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Diabète de type 2: nouvelle étude favorable aux inhibiteurs de la DPP-4 en deuxième ligne plutôt que les sulfonylurées

WASHINGTON, 10 septembre 2018 (APMnews) - A impact glycémique équivalent, les inhibiteurs de la DPP-4 ont un moindre risque cardiovasculaire par rapport aux sulfonylurées, selon une large étude publiée par JAMA Network.
Rohit Vashisht, de l’Observational Health Data Sciences and Informatics de New York et ses collègues ont réalisé une vaste étude multinationale grâce à un réseau de recherche ouvert et collaboratif et l’adoption d’un modèle de données commun et d’outils d’analyse open source.
Ils ont étudié rétrospectivement trois cohortes (américaine, française, sud-coréenne). Ils ont analysé ainsi les données médicales de 246.558.805 patients traités entre 1979 et 2017 par metformine et qui ont initié un traitement par sulfonylurée, inhibiteur de la DPP-4 ou thiazolidinedione (classe d’antidiabétiques qui n’est plus commercialisée en France depuis 2011, rappelle-t-on). Les patients étaient appariés par un score de propension (méthode qui prend en compte la probabilité qu'un patient reçoive les traitements étudiés).
L’efficacité de ces trois classes sur l’abaissement du taux d’hémoglobine glyquée "sous le 7" s’est montrée identique.
En ce qui concerne les critères secondaires, les trois classes de médicaments se sont également montrées comparables vis-à-vis du risque rénal, alors qu’elles se sont distinguées sur les risques cardiovasculaires et ophtalmologiques.
Ainsi, les patients sous sulfonylurées présentaient une petite hausse du risque d’infarctus du myocarde par rapport à ceux sous inhibiteurs de la DPP-4 (+12%), ainsi qu’une petite hausse du risque de complications ophtalmologiques (+15%).
Même si ce surrisque reste faible et que l’association n’était pas significative à l’échelle d’un seul site, notent les auteurs, il plaide en faveur des inhibiteurs de la DPP-4 comme traitement de deuxième ligne.
Ces données vont dans le sens des recommandations de l’American Association of Clinical Endocrinologists et de l’American College of Endocrinology in type 2 Diabetes, émises en 2017, rappellent les auteurs.
Celles-ci recommandaient le recours aux inhibiteurs de la DPP-4 en deuxième ligne après la metformine plutôt qu’aux sulfonylurées. Un choix également assumé par la Société francophone du diabète (SFD) la même année (cf dépêche du 27/09/2017 à 17:46), la société savante se démarquant des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) qui favorisent les sulfonylurées.
Cette préférence pour les inhibiteurs de la DPP-4 se retrouve déjà dans les prescriptions puisque, d’après les données de remboursements de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), la bithérapie metformine+inhibiteurs de la DPP-4 représentait déjà en 2015 53% des bithérapies, contre 32% pour l’association metformine+ sulfonylurée (cf dépêche du 28/06/2018 à 14:06).
(JAMA Diabetes and Endocrinology, édition en ligne du 24 août 2018)
arg/fb/APMnews

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