car sa mère a bu de l'alcool pendant sa grossesse. Des discussions sont en cours pour faire en sorte que le pictogramme d'avertissement sur les bouteilles soit plus gros.

Des assistants médicaux vont épauler les praticiens (JDD)

Au sujet des annonces à venir, le Journal du dimanche évoque une "restructuration ambitieuse -via le budget de la sécurité sociale (PLFSS) mais aussi un projet de loi dédié- censée répondre aux inquiétudes des soignants".
"Un des points phares de la réforme sera le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) [...]. Les médecins pourraient être incités à les intégrer, via un coup de pouce financier dans le cadre de la convention avec la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et à exercer en collaboration avec d'autres professionnels de santé (infirmières, kinés...) auxquels plus de tâches pourraient être déléguées", croit savoir le journal.
Est aussi évoqué "le financement par la collectivité (pour tout ou partie) de postes d'assistants médicaux en ville". "Ils se chargeraient des démarches administratives et même de menues tâches d'expertise (mesures, tension, préparation des patients)", avance le journal qui cite un chiffrage de 2 milliards d'euros fait par MG France. Le syndicat réclame le financement d'assistants de cabinets médicaux pour épauler les médecins généralistes (cf dépêche du 06/09/2018 à 16:21), rappelle-t-on.
sl/nc/APMnews

[SL8PESSPN]

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